MONUMENTS et LIEUX EMBLÉMATIQUES d'ARDRES


Église Notre-Dame de Grâce

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L'église est consacrée à Saint-Omer, depuis sa fondation au XIe siècle, et à Notre-Dame de Grâce depuis 1921. Elle a été entièrement reconstruite au XVIe siècle grâce au mécénat de la famille Créquy-Blondel. La première pierre a été posée le 11 mai 1503 par le Grand Bâtard Antoine de Bourgogne.
L'édifice, de style gothique flamboyant, est en pierre calcaire sur plan cruciforme, la nef et le chœur flanqué à l'origine de deux chapelles. La tour carrée, à laquelle on accède par la tourelle du guetteur, s'éleva à la croisée du transept; elle est surmontée d'une flèche couverte d'ardoise.
Désaffectée durant la Révolution, l'église sert alors d'atelier de salpêtre. Elle est restaurée à la fin du au XIXe siècle dans le style néogothique : dégagement du chevet des maisons qui l'entouraient, reconstruction des chapelles latérales du chœur, réhabilitation du transept et de la nef.
A l'intérieur, on verra la statue médiévale de Notre-Dame de Grâce, une Sainte-Apolline du XVIIe siècle - statue qui fut déesse de la Raison lors des fêtes révolutionnaires - et une exceptionnelle série de vitraux du XIXe siècle (par Hirsch, Lévêque, Roussel). Et, aussi, l'épitaphe d'Antoine du Bosc de Tassencourt, qui mourut en 1653 lors de la Conjuration des Rambures, déjouée par l'héroïne locale « Belle-Roze ».


Chapelle des Carmes

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Les religieux grands carmes ont reçu l'autorisation de s'installer à Ardres en 1659, pour faire oeuvre de charité et enseigner le catéchisme. Le couvent fut construit en 1675, la chapelle en 1679. La congrégation occupa les lieux jusqu'à la Révolution.
Les bâtiments furent alors municipalisés : le couvent abrita les écoles, et la chapelle devint temple de l'Etre suprême, puis salle de réunion et marché public. Ils furent transformés en 1825, en particulier la chapelle, dont la façade fut modernisée et le volume intérieur coupé dans le sens de la hauteur : halle au rez-de-chaussée et salle de fêtes à l'étage. La mairie y fut installée de 1809 à 1962.
Les Carmes ont été récemment réhabilités, la façade de la chapelle retrouvant son aspect d'origine en 1993. La poste occupe le couvent depuis 1986. La chapelle est depuis 1994 un espace de communication pour le tourisme et la culture.


Bastion Royal

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Le Bastion royal d'Ardres, appelé aussi grand bastion ou bastion Condette, est miraculeusement conservé dans le jardin public attenant à l'hôtel de ville. Il est le dernier vestige des remparts de la ville, et un témoin essentiel des progrès techniques accomplis à la Renaissance en matière de fortification.
Six bastions ont été adossés à l'enceinte médiévale et construits entre 1535 et 1540, probablement par des architectes d'origine italienne, alors qu'Ardres était la citadelle la plus septentrionale du royaume de France.
Le Bastion royal s'élève au point le plus haut de la ville et ses fossés étaient à sec. Bâti en pierre, brique et terre, il était équipé à l'origine de deux orillons sur ses flancs et dominé à sa gorge par un cavalier en terre.
Depuis la terrasse, trois escaliers radiants mènent à deux casemates doubles en flanquement, elles-mêmes reliées par une galerie de contre mine puissamment aérée par des évents verticaux. La galerie, qui contourne les orillons principaux dissimulant les poternes, dessert des niches de tirs à trois créneaux de fusillade divergents pour battre les abords.
L'ouvrage a été régulièrement entretenu aux XVIIe et XVIIIe siècles : le parement a été revu après le tremblement de terre de 1756, et les flancs ont été alignés en 1796, comme le prouve la grande inscription révolutionnaire « L AN 4 ». Il est désaffecté depuis le milieu du XIXe siècle. L'occupant allemand en fit un abri de défense passive durant les années 1940.


Poires

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Les « Poires » sont d'exceptionnels silos souterrains qui tirent leur nom de leur forme, datent du XVIe siècle et ont servi à l'approvisionnement en blé de la place forte d'Ardres.
Le « magasin » à blé était à l'origine une construction en brique et pierre, de 20 mètres de côté, de trois niveaux dont deux souterrains. Au sol s'élevait une halle à grain ouverte, protégée par trois combles à deux pentes. Au-dessous avaient été amenagés neuf silos hémisphéro-cylindriques, mesurant 5,5 m de diamètre et 7 m de hauteur, disposés par rangées de trois, dans lesquels on déversait du blé. Au fond, à moins de 11 mètres, se trouvaient trois galeries, d'où partaient trois cheminées d'aération et dans lesquelles des trémies avaient été installées. C'est par elles qu'on récupérait le grain qui était ensuite hissé par un puits ou remonté par une pente en escalier.
La conservation du grain a dû poser problème très tôt. Le magasin fut désaffecté au début du XVIIe siècle, la halle et les Poires se sont dégradées au XVIIIe siècle, et le tout a été abandonné par l'armée vers 1820. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands avaient envisagé d'utiliser les souterrains comme lieu de stockage. Aujourd'hui persistent les trois galeries souterraines, d'où l’on peut voir l'intérieur d'un des silos.


Allée des Tilleuls

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L'allée des tilleuls est située à l'extérieur des anciens remparts, vers l’est, et date de 1766. Elle résulte d'un plan d'aménagement visant à désenclaver la ville : réouverture de la porte du Haut, donnant vers Saint-Omer et Licques, qui avait été murée au lendemain du siège de 1596; accès au nouveau cimetière, raccordement au chemin royal qui allait de Saint-Omer à Calais et qui venait d'être modernisé. Elle s'inscrit dans la tradition française des alignements d'arbres bordant les routes, apparue à la Renaissance, mise à mal dans les années 1960-1970 et depuis peu revenue à la mode.
L'allée est constituée de quatre rangées de tilleuls qui s'élèvent à une trentaine de mètres, en formant une voûte végétale. Sur les deux cents arbres d'origine, une cinquantaine ont été renouvelés au fil des ans. Tout à côté, la départementale 943 était bordée d'un bel alignement d'ormes plantés en 1817. Ils sont morts de graphiose à la fin des années 1970 et ont été remplacés par des platanes en 1980.

Aux environs se trouvent le moulin Dezombre et la Chapelle Saint Quentin.
Le moulin, route des Flandres, était une tour à calotte tournante, construite en moëllons de craie au XVIII° siècle ; il a été démoli en 1943 et il n’en reste que la tour sur toute sa hauteur et la croisée des ailes, à terre.
La chapelle Saint Quentin est dédiée aux enfants : c’est une chapelle à loques, d’origine médiévale, reconstruite en pierre de pays et dans un style néogothique en 1820.


Lac d'Ardres

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Sous l'appellation traditionnelle de « lac d'Ardres », se trouvent regroupés les plus importants des marais d'Opale: Grand lac, Vivier, Palentin... Ils s'étalent sur soixante quatre hectares de part et d'autre d'une allée orientée au nord, qui va d'Ardres à Bois-en-Ardres.
Le lac est situé en plaine maritime, au bord de l'Artois, dans une zone de prairies humides, drainées par les wateringues. En grande partie artificiel, il résulte de l'extraction de la tourbe de surface, un combustible connu depuis longtemps. L'exploitation prit un essor considérable au lendemain de la Révolution, à la suite du partage des terres communales. Elle cessa à la fin du XIXe siècle, parce que le gisement s'épuisait et que la tourbe ne pouvait résister à la concurrence du charbon, dont le rendement énergétique est bien supérieur et que le chemin de fer apportait à la gare de Pont-d'Ardres depuis 1849.
Le lac d'Ardres est depuis toujours un lieu de pêche et de chasse, notamment à la hutte. C'est aussi un site touristique, depuis l'abandon des tourbières. Enfin, la Maison du lac et de la Nature présente l'histoire, la faune et la flore de la région, et donne accès à un jardin de plantes médicinales, rue des Rainettes.


Église Saint-Joseph

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Bois-en-Ardres a été érigée en paroisse en 1865 alors que la gare toute proche de Pont-d'Ardres venait d'ouvrir et que l'usine Dewailly-Say - une des plus importantes de France en 1900 - commençait à fabriquer du sucre à partir de la betterave. L'église succédait à une chapelle que desservait un vicaire depuis 1766. Sur plan cruciforme avec faux transept et clocher-porche, elle a été construite entre 1864 et 1874 en pierre calcaire et en brique de sable, et en style néogothique. Elle possède encore son décor « cathédrale » d'origine: mobilier par Colesson de Wormhout, vitraux des ateliers picards Lévêque et Latteux-Bazin.

Au hameau du Pont d’Ardres, on peut voir le pont sans pareil et l’église Sainte Thérèse.
Le pont à quatre branches, construit à la croisée des canaux d’Ardres et de Calais entre 1960 et 1970, remplace un célèbre ouvrage du XVIII° siècle.
L’église, de style Art Déco, date de 1938.