Ouvrages

Thierry Verstraete, Essai sur la singularité de l'entrepreneuriat comme domaine de recherche, Les Editions de l'ADREG, janvier 200, ISBN 2-9518007-0-3

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Thierry Verstraete (dir), Histoire d'entreprendre - les réalité de Entrepreneuriat Editions Management et société, 2000, ISBN 2-912647-50-9

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Thierry Verstraete, Entrepreneuriat - Connaître l'entrepreneur, comprendre ses actes, L'Harmattan, collection économie et innovation, 1999, ISBN 2-7384-8110-8

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Thierry Verstraete, Entrepreneuriat - Connaître l'entrepreneur, comprendre ses actes, L'Harmattan, collection économie et innovation, 1999, ISBN 2-7384-8110-8

Le 4e de couverture

(c) L'entrepreneuriat serait-il à la mode ? L'Etat, l'Ecole, les banques, les associations, les collectivités territoriales ne jurent que par l'esprit d'initiative. Est-ce un présage pour le prochain millénaire ? Difficile de répondre simplement, d'autant que l'entrepreneuriat est un phénomène aux multiples formes d'expression et trop complexe pour être réduit à une simple définition. L'auteur nous propose alors une analyse du phénomène entrepreneurial fondé sur un large éventail de connaissances et de méthodes (en gestion, en économie, en sociologie, en psychologie, ...). Thierry Verstraete étudie l'acte d'entreprendre selon ses trois dimensions : la pensée, l'action, la structure. il s'interroge sur les facteurs clés de succès ou d'échec de la jeune entreprise. L'entrepreneur pense et agit pour surmonter les contraintes et casser les routines de son environnement social.

Cet ouvrage s'adresse à tous ceux qui cherchent des remèdes contre l'immobilisme économique : étudiants en économie et gestion, enseignants, chercheurs, décideurs ou encore managers de projets.

La préface de Bertrand SAPORTA, Professeur à l'Université Bordeaux IV Montesquieu

(c) "Entrepreneuriat" : d'aucuns pourront trouver lapidaire le titre de l'ouvrage que Thierry VERSTRAETE nous propose sur un sujet désormais très porteur (y compris pour des auteurs plus habitués à être lus par des cadres de multinationales, comme le montre la dernière publication de Tom PETERS consacrée au "Cercle vertueux" de l'Innovation…). Mais, outre que le choix d'un substantif sans article nous rappelle à bon escient qu'il s'agit d'un domaine qui est encore loin d'être balisé, le contenu du travail présenté témoigne par contraste de la richesse et du foisonnement d'une intelligence dont nous avons pu apprécier, au cours de ces dernières années de travail en commun, l'extrême fertilité.

 Le propos central de Thierry VERSTRAETE est d'approfondir la connaissance d'un phénomène réputé complexe, qu'il appelle phénomène entrepreneurial, et qu'il entend cerner par un recours à la théorie des organisations et à des modélisations très personnelles d'inspiration constructiviste. Si les créations d'entreprises d'insertion sociale - tout à fait digne d'intérêt du seul fait que leur grand nombre représente une contribution significative de la préservation de l'emploi - semblent peu concernées par cet effort de réflexion, il n'en est pas de même pour les réalisations de type plus entrepreneurial, où la conversion de l'idée initiale du créateur en une véritable entreprise, parfois à croissance rapide (les trop rares "gazelles"), résulte d'une alchimie complexe et d'enchaînements dont les mécanismes sont loin d'aller de soi. C'est ici, sans doute, que les vieilles recettes du Conseil en Création - du type adéquation créateur-projet et vice versa - bien que toujours utiles, montrent leurs limites, et laissent une place à des conceptualisations plus ambitieuses, dont le travail doctoral de Christian BRUYAT avait posé les jalons en 1993.

Il est hors de propos, dans le cadre d'une simple préface, de résumer un ouvrage où abondent les pistes d'interprétation et les grilles de lecture. On sera tenté de retenir, comme fil conducteur, la thèse principale de l'auteur, qui propose une division du phénomène à étudier en trois composantes essentielles, et qui interagissent puissamment tout au long du processus de création. Ces trois dimensions, cognitive, praxéologique et structurale, nous font prendre connaissance des enjeux majeurs que représentent la vision qu'a le créateur de la structure qu'il projette dans l'avenir, les actions qu'il doit engager pour positionner cette structure dans l'espace social qui l'entoure, les efforts qu'il doit déployer pour la faire admettre par l'ensemble des parties prenantes qui ont intérêt à son émergence (le recours aux théories des conventions et des représentations sociales étant ici un apport notable de l'auteur). Ces thèmes sont développés le plus souvent de manière directe, notamment dans le domaine cognitif, où Thierry VERSTRAETE détient un savoir-faire empirique important (accompagnement d'un créateur avec l'outil des cartes cognitives). Mais ils nourrissent aussi le traitement de questions plus classiques, dont l'intérêt est alors renouvelé : l'identité de l'entrepreneur, le cycle de vie de l'entreprise nouvellement créée, et, bien entendu, l'interrogation cruciale sur les facteurs de succès ou d'échec en création d'entreprise. Le chapitre conclusif du manuel, très ambitieux, constitue en quelque sorte un retour en boucle sur les propos initiaux (le phénomène entrepreneurial y était considéré d'entrée comme d'essence organisationnelle).

En conclusion, nous incitons le maximum de lecteurs - qu'ils soient étudiants, enseignants ou professionnels de la création - à investir dans la lecture d'un travail qui témoigne du potentiel de la recherche française dans un domaine où l'initiative a été longtemps à dominante anglo-saxonne. Nous espérons que Thierry VERSTRAETE ne s'en tiendra pas là et qu'au cours de sa carrière, tout en œuvrant pour notre discipline comme il le fait au sein de l'Académie de l'Entrepreneuriat, il continuera à nous faire bénéficier de ses prédispositions à l'enseignement et à la recherche. C'est, très amicalement, tout le mal que nous lui souhaitons.

Bertrand Saporta

Professeur de Sciences de Gestion

à l'Université Montesquieu-Bordeaux IV

Co-responsable du DESS "Création d'entreprise

et Gestion des Projets Innovants"

Introduction de l'ouvrage

(c) Selon les auteurs, et les disciplines, l’entrepreneuriat renvoie à des logiques parfois fort différentes et il serait illusoire de croire en un possible consensus sur une définition, une théorie ou un modèle de l'entrepreneuriat[1]. Alors qu'on pourrait relever dans ce constat des motifs de découragement, cela constitue paradoxalement un formidable stimulant car reflet d'un domaine d'étude où les approches s'enrichissent les unes les autres afin d'apporter de la connaissance sur un phénomène complexe. Au final, cette complexité oblige à un certain éclectisme ; une seule discipline ne saurait couvrir toutes les facettes du phénomène entrepreneurial. C'est sans doute cette idée qui conduit Bygrave et Hofer a lancer l'appel suivant : "Au début des années 1980, l’entrepreneuriat était, au mieux, un champ de recherche potentiellement prometteur. A la fin de cette même décennie, principalement en raison de l’impressionnante avancée en matière de recherches empiriques, l’entrepreneuriat pouvait prétendre à être un champ de recherche légitime à tout égard excepté un : son manque d’une fondation théorique substantielle. Le défi majeur s’imposant aux chercheurs en entrepreneuriat des années 1990 est de développer des modèles et théories construits sur des bases solides issues des sciences sociales"[2]. Cet appel résonne depuis quelques années maintenant dans notre travail et le présent ouvrage s'inscrit dans cette veine. La question générique nous guidant est celle posée il y a quelques temps par Gartner[3] : de quoi parlons-nous lorsque nous parlons d’entrepreneuriat ?

Pour répondre, une simple définition ne saurait suffire si l'on veut saisir cet objet dans toute sa complexité, aussi nous proposons un modèle visant à rendre intelligible le phénomène entrepreneurial. Cette proposition ne peut contourner deux limites. Premièrement, comme les initiatives de nature entrepreneuriale sont d'une grande diversité et subissent des contingences singulières, le modèle est forcément général. Deuxièmement, sa construction s'est appuyée sur une base large issue des sciences sociales, aussi il est difficile d'éviter un certain réductionnisme s'agissant des emprunts (de notions, de concepts, de théories) opérés aux diverses disciplines mobilisées. Si ce réductionnisme est inéluctable dans toute approche interdisciplinaire, nous avons veillé à ne pas sombrer dans les facilités, biais et transferts imprudents.

Le premier chapitre positionne d'emblée l'entrepreneuriat comme un champ d'étude scientifique et présente le modèle construit, lequel est composé de trois dimensions : la dimension cognitive (disons la pensée, mais nous verrons que cette dimension est plus large), la dimension praxéologique (l'action) et la dimension structurale (la structure). Ces trois dimensions sont le fruit d'une dialectique combinant un individu (l'entrepreneur) et une organisation. L'entrepreneuriat est ainsi vu comme un phénomène complexe et comme un type particulier d'organisation impulsé par un entrepreneur qui agit pour tenter de concrétiser, au sein de la structure dans laquelle il baigne, la vision qu'il se fait de cette organisation. L'entrepreneur s'efforce de la rendre conforme à la représentation qu’il s’en fait. Le lecteur ayant de bonnes connaissances de base en sciences sociales commencera par ce premier chapitre. Dans le cas contraire, il le réservera peut-être pour la fin.

De ce phénomène naissent des formes organisationnelles et, pour ce qui nous intéresse, des entités  organisées disposant d'une relative autonomie. Ces entités sont d'une grande diversité mais, indéniablement, c'est la création d'entreprise qui attire le plus l'attention. Cela n'est pas surprenant car la création d'entreprise constitue sans doute l'archétype de l'acte entrepreneurial. Elle permet bien de saisir les fondements du phénomène. De plus, elle renvoie à des enjeux de nature sociale et de nature économique essentiels, ainsi en est-il de son impact sur l'emploi ou de sa contribution au renouvellement du tissu économique. Outre la présentation de ces raisons de s'intéresser à la création d'entreprise, le deuxième chapitre souligne la difficulté de saisir les problématiques de ce moment crucial qu'est la création d'une firme, difficulté résidant principalement dans une combinaison d'aspects spécifiques à cette phase avec d'autres, susceptibles d'affecter également les firmes établies. Ainsi, l'un des principaux défis se présentant au créateur est de savoir jongler avec des registres spécifiques à la création et des registres connus par toute firme, jeune ou moins jeune. Le parcours est éprouvant, notamment lorsque le créateur entreprend pour la première fois, sa pensée (cf. dimension cognitive) n'étant pas pourvue des schèmes facilitant l'élaboration de plans d'action (cf. dimension praxéologique) pour la construction de la structure d'entreprise qu'il souhaite instaurer dans la structure sociale plus vaste l'entourant (cf. dimension structurale).

Le troisième chapitre relève quelques questions amenant à des réflexions fondamentales permettant d'avancer dans la connaissance du phénomène de création d'entreprise[4]. Le questionnement ici retenu est triple. Premièrement, puisque l'on parle de la création comme étant une phase du cycle de vie de la firme : quand la création démarre-t-elle, quand finit-elle ? Y a-t-il un moment identifiable inscrivant précisément cette situation de gestion dans telle ou telle phase du cycle de vie de la firme ? Ce moment débute-t-il lorsque l'entrepreneur pense à l'organisation qu'il souhaite impulser, ou avant, par exemple lorsqu'il n'a qu'une idée, ou après, par exemple lorsqu'il commence à agir pour concrétiser sa vision ? A défaut de pouvoir baliser précisément le phénomène, ce type de questionnement conduit à reconnaître le rôle fondamental que joue l'entrepreneur et ainsi à poser un deuxième type de questionnement : que sait-on de cet acteur majeur ? Ses dispositions pour l'entreprise sont-elles génétiquement programmées ? Possède-t-il des caractéristiques le distinguant des non-entrepreneurs (effectifs ou potentiels) ? Naît-on ou est-on entrepreneur de fait ou le devient-on par ce que l'on fait ? L'intérêt majeur des réflexions afférentes concerne dans un cas l'hypothétique repérage des personnes présentant le profil de l'entrepreneur, dans l'autre cas il s'agit davantage de promouvoir un environnement entrepreneurial (en jouant sur la structure) de sorte à favoriser la concrétisation (action) des visions (cognition) d'essence entrepreneuriale. Cette promotion ne peut évincer le corollaire que constitue l’évitement de l'échec pour les personnes se lançant dans l'aventure entrepreneuriale, donc favoriser le succès des entreprises. Encore faut-il définir ce qu'est le succès, ce qu'est l'échec. Cela constitue le troisième type de questionnement de ce chapitre. Comprendre comment interagissent pensée, action et structure oblige la relativisation d'une notion fondamentale en stratégie : celle de facteur clé de succès. En effet, les schèmes cognitifs de l'entrepreneur se construisent autour de facteurs qu'il considère comme importants pour la concrétisation de sa vision. Ce sont ces facteurs qu'il perçoit soit comme éléments clés de son succès, soit comme éléments susceptibles de freiner l'évolution de l'organisation selon ses désirs. Croire en une objectivité de ces facteurs, c'est faire fi de l'interprétation que chacun fait de la réalité. La première contingence à la notion de facteur clé de succès, c'est la représentation qu'ont les acteurs de ces facteurs, ce qui suppose, pour ce qui nous concerne, de s'inscrire dans le référentiel du créateur.

Ce référentiel est façonné par nombre de contingences, qui pourraient être regroupées en deux familles. La première est relative à l'influence de l'environnement. Deux courants d'étude (l'un en économie, l'autre en psychologie sociale) offrent un éclairage particulièrement intéressant s'agissant de l'interaction de l'individu avec les environnements auxquels il est confronté. Il s'agit de la théorie des conventions, telle qu'étudiée en économie, et de la théorie des représentations sociales des psychologues sociaux. Dans le quatrième chapitre, l'articulation de ces deux approches fournit un cadre conceptuel permettant d'appréhender la notion de socialisation entrepreneuriale et tout ce qui en découle (déploiement de l'exercice de conviction pour emporter l'adhésion des parties premantes potentielles, passage à l'acte, promotion d'un environnement entrepreneurial, diffusion de modèles entrepreneuriaux, etc.). Une fois de plus, les trois dimensions de la modélisation du phénomène entrepreneurial interagissent : la structure sociale portant les conventions et représentations sociales qui façonnent la pensée de l'entrepreneur agissant. Cela ne conduit pas pour autant à une approche holistique ; le cinquième chapitre rééquilibre les forces (individuelles et collectives) en mettant l'accent sur le pouvoir producteur des schèmes d'interprétation des individus. Indéniablement, le créateur, avec sa façon de penser, joue un rôle déterminant dans la concrétisation du phénomène et même si cette pensée subit l'influence de l'affect, de l'histoire donc de la trajectoire (c'est-à-dire les différentes positions occupées le créateur durant son existence), la construction des schèmes d'interprétation reste le fait d'individus singuliers.

 Si dans les précédents propos la dimension cognitive semble avoir pris le pas sur les deux autres dimensions (praxéologique et structurale), c'est que le rapport dialectique individu-organisation n'existe au départ que dans la "tête" de celui qui a l'idée d'impulser l'organisation. Mais le phénomène ne peut exister sans les actions constituant l'essence de sa concrétisation : la mise en place d'une structure organisationnelle s'imbriquant avec la structure économique et sociale. Selon une perspective systémique, le sixième chapitre présente le créateur comme un organisateur se positionnant dans des environnements multiples en prenant appui sur une configuration organisationnelle le relayant dans ses activités, que seul il ne saurait toutes accomplir.

 Au final, le travail combine entrepreneur (celui-ci étant ici vu comme un créateur persistant dans l'exercice de création) et organisation dans une analyse dialectique destinée à apporter une connaissance de nature fondamentale sur l'entrepreneuriat.


[1] Bull I & Willard G, "Towards a theory of entrepreneurship", in Bull, Thomas & Willard, Entrepreneurship, perspectives on theory building, Pergamon, Elsevier Science, 1995. Voir aussi comment Stewart démontre que le consensus n'est déjà pas possible ne serait-ce qu'à travers une perspective anththropologique.

Stewart A, "A prospectus on the anthropology of entrepreneurhip", Entrepreneurship Theory and Practice, 16(2), 1991

[2] Bygrave WD & Hofer CW, "Theorizing about entrepreneurship", Entrepreneurship Theory and Practice, 16(2), 1991, p.13

[3] Gartner WB, "What are we talking about when we talk about entrepreneurship ?", Journal of Business Venturing, 5 (1), 1990

[4] Précision : toute création d'entreprise ne s'inscrit pas dans une logique entrepreneuriale, et les créations d'entreprise s'y inscrivant ne sont qu'une manifestation de la dite logique. Le premier chapitre présente ces nuances en distinguant logique entrepreneuriale et logique d'insertion pour le premier point, en distinguant création d'une firme et création d'une organisation pour le second point. Dans cet ouvrage la création d'entreprise à logique résolument entrepreneuriale nous sert en quelque sorte d'étude de cas pour appréhender ce qu'est, plus largement, l'entrepreneuriat.


 Thierry Verstraete (dir), Histoire d'entreprendre - les réalité de Entrepreneuriat Editions Management et société, 2000, ISBN 2-912647-50-9

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Le 4e de couverture

(c) Qu'est-ce que l'entrepreneuriat ? La question est peut-être plus que jamais à poser puisque la demande sociale afférente résonne avec les investigations académiques menées pour comprendre ce phénomène complexe, hétérogène, multiforme et dont on voudrait encourager l'expression.

La réponse offerte par cet ouvrage s'appuie justement sur quelques-unes des manifestations de l'entrepreneuriat pour tenter de le cerner. Il s'adresse à un large public, du chercheur au praticien (entrepreneur ou tout acteur du développement économique et social). On oppose trop souvent les attentes de l'un et de l'autre, en raison notamment de la spécificité de leurs préoccupations. L'entrepreneuriat échappe à ce genre de clivage réducteur et constitue un domaine propice au rapprochement entre ces deux mondes qui souvent s'ignorent.

Les chapitres combinent des réflexions de type académique à des préoccupations d'ordre pragmatique. Les auteurs ont été invités à faire part de leur point de vue sur des thématiques liées à l'entrepreneuriat, et à inciter au débat.

Avant de revendiquer une société plus entrepreneuriale, voici l'occasion de saisir les contours du phénomène.

 

Sommaire

L'entrepreneuriat – Un phénomène aux multiples formes d'expression, Thierry Verstraete

Les dimensions socio-économiques et politiques de l'entrepreneur, Sophie Boutillier, Dimitri Uzunidis

Dynamisme entrepreneurial et croissance économique – Une comparaison France – USA, Alain Fayolle

Régions dynamiques et PME à forte croissance – Incertitude, information potentielle et réseaux à signaux faibles, Pierre-André Julien

L'entrepreneuriat face à la globalisation, Olivier Torrès

Entrepreneuriat et NTIC – la construction du Business-Model, Christophe Benavent, Thierry Verstraete

Le financement de la création d'entreprise en France – Nouvelles tendances, nouveaux acteurs, Gilles Copin, Isabel Servais

La valorisation de la recherche publique par la création d'entreprise, Stéphane Marion, Pascal Philippart, Thierry Verstraete

Etat des réflexions actuelles sur l'enseignement de l'entrepreneuriat en France, Nathalie Schieb-Bienfait

La création d'entreprise de haute technologie, Philippe Albert

La création de PMI sous-traitantes industrielles, Christian Bruyat, Michel Bouche

Externalisation et entrepreneuriat, Robert Paturel

Reprise d'entreprise par une personne physique – Une pratique de l'entrepreneuriat, Robert Paturel

Intrapreneuriat - à la recherche de complice innovant et entreprenant, Camille Carrier

Des entrepreneurs dans les franges du salariat, Christel Beaucourt, Pierre Louart

L'entreprise familiale à la lumière de l'entrepreneuriat, Bruno Amann

L'entrepreneuriat africain – mythe ou réalité, Bertrand Saporta, Lucien Kombou

Typologie d'entrepreneur – Est-ce vraiment utile ?, Louis Jacques Filion

Entrepreneuriat et territoire, Michel Marchesnay

De la difficulté de l'entrepreneur à quitter son entreprise, Philippe Pailot

Conclusion

 

Lire le chapitre introductif

(c) L'entrepreneuriat - un phénomène aux multiples formes d'expression, par Thierry Verstraete.

Cet ouvrage s'adresse à un large public. Il intéresse autant le chercheur que le praticien (entrepreneur ou tout acteur du développement économique et social). On oppose trop souvent les attentes de l'un et de l'autre, en raison notamment de la spécificité de leurs préoccupations. Mais, l'entrepreneuriat échappe à ce genre de clivage réducteur et constitue un domaine propice au rapprochement entre ces deux mondes qui souvent s’ignorent. Les chapitres de cet ouvrage le démontrent en combinant des réflexions de type académi­que à des préoccupations d'ordre pragmatique. Les auteurs ont été invités à faire part de leur point de vue sur des thématiques liées à l'entrepreneuriat, et à inciter au débat. Chacune des contributions peut être lue indépendamment des autres et dans l'ordre choisi par le lecteur. Avant d'exposer la trame ayant conduit à les retenir, peut-être faut-il préciser les contours du substantif qui sera le plus employé dans cet ouvrage, à savoir le mot "entrepreneuriat".

 

En effet, on ne peut déroger à la question, très souvent posée[1] : qu'est-ce que l'entrepreneuriat ? La réponse ne peut être immédiate. L'entrepreneuriat est un phénomène hétérogène dont les manifestations sont multiples. Sou­vent, il est étroitement associé à la création d'entreprise, voire de façon ré­solument synonymique. Ce rapprochement n'est pas surprenant en soi puis­que cette dernière constitue sans doute l'archétype du phénomène. Néan­moins, il convient d'avoir une acception plus large de l'entrepreneuriat, tout en ayant paradoxalement à l'esprit que toute création d'entreprise n'a pas forcément la couleur de l'acte entrepreneurial "pur". Si la plupart des cher­cheurs en semblent désormais convaincus, le lecteur pourrait légitimement attendre une définition de ce qu'est l'entrepreneuriat qui lui servirait à classi­fier les phénomènes comme entrepreneuriaux ou non. Autant cette attente est compréhensible, autant elle paraît vaine. L'entrepreneuriat est un phénomène trop complexe pour être réduit à une simple définition, son intelligibilité nécessitant une modélisation. Cette complexité exclut la possibilité d'une délimitation stricte et univoque de ses frontières sémantiques. Ce constat lapidaire, faisant l’objet d’un large consensus au sein de la communauté académique, peut heurter les demandes sociales (légitimes) d'une définition précise de l'entrepreneuriat. Ne serait-ce que pour limiter l’usage du mot, qui se répand parfois de façon surprenante. Face à ce flou sémantique, le premier réflexe est d'aller en chercher une définition dans le dictionnaire. Malheureu­sement, celui-ci reste muet. Notre démarche de clarification s’inscrira donc dans une autre perspective. Sans chercher à offrir une réponse pleinement satisfaisante aux académiciens[2], nous allons proposer une acception à la fois suffisamment large pour pouvoir y inscrire les utilisations raisonnables du terme, et suffisamment précise pour tenter de lever les principales ambiguï­tés qui entourent l'entrepreneuriat. En première lecture, nous pouvons noter que le terme contient le mot entrepreneur. Sans verser dans l’étymologie, il est logiquement admis que la démarche entrepreneuriale est impulsée par cet individu[3]. L'entrepreneuriat est un phénomène combinant un individu et une organisation. L'un se définit par rapport à l'autre et vice versa.

 

Une relation symbiotique entre un entrepreneur et une organisation

Le terme "organisation" est polysémique, c'est-à-dire qu'il possède plu­sieurs sens. L'organisation intègre une dimension dynamique : c'est l'action d'organiser et de structurer les éléments qui nous entourent (et dont nous faisons partie).

L'organisation, c'est aussi le résultat de cette action. Ainsi une firme est une entité organisée, elle est une "forme" organisationnelle résultant d'un "processus" d'organisation. Dès lors, à quel sens du terme faisons-nous réfé­rence ici ? A l'action ou à l'entité ?

En fait aux deux. La compréhension du phénomène entrepreneurial passe sans doute par l'acceptation de cette poly­sémie.

Dans son essence, l’entrepreneuriat apparaît inséparable de la création d’une dynamique : l'entrepreneur agit, structure et engage[4] son environne­ment à des fins socio-économiques. Son action induit du changement et conduit à une modification partielle d'un ordre existant. L'entrepreneur construit son ordre. Celui-ci ne lui est profitable (pas seulement économi­quement) que si l'ordre socio-économique[5] dans lequel il s'insère y trouve également un intérêt et en tire de la valeur.

S'agissant de l'entité, les actions à l'initiative de l'entrepreneur structurent les éléments de telle façon qu'une entité va naître, voire renaître dans certains cas[6], de l'action d'organiser. Cela peut être une firme, ou une autre forme organisationnelle. En effet, on semble désormais s'accorder pour reconnaître que, d'une part, toute firme ne naît pas d'un phénomène entrepreneurial (ex : changement de forme juridique) et que, d'autre part, le phénomène entrepre­neurial peut donner lieu à la création d'entités aux formes juridiques (socié­tés commerciales, associations, etc.) et organisationnelles (réseaux et autres formes réticulaires) diverses. Ces formes sont ainsi plus ou moins tangibles, notamment lorsque non régies par un cadre juridique permettant de les identifier[7]. De plus, l'organisation impulsée par l'entrepreneur s'imbri­quant avec l'organisation socio-économique existante, la notion de frontière perd de sa pertinence.

Cette entité devient la base structurelle du déploiement du phénomène et n'en est qu'une composante. Une firme par exemple peut n'être qu'un maillon dans l'organisation. L’impulsion[8] de l'organisation peut éventuellement don­ner lieu à la création de plusieurs entités. En fait, il ne faut pas confondre création d’une firme et création d’une organisation, même si les logiques de l’une peuvent se retrouver dans l’autre.

 

La relation entre l'entrepreneur et l'organisation est de type symbiotique. A terme, l'un ou l'autre peut devenir un commensal (il vit sur son hôte en dé­tournant une partie des ressources de ce dernier mais sans lui causer trop de préjudices), pire, peut devenir un parasite (il infecte son hôte et peut causer sa mort)… Il devient dès lors difficile de continuer à parler d'entrepreneu­riat... Pour cette raison, on ne peut pas réduire l'entrepreneuriat à l'entrepre­neur, car l'organisation créée peut échapper au contrôle de son initiateur et avoir une "existence" indépendante. Néanmoins, toute étude de cet acteur central améliore la connaissance du phénomène. De même, l'étude de l'orga­nisation socio-économique apporte de la connaissance sur les conditions d'émergence du phénomène puisque celui-ci naît en son sein. Cette perspec­tive ouvre l'étude de l'entrepreneuriat à nombre de disciplines scientifiques (économie, sociologie, gestion, histoire, psychologie, etc.). D'ailleurs, il est un objet d'étude plus ou moins directement travaillé par des chercheurs de diverses origines investissant le champ souvent en privilégiant, bien légiti­mement, un angle d'étude en rapport avec les préoccupations de leur disci­pline. L'idée que les différents angles de vue apportent de la connaissance conduit à des approches interdisciplinaires ou transdisciplinaires et offre des perspectives de débats pluridisciplinaires[9]. Evidemment, cela rend sans doute encore plus illusoire l'idée d’un consensus sur une définition, un mo­dèle ou une théorie de l'entrepreneuriat. En 1995, Bull et Willard[10] en fai­saient le constat, lequel reste valable. Cette situation ne constitue pourtant pas une exception. Quel que soit l’objet d’étude, quelle que soit la discipline, et dès lors qu'on ne cède pas à l'emprise dogmatique, l'hétérogénéité para­digmatique constitue la base de la fertilisation croisée.

L'hypothétique consensus envisageable réside dans cette dialectique indi­vidu-organisation, voire dans la relation symbiotique qui les lie et qui per­dure plus ou moins. En ce sens, tout dirigeant n'est pas un entrepreneur. Dès lors qu'il n'impulse plus d’organisations[11], il en perd le statut. La relation symbiotique peut se renouer :

Ø pour l'entrepreneur, avec l'impulsion d'une autre organisation. Un indi­vidu peut, au cours de sa vie, alterner des phases où il est entrepreneur à d’autres où il ne l’est plus. Cette activité peut se déployer dans un ou plu­sieurs champs sociaux (business, sport, politique, …), de manière simultanée ou pas. Dans certains cas, la logique entrepreneuriale[12] se pro­longe, se maintient tout au long d’une carrière[13] ;

Ø pour l'organisation, la relation symbiotique peut se renouer avec un au­tre entrepreneur prenant le relais du premier.

Mais pour chacun de ces deux cas, ce n'est pas le phénomène initial qui perdure, c'est un nouveau qui naît. Le phénomène entrepreneurial n'apparaît pas forcément ex-nihilo, c'est-à-dire à partir de rien ; il se manifeste de diffé­rentes façons. Cet ouvrage veut en donner l'illustration.

 

Les contributions du présent ouvrage pour illustrer diverses expressions du phénomène entrepreneurial

Il ne s'agit pas d'en établir une liste exhaustive mais plutôt, sur la base des chapitres, de montrer que ces manifestations sont diverses. Il ne s'agit pas non plus d'anticiper sur les propos des auteurs, mais simplement d'exposer la trame de l'ouvrage et montrer que l'entrepreneuriat est un domaine de re­cherche à multiples points d'entrée.

Pour livrer le fil conducteur du livre, complétons la section précédente en précisant que selon nous, l'entrepreneuriat est un phénomène complexe im­pulsé par un entrepreneur qui agit pour tenter de concrétiser, au sein de la structure socio-économique dans laquelle il baigne, la vision qu'il se fait de "son" organisation entrepreneuriale, sachant que la structure socio-économi­que est porteuse de registres qui, d'une part, ne sont pas neutres sur la façon dont s'est construite cette vision (socialisation, représentations sociales, conventions) et, d'autre part, se confronteront éventuellement aux registres que cherche à imposer l'entrepreneur. Dans la dialectique individu-organisa­tion, la cognition, l'action et la structure constituent les trois dimensions inte­ragissant tout au long du phénomène. Selon cette approche, la création à partir de rien n'existe pas, puisque l'entrepreneur compose toujours avec un existant (la structure dans laquelle le phénomène va apparaître). Tout au plus, cet existant n'est pas une entité au sens où nous l'avons présenté dans la précédente section et la tendance est alors de parler de ex-nihilo. Sophie Boutillier et Dimitri Uzunidis[14] construisent d'ailleurs une typologie des entre­preneurs contemporains sur la base de leur capital social, lequel est composé d'un aspect financier (patrimoine ou ressources potentiellement accessibles), d'un aspect cognitif (connaissances de l'entrepreneur) et d'un aspect relationnel (relations personnelles, familiales et professionnelles). Outre cette notion[15], la façon dont l'entrepreneur s'insère dans le monde mar­chand et l'impact des politiques publiques pour faciliter cette insertion cons­tituent un plaidoyer pour la considération de la dimension structurale du phénomène.

Cela permet aussi de comprendre que le dynamisme entrepreneurial n'est pas le même en tout lieu. Alain Fayolle[16] présente les premiers résultats d'une étude comparant la France et les USA sur le plan de l'activité entrepreneu­riale et de son éventuelle influence sur la croissance économique. Pierre-André Julien[17] se focalise sur la notion de signal pour démontrer que des régions sont plus entrepreneuriales que d'autres sur la base de la capacité des réseaux à diffuser de l'information ou des signaux permettant de partager et de diminuer l'incertitude. Ces réseaux jouent un rôle particulièrement im­portant pour favoriser les "gazelles", qui sont ces jeunes et petites entreprises présentant un potentiel de développement particulièrement élevé, surtout dans les régions ne disposant pas d'avantages concurrentiels absolus (comme par exemple la possession d'une matière première rare).

La disponibilité de l'information constitue un des facteurs de développe­ment de ce qu'on appelle la nouvelle économie, ou la net-économie. Olivier Torrès[18] présente un texte liant plus largement globalisation et entrepreneu­riat. Leur articulation prend toute sa mesure dans la mobilisation des notions d'espace et de temps. L'un et l'autre peuvent être courts ou longs ; dès lors, quatre possibilités se dessinent (espace court – temps long ; espace long – temps long, etc.) et fournissent un cadre conceptuel des transformations à l'œuvre dans le champ de l'entrepreneuriat. Lorsque l'espace est long (c'est-à-dire mondial plutôt que local) et que le temps est court (par exemple, lorsque les innovations de rupture remplacent les adaptations lentes), l'entrepreneur doit faire preuve d'un talent certain. Christophe Benavent et Thierry Verstraete, en se focalisant sur le domaine de la net-économie, parlent de capacité d'improvisation[19]. Dans un contexte de forte incertitude, où les cho­ses changent rapidement, une hypothèse peut être formulée consistant à faire reposer ce qu'on appelle le business-model sur la capacité de l'entrepreneur à savoir amender rapidement la vision qu'il a des affaires et à savoir engager l'environnement sur la base des représentations qu'il se forge de la structure dans laquelle il évolue ou souhaite évoluer. Alors qu'on pourrait croire que cette problématique pose des problèmes particuliers à des financeurs pouvant reculer devant des risques trop importants, on constate un fort développe­ment des opérations boursières dans le domaine et des tours de tables (ap­pels de capitaux) faramineux. Est-ce à dire que les conditions d'obtention de capitaux changent ?

Force est de reconnaître qu'on ne connaît pas bien, en France, le paysage actuel du financement, et pour ce qui nous intéresse ici particulièrement, celui du financement de la création d'entreprise. Gilles Copin et Isabel Servais[20] dressent en la matière un état des lieux et distinguent ce qui relève des évolutions quantitatives et de mouvements conjoncturels de ce qui relève des évolutions qualitatives et des changements structurels. L'Etat français est fortement interventionniste dans le domaine du financement, notamment dans celui du secteur de la haute technologie. Doit-il maintenir cette inter­vention ? La réponse n'est pas simple et dépasse le cadre du financement.

Si l'on s'attarde sur le souhait de voir les travaux de recherche développés dans les laboratoires publics être valorisés par la création d'entreprise, alors que le code de la fonction publique nécessitait un texte pour que le chercheur puisse entreprendre sans contrevenir à ses obligations statutaires, on constate une hésitation dans le degré d'intervention. Le texte de Stéphane Marion, Pascal Philippart et Thierry Verstraete[21] illustre la nécessité pour l'Etat fran­çais d'intervenir pour favoriser la création d'entreprise de haute technologie, mais démontre dans le même temps que les dispositions ne sont peut-être pas assez franches pour offrir un caractère suffisamment libéral inhérent à l'acte d'entreprendre. De plus, à côté des questions de financement, systématique­ment mises en avant, peut-être que les questions plus profondes tendent à être occultées, comme celle de la culture entrepreneuriale. Or, si l'on consi­dère que l'esprit d'entreprise est aussi une question de culture, alors le sys­tème éducatif peut être appelé pour, à côté d'autres facteurs de socialisation comme la famille, favoriser son expression. Nathalie Schied-Bienfait[22] pose l'état des réflexions actuelles dans l'enseignement de l'entrepreneuriat en prenant comme base de réflexion l'étude des actes du premier congrès de l'Académie de l'Entrepreneuriat, tenu en novembre 1999. On sent bien éga­lement l'importance de la dimension culturelle dans le chapitre de Philippe Albert[23]. Son texte renvoie aussi largement vers les autres chapitres. Il pré­sente les principales spécificités des nouvelles entreprises de haute technolo­gie dans le contexte européen. L'idée n'est évidemment pas de prôner pour une attention exclusive vers ce type d'entreprise. Christian Bruyat et Michel Bouche[24] ont focalisé la leur sur la création de PMI sous-traitantes industriel­les (d'ailleurs souvent partenaires des jeunes entreprises de haute technolo­gie). Alors qu'on pourrait, a priori, voir dans le titre de leur chapitre une répétition, des PMI sous-traitantes peuvent ne pas faire de sous-traitance industrielle dans la mesure où ce qu'elles vendent n'est pas forcément incor­poré aux produits des clients. Les auteurs exposent les difficultés qu'il y a, aujourd'hui, à créer ces PMI alors qu'il est capital de penser à leur renouvel­lement. Ils dénoncent le manque de connaissances pratiques de ceux qui tiennent à l'occasion des discours surprenants sur les modes opératoires à déployer pour favoriser la création de PMI sous-traitantes industrielles et qui, bien souvent, confondent ou amalgament les finalités des recherches en entrepreneuriat. Les occasionnels et dommageables raccourcis parfois faits entre les connaissances fondamentales apportées par les chercheurs et les besoins pragmatiques des praticiens conduisent à offusquer les premiers et à frustrer les seconds, voire à les couper du monde de la recherche. Ce regret pourrait aussi être illustré par le domaine de l'externalisation.

La vague d'externalisation touchant la France devrait être relayée par un entrepreneuriat équivalent, par exemple par ce qu'on appelle la PMIsation par essaimage[25]. Mais les liens entre externalisation et entrepreneuriat sont moins directs qu'il n'y paraît. Robert Paturel en précise les contours et les contenus.

Ces liens ne renvoient pas seulement à la création d'entreprise, mais aussi à la reprise d'entreprise[26]. Si toute création d'entreprise ne résulte pas de l'acte entrepreneurial pur, il en est de même pour la reprise d'entreprise et pour une forme particulière : l'intrapreneuriat. Camille Carrier y a consacré plusieurs travaux et nous propose un chapitre synthétique sur la question[27]. On y cons­tate que ce qu'on appelle intrapreneuriat ne relève pas forcément et toujours de l'entrepreneuriat, mais, comme pour la reprise d'entreprise, les champs sont appelés à se recouvrir largement.

L'intrapreneuriat renvoie au développement de la créativité, de la capacité d'initiative et d'entreprise des salariés. Christel Beaucourt et Pierre Louart[28] démontrent que la plupart des aptitudes entrepreneuriales peuvent se révéler chez les salariés, sous réserve de mobiliser des méthodes adéquates, voire plus profondément une gestion des ressources humaines de ce qu'on pourrait appeler l'entrepreneuriat salarial. On peut même supposer que cela consti­tue l'un des défis posés aux organisations modernes, dont les formes sont davantage réticulaires et dont les frontières sont de plus en plus floues.

 

Une autre thématique avec laquelle l'entrepreneuriat possède des affinités est celle de l'entreprise familiale. Bruno Amann[29] se livre au difficile exercice de rapprocher le champ de recherche sur l'entreprise familiale de celui de l'entrepreneuriat. Si l'on peut comprendre sa demande d'une définition, le consensus en la matière relève de l'utopie. Le seul consensus auquel sont parvenus les chercheurs est celui consistant à reconnaître qu'il ne peut y avoir consensus sur une définition… La complexité du phénomène, ses mo­des d'expression mais aussi ses contextes d'apparition sont tellement chan­geants qu'aucune définition ne peut précisément rendre compte de la réalité observée.

Ainsi, alors que pour l'essentiel les textes présentés concernent une éco­nomie proche de la nôtre, Bertrand Saporta et Lucien Kombou[30] nous parlent de l'entrepreneuriat africain, lequel aurait bien des difficultés à se reconnaître dans une définition européenne ou anglo-saxonne, davantage centrée sur l'individu, alors que la culture africaine sub-saharienne à laquelle ils s'inté­ressent privilégie avant tout les valeurs collectives et la fusion dans le groupe social. A ce titre, le recours aux typologies peut être d'un grand secours pour appréhender les convergences et différences des formes d'entrepreneuriat ou des types d'entrepreneurs. Comme nous le rappelle Louis Jacques Filion[31], quel que soit le domaine abordé, la classification permet de comprendre et d'apprendre. Alors, peut-être que dans le domaine de l'entrepreneuriat, et à côté des efforts de modélisation du phénomène, faut-il davantage recourir à cette forme de construction de la connaissance plutôt qu'à tout prix vouloir obtenir une définition. Même si les types dégagés par l'exercice ne sont ja­mais purs, et il convient de le préciser aux utilisateurs des typologies, les critères discriminants mobilisés permettent de bien saisir leurs logiques ma­jeures sous-jacentes. Le texte de Michel Marchesnay[32] l'illustre, en dressant une typologie des entrepreneurs au regard des perspectives de développe­ment territorial. Sur la base des relations qui s'instaurent entre le territoire et l'entrepreneur, l'auteur distingue quatre idéaux-types, dont les acteurs du développement territorial gagneraient à appréhender les attentes, comporte­ments et potentiels en termes de performance.

Enfin dans le dernier chapitre, alors que, comme le souligne Philippe Pailot[33], la littérature en entrepreneuriat est davantage préoccupée par l'entrée et le maintien dans la fonction d'entrepreneur, qu'en est-il de la sortie de ce statut ? La phase de séparation entre l'entrepreneur et l'organisation qu'il a créée peut être, pour certains, déchirante tant l'attachement est fort et relève d'une relation quasi-charnelle. Outre les problématiques de gestion que pose la transmission du point de vue de l'organisation qui doit continuer à exister, sans doute faut-il aussi penser à ce que devient celui qui en était l'entrepre­neur.

 

 

La présentation de cette trame ne met en avant que quelques-uns des thè­mes reliant les différents chapitres entre eux. La construction de cet ouvrage est davantage systémique que linéaire et si l'on devait représenter les liens unissant les textes, la carte tracée ressemblerait à une nébuleuse



[1] Elle est reprise dans le titre d'un article devenu classique lorsque l’on évoque cette question: Gartner WB, "What are we talking about when we talk about entrepreneurship ?", Journal of Business Venturing, 5(1), 1990

[2] Le mot "entrepreneuriat" n'est pas dans le dictionnaire. Julien & Marchesnay rappellent que le terme a été choisi au Québec par le Conseil de la langue française, au détriment du terme franglais entrepreneurship.

Julien P-A., Marchesnay M., L'entrepreneuriat, Economica, collection gestion poche, 1996

[3] Cet aspect consubstantiel pose la question de ce que pourrait recouvrir "l'entrepreneuriat collectif". Le concept de noyau stratégique, tel que le présente Martinet, semble pouvoir être mobilisé pour traiter cette problématique. Une autre approche consiste à étudier dans quelle mesure chaque membre du collectif s'inscrit bien dans la dialectique exposée dans la suite du texte, en gardant à l'esprit qu'à partir d'un certain seuil, l’analyse de ce "phénomène agrégatif" renvoie plutôt à d’autres notions (équipe dirigeante, etc.) et à d'autres champs de la gestion (la stratégie, notamment dans sa dimension socio-politique, la gouvernance, etc.).

Martinet AC, Management stratégique : organisation et politique, Ediscience, 1984

[4] Cf. ce que Weick appelle enactment : Weick KE, The social psychology of organizing, Reading, Massachussetts, Addison-Westley, 1979

[5] Sur la base de théories économiques, on peut parler "d'ordre socio-économique" plutôt que "d'organisation socio-économique". A ce titre, le texte de Langlois pourrait fournir la base conceptuelle d'une étude économique du phénomène entrepreneurial, et conduirait à rejoindre le courant institutionnaliste. Sur une base systémique, il nous semble préférable de parler d'organisation et nous utiliserons ce vocable dans la suite du texte.

Langlois R., La firme planifie-t-elle ?, dans Garrouste P. (éd.), Les frontières de la firme, Economica, 1997

[6] Cf. les problématiques liées au développement, à la reprise d'entreprise, à l'intrapreneuriat, au corporate entrepreneurship, etc.

[7] S’il n’existe pas de définition juridique de l’entreprise (voir Supiot, 1994 ; Robé, 1999), ce domaine permet de tracer des frontières où physiquement il n'y en a pas. Ces frontières "artificielles" permettent, outre une réponse aux principes de responsabilité et de propriété (donc aussi de répartition du capital), de fixer momentanément et partiellement le cadre d’action et de contractualisation de l’organisation en lui donnant une relative stabilité. Cela s’applique parfaitement à la firme. Ainsi, par exemple, le dépôt des statuts ne lui donne pas forcément une visibilité sociale, la configuration organisationnelle afférente n’étant pas encore mise en place. Dans certains cas, elle ne le sera jamais (cf. les "coquilles vides" ou les "boîtes aux lettres"). Quoi qu’il en soit, le registre juridique consacre l'existence de règles instituées, notamment par des conventions ou des contrats, qui vont permettre aux acteurs internes et externes de finaliser (d'autres disent nouer) leurs relations (fournisseurs, salariés, clients, partenaires financiers, etc.).

Supiot A. (1994), Critique du droit du travail, PUF, collection «Les voies du droit».

Robé J.-P. (1999), L’entreprise et le droit, PUF, collection «Que sais-je ?», N° 3442.

[8] L’impulsion ne renvoie pas forcément à la soudaineté et à la brièveté d’une force exerçant une action en vue de modifier un état donné, mais concerne surtout le développement, le dynamisme d’une activité, d’une entreprise (cf. Larousse).

[9] Selon Wacheux, l’interdisciplinarité procède de l’utilisation de théories, concepts et méthodes importés d’une discipline pour les appliquer dans une autre, la transdisciplinarité renvoie à la construction de connaissances indépendamment d’une discipline particulière. L’auteur définit la pluridisciplinarité comme l’activation d’une discussion et d’un échange entre chercheurs de disciplines différentes autour d’un thème particulier. Wacheux F., Méthodes qualitatives et recherche en gestion, Economica, 1996

[10] Bull I. & Willard G., "Towards a theory of entrepreneurship", dans Bull I., Thomas H.,  Willard G. (éd.), Entrepreneurship, perspectives on theory building, Pergamon, Elsevier Science, 1995

[11] Sachant qu'il peut impulser le phénomène en s'appuyant sur une configuration, ou une entité, qu'il n'a pas créée, et qui devient la base structurelle d'un nouvelle organisation.

[12] Par distinction avec la logique d'insertion (ex : individu créant à travers l’entreprise son emploi).

[13] Bird B., Entrepreneurial Beharvior, Glenview : Scott Foresman & Co, 1989

[14] Voir le chapitre : "Les dimensions socio-économiques et politiques de l'entrepreneur".

[15] L'angle de vue de ces auteurs les conduit à considérer l'entrepreneur comme ayant une fonction dans deux types de marchés, celui de l'économique et celui du travail. Boutillier et Uzunidis proposent alors une conception originale du capital social qu’il ne faut pas confondre avec celle proposée par Bourdieu, laquelle est également mobilisée dans certaines études en entrepreneuriat.

Boutillier S., Uzunidis D., La légende de l’entrepreneur, Syros-Alternatives économiques, 1999

[16] Voir le chapitre : "Dynamisme entrepreneurial et croissance économique – Une comparaison France – USA".

[17] Voir le chapitre : "Régions dynamiques et PME à forte croissance – Incertitude, information potentielle et réseaux à signaux faibles".

[18] Voir le chapitre : "L'entrepreneuriat face à la globalisation".

[19] Voir le chapitre : "Entrepreneuriat et NTIC – la construction du Business-Model"

[20] Voir le chapitre : "Le financement de la création d'entreprise en France – Nouvelles tendances, nouveaux acteurs"

[21] Voir le chapitre : "La valorisation de la recherche publique par la création d'entreprise".

[22] Voir le chapitre : "Etat des réflexions actuelles sur l'enseignement de l'entrepreneuriat en France"

[23] Voir le chapitre : "La création d'entreprise de haute technologie"

[24] Voir le chapitre : "La création de PMI sous-traitantes industrielles"

[25] Voir le chapitre de Robert Paturel : "Externalisation et entrepreneuriat"

[26] Voir le chapitre de Robert Paturel : "Reprise d'entreprise – Une pratique de l'entrepreneuriat"

[27] Voir le chapitre : "Intrapreneuriat- à la recherche de complice innovant et entreprenant"

[28] Voir le chapitre : "Des entrepreneurs dans les franges du salariat"

[29] Voir le chapitre : "L'entreprise familiale à la lumière de l'entrepreneuriat"

[30] Voir le chapitre : "L'entrepreneuriat africain – mythe ou réalité"

[31] Voir le chapitre : "Typologie d'entrepreneur – Est-ce vraiment utile ?"

[32] Voir le chapitre : "Entrepreneuriat et territoire"

[33] Voir le chapitre : "De la difficulté de l'entrepreneur à quitter son entreprise"

 

Présentation des auteurs

Philippe ALBERT, HEC et INSEAD, a été directeur-fondateur du Centre des Entrepreneurs du Groupe ESC Lyon de 1984 à 1997. Ses publications concernent principalement la formation à l'entrepreneuriat, les pépinières et la création d'entreprise de haute technologie. Consultant et administrateur de sociétés, il est Président d'honneur de l'Académie de l'Entrepreneuriat, Président de l'Entrepreneurship Committee et administrateur de l'E.F.M.D. (European Foundation for Management Development).

 Bruno AMANN est Professeur des Universités à l'Institut d'Administration des Entreprises de Pau. Il s'intéresse particulièrement à l'entreprise familiale, ainsi qu'aux interfaces entre Droit et Gestion. Il est membre du CREG (centre de recherche et d'étude en gestion de l'Université de Pau et des pays de l'Adour) et directeur de recherches associé au LAREGO (laboratoire de recherche en économie et gestion des organisations de l'Université de Versailles St Quentin). Il administre  un site web qu'il dédie à l'entreprise familiale (http://www.univ-pau.fr/~amann/).

 Christel BEAUCOURT est Maître de Conférences en Sciences de Gestion à l’Université de Toulouse I. Elle y dirige le DESS de gestion de l’entreprise sociale. Consultante en GRH et en organisation, elle travaille sur les problématiques du sens, tel que l’incarnent et le construisent les acteurs des entreprises. Elle a publié divers articles et un ouvrage en psychosociologie des organisations.

 Christophe BENAVENT est Professeur à l'Institut d'Administration des Entreprises (USTL) et directeur du CLAREE (centre lillois d'analyse et de recherche sur l'évolution des entreprises, UPRESA CNRS). Il est rédacteur en chef de la revue Décisions Marketing. Actuellement, il initie au sein du CLAREE et du Pôle Commerce et Organisation Electroniques de l'Université des Sciences et Technologies de Lille un programme de recherche portant sur les implications des Ntics sur les modes d'adaptation à l'environnement et les modes de coordination des entreprises. Il administre un site web dédié au marketing et aux méthodes quantitatives (http://www.univ-pau.fr/~benavent/).

 Michel BOUCHE est Enseignant-Chercheur à l'ESA (école supérieure des affaires) de Grenoble, Université Pierre Mendès France. Il s'intéresse plus particulièrement aux achats et à l'analyse des choix de sous-traitance dans le management stratégique des entreprises.

 Sophie BOUTILLIER est Maître de Conférences en Economie et Docteur en Sociologie. Elle est directrice du DESS entrepreneuriat et redéploiement industriel et de l'équipe Travail et capital du laboratoire redéploiement industriel et innovation (LRII) de l'Université du Littoral Côte d'Opale. Elle est spécialisée dans la socio-économie du travail et de l'entrepreneur. Sophie Boutillier co-dirige la collection Economie et innovation aux éditions l'Harmattan et est co-responsable de publication pour la revue Innovations.

 Christian BRUYAT, Docteur en Sciences de Gestion, est Maître de Conférences
à l'IUT de Valence et affilié à l'ESA (école supérieure des affaires)  de Grenoble, Université Pierre Mendès France. Ses travaux portent essentiellement sur l'entrepreneuriat et plus particulièrement sur la création d'entreprise. Il est membre du comité de direction de la Revue de l'Entrepreneuriat.

 Camille CARRIER est Professeur agrégé à l'Université du Québec à
Trois-Rivières. Outre des cours de base en management, elle dispense des cours plus spécialisés et reliés directement à ses thématiques de recherche, notamment un cours intitulé "créativité, innovation et entrepreneuriat". Membre de l'Institut de Recherche sur les PME et du comité de direction de la Revue Internationale PME, l'essentiel de ses contributions internationales porte sur l'innovation, la créativité, l'intrapreneuriat.

 Gilles COPIN est Directeur du Centre des Entrepreneurs E.M. Lyon. Il travaille depuis 20 ans dans le secteur de la Finance et plus particulièrement de la jeune entreprise innovante. Il a tour à tour été Directeur Financier d’un laboratoire ; Chargé d’Affaires dans une banque ; Professeur de finance ; Président d’une société de Conseil et Associé dans un grand cabinet en charge de la cellule Introduction en bourse et Venture Capital.

 Alain FAYOLLE est Docteur en Sciences de Gestion et Professeur d'Entrepreneuriat et de Management Stratégique à EM Lyon. Il est, par ailleurs, Vice-Président de l'Académie de l'Entrepreneuriat, et membre du comité de direction de la Revue de l'Entrepreneuriat. Ses travaux de recherche portent sur l'enseignement de l'entrepreneuriat, les comportements entrepreneuriaux des ingénieurs, des chercheurs et des jeunes diplômés ainsi que sur la compréhension des processus entrepreneuriaux.

 Louis Jacques FILION est Professeur titulaire et Directeur de la Chaire d'entrepreneurship Maclean Hunter à H.E.C., École des Hautes Études Commerciales, affiliée à l'Université de Montréal. Il est spécialisé en entrepreneuriat, travail autonome et PME. Détenteur d’un B.A., M.A. (international), MBA, Ph.D., il compte une expérience diversifiée en gestion.  Conseiller en gestion, il a été rattaché au bureau de Montréal de Ernst & Young.  Il a été Président du CCPME - Conseil canadien de la PME et de l'entrepreneuriat..

 Pierre-André JULIEN est Docteur en Sciences Economiques de l’Université de Louvain (Belgique) et diplômé en sciences administratives de l’Université Laval au Québec. Il est titulaire de la Chaire Bombardier Produits récréatifs en gestion du changement technologique dans les PME à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il dirige la Revue internationale P.M.E. Il a travaillé dans différentes universités en Angleterre, en Espagne, en France et aux États-Unis. Il a participé au projet FAST de la Commission économique européenne et au projet des districts industriels à l’Institut d’Études Sociales du Bureau International du Travail à Genève. Il est consultant auprès de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) à Paris.

 Lucien KOMBOU, est Docteur en Sciences de Gestion de l'Université Bordeaux IV. Sa thèse portait sur les aides à la création d'entreprise et leurs retombées. Il est Professeur agrégé CAMES. Après avoir enseigné à l'Université de Yaoundé II, il est actuellement Doyen de la Faculté de Sciences Economiques et de Gestion de Ngaoundéré, au Cameroun. Ses centres d'intérêt sont l'Entrepreneuriat et les TPE (très petites entreprises).

 Pierre LOUART est Professeur à l’Université de Toulouse I. Responsable du département gestion du LIRHE (CNRS), Président de la commission recherche de l’AGRH (association de gestion de ressources humaines). Ses publications, articles et ouvrages, concernent la gestion des ressources humaines. Ses travaux actuels portent sur les liens entre les systèmes éducatifs et productifs, sur l’évolution des relations de travail, sur la fonction RH dans les réseaux et sur le management des situations paradoxales en organisation.

 Michel MARCHESNAY est Professeur à l'Université de Montpellier 1. Il a
créé l'ERFI (Equipe de Recherche sur la Firme et l'Industrie) en 1975, dont
il est actuellement Président. Il préside également l'AIREPME (association internationale de recherche sur l'entrepreneuriat et la PME). Il est
membre du bureau de l'AIMS (association internationale de management
stratégique). Comme l'attestent ses nombreuses publications, il fût parmi les premiers, en France, a mener et diriger des travaux de recherche sur l'entrepreneuriat et sur la PME.

 Stéphane MARION est Docteur en Sciences de Gestion et Maître de Conférences à l'Institut d'Administration des Entreprises de l'Université Lyon III. Ses travaux et publications portent sur l'entrepreneuriat. Il intervient également dans l'incubateur lyonnais Créalys initié par les principales institutions d'enseignement supérieur de la région Lyonnaise et effectue, depuis une dizaine d'années, des missions d'appui auprès de créateurs. Stéphane Marion est membre du comité de direction de la Revue de l'Entrepreneuriat.

 Philippe PAILOT est Docteur en Sciences de Gestion, Maître de Conférences à l'IAE de Lille (USTL-Lille1) et chercheur au CLAREE (UPRESA 8020 CNRS). Il est membre de l'ADREG (http://asso.nordnet.fr/adreg/groupe.htm), association de diffusion de la recherche en entrepreneuriat et en gestion. Ses domaines de recherche portent sur l'entrepreneuriat, les dirigeants de PME et les relations entre l'histoire et la gestion. Plus précisément, au sein de l'entrepreneuriat, il travaille sur la socialisation anticipée.

 Robert PATUREL est Professeur des Universités à l'Institut d'Etude Politique de Grenoble et membre de l'Ecole Supérieure des Affaires. Ses champs de recherche portent sur l'Entrepreneuriat, l'Intelligence Economique et le Management Stratégique, notamment les problématiques liées à l'externalisation. Il encadre des thèses sur le thème de l'entrepreneuriat. Il est responsable de l'organisation du Tutorat Doctoral National sur l'Entrepreneuriat et membre du comité de direction de la Revue de l'Entrepreneuriat.

 Pascal PHILIPPART. Juriste de formation, Pascal Philippart enseigne le droit à l'Institut d'Administration des Entreprises de Lille. Membre du CLARÉE (centre lillois d'analyse et de recherche sur l'évolution des entreprises, UPRESA CNRS), ses recherches s'inscrivent à l'interface du droit et de la gestion, notamment dans deux directions : les coopérations interentreprises et l'entrepreneuriat. Il est membre de l'ADREG, association de diffusion de la recherche en entrepreneuriat et en gestion.

 Nathalie SCHIEB-BIENFAIT est Docteur en Sciences de gestion de l'Université de Nantes et membre du laboratoire de recherche Jeune Equipe LRSGUN Modélisation.. Elle est par ailleurs diplômée d'un DESS Système d'information et de l'EDHEC. Elle est responsable du DESS Gestion et Management des PME et chargée du développement de l'entrepreneuriat à l'IAE de l'Université de Nantes. Ses domaines de recherche portent sur la stratégie et la création d'entreprise, ainsi que sur l'enseignement de l'entrepreneuriat.

 Isabel SERVAIS est Chargée de recherche au Centre des Entrepreneurs EM LYON. Elle participe aux activités de recherche et d'enseignement en entrepreneuriat de cet institut d'études et de formation, et consacre son travail de thèse à cette thématique. Plus précisément, son travail porte sur un dispositif de sensibilisation/formation à la création d'entreprise destiné à des jeunes adultes.

 Bertrand SAPORTA est Professeur de Sciences de Gestion à l'Université Bordeaux IV Montesquieu, où il dirige le CREGE (centre de recherche et d'étude en gestion). Il dirige également, avec Xavier NOEL, le DESS Création d'entreprise et gestion des projets innovants. Il participe à de nombreux programmes de formation à l'entrepreneuriat au Maroc et dans plusieurs pays d'Afrique francophone. Bertrand Saporta est vice-Président de l'Académie de l'Entrepreneuriat et Directeur de publication de la Revue de l'Entrepreneuriat (http://www.entrepreneuriat.com/revue.html).

 Olivier TORRES est Docteur en Sciences de Gestion et Maître de Conférences à l'Université Paul Valéry de Montpellier. Il est chercheur à l'ERFI (équipe de recherche sur la firme et l'industrie). Ses publications portent sur la PME. En matière d'entrepreneuriat, il s'intéresse à la globalisation et aux différents types d'entrepreneuriat selon les cultures.

 Dimitri UZUNIDIS est Maître de Conférences en Economie et Sociologue. Il dirige le Laboratoire Redéploiement industriel et innovation (LRII). Il est spécialisé dans la socio-économie industrielle et l'économie internationale. Dimitri Uzunidis co-dirige la collection Economie et innovation aux éditions l'Harmattan et est co-responsable de publication pour la revue Innovations.

 Thierry VERSTRAETE a dirigé cet ouvrage. Après quelques années d'entreprise, il a rejoint l'Université où il consacre ses recherches et l'essentiel de ses enseignements à l'entrepreneuriat. Il est Docteur en Sciences de gestion et Maître de Conférences à l'Institut d'Administration des Entreprises (Université des Sciences et Technologies de Lille). Chercheur au CLAREE (centre lillois d'analyse et de recherche sur l'évolution des entreprises, UPRESA CNRS), il est membre de l'ADREG qui est un groupe de chercheurs du CLAREE travaillant actuellement sur la thématique de la valorisation de la recherche  scientifique publique par la création d'entreprise et sur la thématique de l'entrepreneuriat dans le cadre des NTIC. Administrateur à l'AIREPME (association internationale de recherche sur l'entrepreneuriat et la PME) et administrateur à l'Académie de l'Entrepreneuriat, il est directeur exécutif de la Revue de l'Entrepreneuriat. Il administre un site web dédié à la recherche en entrepreneuriat (http://www.adreg.net).