LES JOURNEES DU PATRIMOINE 1999 :
A LA DECOUVERTE DE LA HEM


Pour sa 14° édition le 19 septembre 1999,  cette journée fut consacrée à la Hem et à ses communes riveraines. La Hem est un cours d'eau de 30 km de long. Elle prend sa source en Artois à Escoeuilles, à 107 m d altitude. Elle se perd en plaine maritime à Audruicq à hauteur de l'écluse d'Hennuin, située sur le canal de Calais à Saint-Omer. Elle est grossie rive gauche à Clerques par la rivière de Sanghen et rive droite à Audrehem par le Loquin. La Hem draine un bassin versant d'une centaine de kilomètres carrés réparti entre une vingtaine de communes.


La Hem :  fleuve ou rivière ?


C'est un fleuve, si l'on se souvient que la Hem se jetait autrefois dans la mer à Oye Plage. Mais c'est une rivière, si l'on tient compte de sa disparition dans le réseau de wateringues de la plaine maritime. Quant à l'étymologie du mot « Hem », elle n'est pas précisément connue. Elle était appelée autrefois « Vonna » c'est à dire « cours d'eau » en celtique ou « Riviera Flumen » « cours d'eau » encore, mais en latin. Elle a pu porter des noms différents suivant son cours : rivière de Tournehem et d'Ausques, ou riviérette à Polincove et à Audruicq, elle se nomme alors Meulestrom (« courant des moulins ») près de l'écluse d'Hennuin.


Géologie et économie de la vallée de la Hem.


La vallée de la Hem mérite aussi qu'on s'y intéresse. En effet géologiquement, c'est une « boutonnière » creusée dans l'Artois, un anticlinal de 200 m d'altitude, où l'on peut lire l'histoire sédimentaire de la région : terrains secondaires crayeux et érodés presque jusqu'au socle primaire à Audrehem, salles tertiaires à Zouafques et Nordausques, alluvions quaternaires à Polincove et Audruicq. Sur les flancs de la haute vallée, elle se confond progressivement avec le paysage des wateringues : : terres plates et sans arbres, drainées par les watergangs et largement cultivées.
C'est d'ailleurs sur l'agriculture que repose l'économie de la vallée de la Hem : bétail et volaille, ou encore céréales et betteraves et même la vigne au moyen age. Les moulins ont eux amorcé l'industrialisation du pays. D'une trentaine en 1900, on ne compte plus maintenant que les moulinages du Plouy (Nordausques) et la minoterie de Recques. Autant de témoignages du passé que l'ACHA a proposé à ses adhérents et à un public toujours plus nombreux de découvrir, ou redécouvrir ce 19 septembre 1999.


affiche 1999
Affiche édition 1999 : La Vallée de la Hem.


Une longue et riche histoire.


La vallée de la Hem est connue de l'homme depuis les temps les plus reculés. Pour preuve : les ateliers néolithiques débitant le silex, trouvés à flanc de coteaux à Clerques, Escoeuilles, Tournehem et les poteries gauloises de Bonningues et de Recques.
A l'époque romaine, la région fait partie de la Morinie : elle est traversée par la voie romaine qui mène de Cassel à Boulogne, ce qui est attesté sur la table de Peutinger. Cet archéologue a pu retrouver des tessons de poterie à Clerques, Sanghen, Tournehem, mais s'est surtout intéressé à la villa à portiques de Zouafques : fouillée lors des travaux de construction du TGV, cette villa daterait des IV ème et V ème siècles et témoignerait de la présence de militaires souables, originaires de Germanie. La période mérovingienne est représentée par le cimetière de Tournehem (600-625), et l'on sait qu'à l'époque carolingienne l'abbaye de Saint-Bertin était propriétaire de deux moulins à Audrehem (vers 850).

Au Moyen-âge, la vallée de la Hem relève du comté de Guînes : elle est flamande, puis artésienne. « La chronique de Guînes et Ardres » relate d'ailleurs la vie de nombreuses seigneuries et de deux châtellenies de Licques et Tournehem. L'influence bourguignonne est prédominante de 1384 à 1529. A cette date, par le Traité de Cambrai, les paroisses situées au nord ouest reviennent définitivement à la France (province de Picardie), tandis que celles situées au sud-est sont administrées par les Espagnols (province d'Artois). Le retour de ces dernières se fait en 1678.

Si la vallée de la Hem prospère sous l'ancien Régime, la Revolution est vécue sans trop de heurt et entraîne la réorganisation du royaume. Naissent les arrondissements de Boulogne (puis de Calais) et de Saint-Omer. Les communes sont partagées entre les cantons d'Ardres, de Guînes, de Lumbres et de Desvres. Le XIXème siècle est celui de la prospérité, via l'agriculture et le chemin de fer : I'habitat se densifie et les mairies et les écoles prennent de l'importance.

Aujourd'hui la vallée de la Hem est un exemple de rurbanisation : disparition des exploitations agricoles, facilité de communication, création de lotissements. Elle est aussi partie prenante de l'Espace naturel régional.

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