Le buffet d'orgue. (1717)     Avant-propos du Père Lucien BELLO.     Le visiteur qui pénètre dans la cathédrale par le portail Nord-Est est d'abord séduit par le climat de recueillement et de paix, propre à toutes les églises gothiques...

    Mais après quelques pas, s'il se retourne, il n'en croit pas ses yeux ! Le spectacle est saisissant ! Et cette fois, ce n'est pas la pierre qui parle à son coeur, c'est le bois, le bois chaleureux, le bois de chêne qui fleure bon la cire familière, et il se sent environné, pris, saisi.... Les personnages sont là, qui lui font signe, et pour peu qu'il léve la tête, il se sent emporté dans un tourbillon de corniches curvilignes, de tourelles, d'entablements, d'arcades, d'angelots musiciens, d'où jaillit une forêt de tuyaux d'orgues qui pointent vers le ciel... Et oui, là haut, des personnages sacrés exécutent une céleste symphonie, autour d'un Enfant-Jésus qui semble sortir tout droit d'un tableau de Van Dyck...

    Merveilleux buffet d'orgues de Saint-Omer ! Tu es l'orgueil et la fierté de la cité Audomaroise... Et c'est à jouste titre que l'on t'admire, car tu n'es pas un trompe l'oeil, tu n'es pas qu'une façade qui donnerait le change : Si tu es un visage qui nous captive, tu es aussi le coeur qui vibre, et une voix qui sait aller du murmure de la brise à la fureur des flots... D'autres experts en musique d'orgue, le diront, beaucoup mieux que je ne saurais le faire.

    Je me limiterai dans ces lignes à scruter ton visage : Je suis sûr qu'il a beaucoup de choses à nous dire. Père Lucien BELLO 


 

                        Par les Frères Thomas et Jean-Jacques Desfontaines, facteur d'orgues à Douai.
                        Les Frères Piette, maitre sculpteur à Saint-Omer construisent le buffet.
                        Pendant près de 140 ans, divers travaux d'entretien et de réparation dénaturent et transforment
                        l'instrument d'origine.

                        Par Aristide Cavaillé-Coll de Paris, le plus important des facteurs d'orgues du XIXème siècle.
                        Le 24 Juin 1855, l'orgue romantique d'Aristide Cavaillé-Coll est inauguré par M.Lefébure Wély,
                        organiste de Saint-Sulpice à Paris.

                        Par Antoine Séquiès, de Lille. Des retouches plus ou moins heureuses sont apportées à
                    l'instrument.
                       L'inauguration a lieu le 1er Mai 1927 par Henri Nibelle, organiste de Saint François de Sales à
                    Paris, et Maurice Linglin, titulaire de la Cathédrale.

                        et l'on va envisager une restauration complète, buffet et partie instrumentale.... Transactions,
                    etudes, devis, appels d'offre vont se succéder, et les travaux ne commenceront qu'en 1985, sous
                    l'impulsion de la ville et de Madame Lesage, conservateur régional des Monuments Historiques.

                        Mgr Henri Derouet, Evêque d'Arras, Boulogne et Saint-Omer, entouré des communautés
                    Chrétiennes chorales de la ville et des environs, bénit l'orgue solennellement, selon le rituel : " Eveil
                    toi, instrument sacré "
                        2000 personnes assistent à ce concert inaugural, ils ont répondu à l'invitation de Monsieur
                    Jean-Jacques Delvaux, Maire de Saint-Omer et conseiller général, de la Société des Concerts de
                    l'Ecole Nationale des musiques de Saint-Omer, et de l'Agence Technique de l'Orgue,
                    (ASSECARM ).
                    Parmi eux, de nombreuses personnalités, et de nombreux organistes venus de divers coins de
                    France et même d'Europe. 


Quelques détails de l'Orgue.

3 : Anges ( aux nombres de 4 )  9 : La Charité 7 : La Foi

                                         12 : Saint Paul                     11 : Saint Pierre

                 4 : Jésus Enfant.                 1 : Le roi David.                 Flech-H.gif (9907 octets)