Dernière mise à jour le 22 février 2005

QU'EST-CE QUE L'ENTREPRENEURIAT ?

La définition de l'entrepreneuriat de l'Office Québécois de la langue française : ici

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Autre texte (extrait de l'ouvrage publié aux éditions EMS)

Ci-dessous, extrait du rapport CNRS sur le chercheur créateur (Verstraete T. (dir), La création d'entreprise par les chercheurs de la fonction publique : exploration des dimensions appelées par la loi sur l'innovation n 99-587 du 12 juillet 1999, janvier 2003) et de l'ouvrage de Thierry Verstraete aux éditions de l'ADREG.

© Au départ de la conception présentée, une thèse dans laquelle l’entrepreneuriat est vu comme un phénomène[1] pouvant s’exprimer par la formule suivante[2] :

 

Figure 1. Modélisation du phénomène entrepreneurial

 

On s’accorde à reconnaître trois niveaux d’étude du phénomène entrepreneurial : l’entrepreneur, ses actions et le contexte au sein duquel il entreprend, et pour comprendre ce phénomène, il est possible de considérer, relativement à ces niveaux, trois dimensions[3] : cognitive (C), c’est à dire les connaissances de l’entrepreneur et tout ce qui a contribué à lui apporter ces connaissances (y compris son parcours biographique) ;  praxéologique (P), c’est-à-dire les actions fondamentales entreprises et singularisant le phénomène ; structurale (S), qui correspond à la structure du contexte environnant l’entrepreneur agissant. Ces dimensions et leurs interactions (d’où les  « x ») s’expriment d’une façon singulière dans le cadre de la relation liant l’entrepreneur (E) et l’organisation (O) qu’il crée. Ces niveaux étant indissociables, leurs interactions constituent également des niveaux d’analyse de la recherche en entrepreneuriat. Pour prendre un exemple liant le niveau cognitif et le niveau structural, outre les thèses culturalistes, le recours à des théories comme celle des conventions ou encore celle des représentations sociales peuvent constituer des prismes pertinents d'analyse lorsqu’elles sont articulées aux théories de l'identité pour comprendre le processus de socialisation entrepreneuriale.

  Ainsi, l’apport des recherches sur le phénomène s’appuie : sur la compréhension des connaissances de l’entrepreneur afférentes à sa capacité d’entreprendre (C) ; la singularités des actions appelées par l’acte (P) ; la structure des contextes au sein duquel le phénomène émerge (S) ; l’entrepreneur (E) en tant qu’individu, notamment son histoire de vie et autres aspects généraux (dispositions, intentions, affectivité, émotions…) permettant de mieux le connaître ; l’organisation impulsée (O). Autrement dit, un programme de recherche en entrepreneuriat vise à apporter des connaissances sur chacune des dimensions (C, P, S), sur leurs interactions, et la relation à laquelle elle s’appliquent, à savoir l’entrepreneur et l’organisation créée (E et O).

  A noter que cette création s’effectue sur une base plus ou moins tangible (création ex-nihilo, certaines reprises d’entreprise et, dans certains cas : revitalisation d’une entreprise existante, « intrapreneuriat », etc.). L’entrepreneuriat ne se réduit pas à la création d’entreprise et l’organisation impulsée revêt des formes diverses. De plus, une firme peut n’être qu’un jalon dans l’organisation impulsée et une entité naissant du phénomène ne prend pas forcément la forme d’une firme.

Chacune des dimensions avancées peut être détaillée. Ainsi, dans la dimension cognitive, on peut distinguer :

- la réflexivité (au sens de Giddens) de l’entrepreneur : la réflexivité correspond à la capacité de l’individu d’interpréter l’action dans son cours, à sa capacité de comprendre ce qu’il fait pendant qu’il le fait, à apprendre dans l’action.  

- L’apprentissage : il résulte de l’expérience passée[4] et en cours, des connaissances, des prédispositions, et subit l'influence des passions, des émotions, des motivations, mais aussi des facultés d’apprentissage intrinsèques de l’individu. Il ne faudrait pas oublier ces dernières, mais, de plus, les capacités d’apprentissage des individus ne sont pas identiques selon les situations. Par rapport à l’entrepreneuriat, nombre d’exemples montrent qu’outre les prédispositions par exemple, certains individus appréhendent plus aisément le phénomène impulsé, ce qui les conduit à mieux le piloter, que d’autres.

- La vision stratégique : elle se veut distanciée de l’action en ce sens qu’elle est davantage une réflexion globale sur l’organisation qu’une réflexion centrée sur et dans l’action. De travaux antérieurs, on peut relever six pôles cruciaux devant composer cette vision, qui sont présentés dans la section 3 de ce chapitre.

  A cette présentation très résumée, on peut poursuivre en livrant les fondements des deux autres dimensions. Ainsi, s’agissant de la dimension praxéologique, elle comporte deux aspects phares : les positionnements de l’entrepreneur et de l’organisation vis-à-vis de multiples parties prenantes et concurrentes, ainsi que la configuration à mettre en place sur la base des ressources réunies pour, à la fois, produire ce qui sera proposé à l’échange et déployer les politiques permettant de satisfaire durablement les parties prenantes.

La dimension structurale renvoie aux éléments objectifs et subjectifs environnant le phénomène. Il s’agit du contexte au sein duquel celui-ci émerge. Il est composé des acteurs (parties prenantes et concurrentes) autres que l’entrepreneur (ou les entrepreneurs s’associant pour l’occasion), des institutions, des conventions, de la culture, des ressources potentielles, etc. Ce niveau correspond au contexte au sein duquel l'organisation va émerger et avec lequel l'entrepreneur doit composer pour s’efforcer de rendre l'environnement conforme à la représentation qu'il s'en fait.

 

En savoir plus : ici (extrait de l'ouvrage paru chez EMS) ou là (ouvrage dédié à la singularité de l'entrepreneuriat comme domaine de recherche), ou encore à cet endroit (rapport CNRS sur le chercheur créateur)



[1] L’entrepreneuriat peut également être modélisé comme un processus, la composante temporelle intégrant alors la formalisation.

[2] Ce chapitre reprend quelques propos d’un essai récent portant sur la singularité de l’entrepreneuriat comme domaine de recherche (Verstraete, 2002), pour la réalisation duquel l’aide du CNRS à travers ce contrat APN, notamment par l’investissement qu’il a permis en matière de recherche bibliographique, a été précieuse.

L’objet de ce chapitre consiste aussi à approcher une modélisation sans en livrer les détails en renvoyant à la thèse mentionnée et à ses suites (Verstraete, 1997, 1999, 2001, 2002).

[3] Il serait tautologique de modéliser l’entrepreneuriat sur la base de l’entrepreneur, ses actions et le contexte au sein duquel cet entrepreneur agit car, pour tout phénomène social, on peut identifier le ou les acteurs, leurs actions et le contexte au sein duquel le phénomène est observé. A cette facilité il convient de substituer un modèle pour singulariser et spécifier les types de relations unissant les dimensions particulières du phénomène. Ce n’est qu’à cette condition qu’un apport scientifique peut être pointé. C’est pourquoi, dès notre thèse, bien que parlant de l’entrepreneur, de ses actions et du contexte, nous avons insisté sur les dimensions ici rapidement présentées. On se tournera aussi vers Fayolle, qui, plutôt que de parler de contexte, insiste sur un l’intéressant terme de « situation », ce que fait aussi Pailot dans ce dossier. Ce niveau est à ranger dans ce que nous qualifions de « structural », terme permettant de relever notre sensibilité à la fois aux perspectives interactionnsites et neo-institutionnalistes (du moins, certains de leurs courants).

[4] Les approches biographiques apportent, entre autres, sur ce point

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English version

 

© The entrepreneurial phenomenon can be modelled as follows :

 

 

EPh = entrepreneurial phenomenon; C = cognitive dimension; P = praxeological dimension;
S = structural dimension; E = entrepreneur(s); O = organization[1].

With EPh = f ([ C x P x S) Ì (E x O) ], researches could work on this model to fit within a federative program. The contribution of scientific work to this phenomenon would focus on the understanding of the entrepreneur knowledge regarding his ability to start up ventures  (C) ; the singularity of the actions called by the act ( P ); the structure of the contexts within which the phenomenon appears ( S ); the entrepreneur ( E ) as an individual, notably his life history and other general aspects (such as his abilities, intentions, affectivity and feelings) allowing to know him better; and eventually, the impulsed organization (O).

In other words, a research program in entrepreneurship aims at bringing knowledge on each of the dimensions (C, P, S), on their interactions, and on the relationships they apply to, namely those between the entrepreneur and the created organization (E and O)[2].

 

The levels of analysis proposed earlier are just some of the orientations that may constitute a research project for the domain[3]. The paths addressed below are part of this, and require empirical investigation that has not, as yet, been addressed by the French-speaking research community. The related methodological questions will not be examined here due to lack of space, but most of the objects fit into the epistemological and methodological position of the authors, and would benefit from being examined from different standpoints, even if, as pointed out by Bouchikhi (1993), a constructivist posture appears to facilitate the study of entrepreneurship viewed as a process of complex interactions between the entrepreneur and the environment, not forgetting criteria such as luck and performance.

 

The cognitive level refers to the entrepreneur, and includes research aimed at providing information on entrepreneurs as people for educational and practical purposes. We still have a lot to learn about their paths, relations networks, profiles, behaviour, motivation and the learning they need in order to develop and master the entrepreneurial phenomenon. The thinking skill or reflexivity of entrepreneurs, in the sense given to the term by Giddens, is certainly one of the research objects that has not received sufficient attention in the past from researchers. The current theme of “improvisation” could be a way of understanding how reflexivity is expressed in today’s hyper-competitive environments (Benavent, Verstraete, 2000). Because it involves emotion, it is not an easy subject, but it is likely to contribute greatly to our understanding of entrepreneurs and their organizations, and how the organizations are managed (Pailot, 1995, 1999, 2000a,). To some extent, the theme evokes managerial roots. There is also the theme of vision, which is essential in understanding the link between thought and action, and the concept of decision-making agenda as proposed by Gartner in the United States and Vidaillet (1996, 1997) in France, based on the work of Mintzberg and Stewart[4]. Research at the cognitive level could also be based on the categories proposed by Cossette (2000). Following on from work on organizational cognition (especially Scheider, Angelmar, 1993; and Meindl, Stubbart and Porac, 1994), Cossette draws a distinction between cognitive processes, products, styles and processes.

The structural level concerns the context within which the phenomenon is expressed. The more common term of “environment” is unsuitable if it is taken to mean whatever is exterior to the organization. The environment is in some respects the stage (cf. Weick’s model) and the organizational structure is built into the broader structure around it (see Friedberg, 1993; see also Granovetter, 1985, whose notion of embedding could also be used, especially if the entrepreneur is regarded as a creator of networks). The changing nature of the context makes the notion of definitive knowledge unrealistic. The context or environment should be regarded as an organizational system into which the organization is built[5]. The infrastructure required to promote and support entrepreneurial behaviour is one of the themes still to be developed in entrepreneurship, and is currently receiving a great deal of attention from researchers, especially in terms of the role played by public institutions (cf. subsidies, incubation, level of protectionism, technology transfer, training and so on) and the private sector (finance, consulting, training, etc.) in providing various forms of assistance and resources. The information resource appears to be particularly crucial (Julien, 2000).

 

Clearly, contexts are not the same throughout the world, and elements are needed to understand how the entrepreneurial phenomenon is expressed in “regions” such as Africa, Asia and countries whose economies are in transition (e.g. privatization policies). The so-called “individualist entrepreneurship” model, where the primary values are personal success and wealth creation, would be difficult to express in such contexts. It is not a question of ignoring economic globalization, but of resisting the temptation of a single, established model that would serve only to further disadvantage developing economies.

To know more : here



[1] An entrepreneurship model, regarded as "a process" would need the addition of the "time" variable and the progression of the concrete variables involved in  this process

[2] Note that, it would be tautological to model entrepreneurship on the basis of the entrepreneur, his actions and the context within which he acts. Because, for every social phenomenon, we can identify the actor(s), his (or their) actions and the context within which the phenomenon is observed. To get round this straightforward bias, it would be better to substitute another model to indicate and specify the types of relationships linking  the distinctive dimensions of the phenomenon. On this sole condition, a scientific contribution can be emphasized. That is why, as early as our doctoral thesis work, we stressed these particular aspects, although we dealt with the entrepreneur, his actions and the context. 

[3] In the Anglo-Saxon literature, the text by Low and MacMillan (1988) is perhaps the most frequently cited in this respect.

[4] See also Gamot, Vidaillet (1998) for the integration of speech and thought.

[5] See Chapter 6 of Verstraete, 1999 for forther details.

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Qu'est-ce que l'entrepreneuriat ? (c) (extrait résumé de l'introduction de Thierry Verstraete dans l'ouvrage "Histoire d'Entreprendre - les réalités de l'entrepreneuriat", aux éditions EMS ; pour détail  voir l'ouvrage)

© On ne peut déroger à la question, très souvent posée : qu'est-ce que l'entrepreneuriat ? La réponse ne peut être immédiate. L'entrepreneuriat est un phénomène hétérogène dont les manifestations sont multiples. Souvent, il est étroitement associé à la création d'entreprise, voire de façon résolument synonymique. Ce rapprochement n'est pas surprenant en soi puisque cette dernière constitue sans doute l'archétype du phénomène. Néanmoins, il convient d'avoir une acception plus large de l'entrepreneuriat, tout en ayant paradoxalement à l'esprit que toute création d'entreprise n'a pas forcément la couleur de l'acte entrepreneurial "pur". Si la plupart des chercheurs en semblent désormais convaincus, le lecteur pourrait légitimement attendre une définition de ce qu'est l'entrepreneuriat qui lui servirait à classifier les phénomènes comme entrepreneuriaux ou non. Autant cette attente est compréhensible, autant elle paraît vaine. L'entrepreneuriat est un phénomène trop complexe pour être réduit à une simple définition, son intelligibilité nécessitant une modélisation. Cette complexité exclut la possibilité d'une délimitation stricte et univoque de ses frontières sémantiques. Ce constat lapidaire, faisant l’objet d’un large consensus au sein de la communauté académique, peut heurter les demandes sociales (légitimes) d'une définition précise de l'entrepreneuriat. Ne serait-ce que pour limiter l’usage du mot, qui se répand parfois de façon surprenante. Face à ce flou sémantique, le premier réflexe est d'aller en chercher une définition dans le dictionnaire. Malheureusement, celui-ci reste muet. 

Notre brève démarche de clarification (pour détails cliquer sur ce lien) s’inscrira donc dans une autre perspective. Sans chercher à offrir une réponse pleinement satisfaisante aux académiciens, nous allons proposer une acception à la fois suffisamment large pour pouvoir y inscrire les utilisations raisonnables du terme, et suffisamment précise pour tenter de lever les principales ambiguïtés qui entourent l'entrepreneuriat. En première lecture, nous pouvons noter que le terme contient le mot entrepreneur. Sans verser dans l’étymologie, il est logiquement admis que la démarche entrepreneuriale est impulsée par cet individu. L'entrepreneuriat est un phénomène combinant un individu et une organisation. L'un se définit par rapport à l'autre et vice versa.

Une relation symbiotique entre un entrepreneur et une organisation

Le terme "organisation" est polysémique, c'est-à-dire qu'il possède plusieurs sens. L'organisation intègre une dimension dynamique : c'est l'action d'organiser et de structurer les éléments qui nous entourent (et dont nous faisons partie).

L'organisation, c'est aussi le résultat de cette action. Ainsi une firme est une entité organisée, elle est une "forme" organisationnelle résultant d'un "processus" d'organisation. Dès lors, à quel sens du terme faisons-nous réfé­rence ici ? A l'action ou à l'entité ?

En fait aux deux. La compréhension du phénomène entrepreneurial passe sans doute par l'acceptation de cette ambivalence.

Dans son essence, l’entrepreneuriat apparaît inséparable de la création d’une dynamique : l'entrepreneur agit, structure et engage son environnement à des fins socio-économiques. Son action induit du changement et conduit à une modification partielle d'un ordre existant. L'entrepreneur construit son ordre. Celui-ci ne lui est profitable (pas seulement économiquement) que si l'ordre socio-économique dans lequel il s'insère y trouve également un intérêt et en tire de la valeur.

S'agissant de l'entité, les actions à l'initiative de l'entrepreneur structurent les éléments de telle façon qu'une entité va naître, voire renaître dans certains cas, de l'action d'organiser. Cela peut être une firme, ou une autre forme organisationnelle. En effet, on semble désormais s'accorder pour reconnaître que, d'une part, toute firme ne naît pas d'un phénomène entrepreneurial (ex : changement de forme juridique) et que, d'autre part, le phénomène entrepreneurial peut donner lieu à la création d'entités aux formes juridiques (sociétés commerciales, associations, etc.) et organisationnelles (réseaux et autres formes réticulaires) diverses. Ces formes sont ainsi plus ou moins tangibles, notamment lorsque non régies par un cadre juridique permettant de les identifier. De plus, l'organisation impulsée par l'entrepreneur s'imbriquant avec l'organisation socio-économique existante, la notion de frontière perd de sa pertinence.

Cette entité devient la base structurelle du déploiement du phénomène et n'en est qu'une composante. Une firme par exemple peut n'être qu'un maillon dans l'organisation. L’impulsion de l'organisation peut éventuellement don­ner lieu à la création de plusieurs entités. En fait, il ne faut pas confondre création d’une firme et création d’une organisation, même si les logiques de l’une peuvent se retrouver dans l’autre.

La relation entre l'entrepreneur et l'organisation est de type symbiotique. A terme, l'un ou l'autre peut devenir un commensal (il vit sur son hôte en dé­tournant une partie des ressources de ce dernier mais sans lui causer trop de préjudices), pire, peut devenir un parasite (il infecte son hôte et peut causer sa mort)… Il devient dès lors difficile de continuer à parler d'entrepreneuriat... Pour cette raison, on ne peut pas réduire l'entrepreneuriat à l'entrepre­neur, car l'organisation créée peut échapper au contrôle de son initiateur et avoir une "existence" indépendante. Néanmoins, toute étude de cet acteur central améliore la connaissance du phénomène. De même, l'étude de l'orga­nisation socio-économique apporte de la connaissance sur les conditions d'émergence du phénomène puisque celui-ci naît en son sein. Cette perspec­tive ouvre l'étude de l'entrepreneuriat à nombre de disciplines scientifiques (économie, sociologie, gestion, histoire, psychologie, etc.). D'ailleurs, il est un objet d'étude plus ou moins directement travaillé par des chercheurs de diverses origines investissant le champ souvent en privilégiant, bien légiti­mement, un angle d'étude en rapport avec les préoccupations de leur disci­pline. L'idée que les différents angles de vue apportent de la connaissance conduit à des approches interdisciplinaires ou transdisciplinaires et offre des perspectives de débats pluridisciplinaires. Evidemment, cela rend sans doute encore plus illusoire l'idée d’un consensus sur une définition, un mo­dèle ou une théorie de l'entrepreneuriat. En 1995, Bull et Willard en fai­saient le constat, lequel reste valable. Cette situation ne constitue pourtant pas une exception. Quel que soit l’objet d’étude, quelle que soit la discipline, et dès lors qu'on ne cède pas à l'emprise dogmatique, l'hétérogénéité para­digmatique constitue la base de la fertilisation croisée.

L'hypothétique consensus envisageable réside dans cette dialectique indi­vidu-organisation, voire dans la relation symbiotique qui les lie et qui per­dure plus ou moins. En ce sens, tout dirigeant n'est pas un entrepreneur. Dès lors qu'il n'impulse plus d’organisations, il en perd le statut. La relation symbiotique peut se renouer :

- pour l'entrepreneur, avec l'impulsion d'une autre organisation. Un indi­vidu peut, au cours de sa vie, alterner des phases où il est entrepreneur à d’autres où il ne l’est plus. Cette activité peut se déployer dans un ou plu­sieurs champs sociaux (business, sport, politique, …), de manière simultanée ou pas. Dans certains cas, la logique entrepreneuriale se pro­longe, se maintient tout au long d’une carrière ;

- pour l'organisation, la relation symbiotique peut se renouer avec un au­tre entrepreneur prenant le relais du premier.

Mais pour chacun de ces deux cas, ce n'est pas le phénomène initial qui perdure, c'est un nouveau qui naît. Le phénomène entrepreneurial n'apparaît pas forcément ex-nihilo, c'est-à-dire à partir de rien ; il se manifeste de différentes façons.

Ainsi, la création d'entreprise fournit sans doute des exemples d'une manifestation spectaculaire de la création d'entreprise. Mais ne relève pas toujours pourtant de l'entrepreneuriat (voir plus haut). La reprise d'entreprise, notamment par les personnes physiques, constitue une possible manifestation du phénomène entrepreneurial, mais pas toujours. L'intrapreneuriat, qui consiste à développer une activité nouvelle au sein de l'organisation, activité confiée à un salarié pouvant revêtir pour l'occasion le statut d'entrepreneur (il convient de distinguer les trois termes : entrepreneur - dirigeant - propriétaire ; ils peuvent se combiner, mais pas forcément) peut refléter l'entrepreneuriat. etc. Les manifestation de l'entrepreneuriat sont multiples. 

Les activités de recherche de l'ADREG consistent précisément à contribuer à apporter de la connaissance sur ces manifestations.

Pour un essai de clarification du domaine de l'entrepreneuriat, cliquer ici

(extrait résumé de l'introduction de Thierry Verstraete dans l'ouvrage "Histoire d'Entreprendre - les réalités de l'entrepreneuriat", aux éditions EMS ; pour détail  voir l'ouvrage)

 

 

 
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