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Plusieurs moulins, au fil
du temps, se sont succédés sur la motte
du moulin de la Tourelle, son autre appellation. Il semblerait que l'abbaye de
St Vaast d'Arras possédait à cet endroit un moulin - dit de Caumont - attesté
depuis au moins 1361. Il existe encore en 1760, mais plus en 1791, lorsque le
terrain est vendu au titre des Biens Nationaux. D'après une descendante
de l'ancien meunier, il aurait été bâti en 1795, peut-être un peu plus tard. En
1808, il existe effectivement, comme moulin à huile, bâti en pierre. Il appartient
alors à Augustin Lenglet, fabricant d'huile. En 1842, il est restauré et converti
en moulin à farine, il appartient à Antoine Isambard, puis à une date indéterminée
à Augustin Vion, brasseur et Edouard Flahaut, meunier, chacun pour une moitié.
Ceux-ci le vendent en 1843 et 1844 aux époux Hacart. |
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Il restera dans cette
famille jusqu'à sa démolition par les bombardements, en 1915-1916. Le
dernier meunier, Jean-Baptiste, l'avait acquis de ses parents le 3 août 1880 pour
la somme de 10.000 F. Il obtiendra des indemnités de dommages de guerre. Le dossier
qui fait une description du moulin, aux dimensions fort exagérées,
et un inventaire du matériel et de l'outillage existe encore. Le souvenir du moulin,
très souvent photographié et but de promenade des Arrageois, est resté vivace
dans la commune. Il était le dernier d'une vingtaine qui ont existé sur Achicourt.
La nouvelle municipalité décide de le ressusciter afin de donner une âme à la
commune et de relier le vieux village aux quartiers neufs par un centre d'animations
dont le moulin serait l'élément principal. Les premiers contacts sont
pris avec l'ARAM dès 1989. Une exposition du 25 avril au 2 mai 1990 sensibilise
les habitants, et en mai 1991, une association nommée "La Tourelle" est créée
pour promouvoir la reconstruction du moulin. De nombreuses réunions techniques
se tiennent en mairie. Dans sa séance du 30 mai 1991, la municipalité signe la
convention avec l'ARAM qui est chargée d'établir les devis estimatifs des travaux
et le cahier des charges. Un chantier de fouilles méthodiques est effectué en
juillet 1991 avec de jeunes bénévoles et des archéologues. II est dirigé par
Laurent Wiart, un ancien des chantiers de l'ARAM et qui est devenu animateur
dans la ville d'Achicourt. Les fondations de plusieurs moulins successifs
sont ainsi retrouvées. A partir des dimensions de la base, les plans du moulin
sont exécutés par l'ARAM dans la même année. Un appel d'offres est lancé par la
ville, et en mars 1992, les entreprises ont le feu vert pour entamer les travaux.
En septembre 1992, la tour est achevée et les poutres des étages installées.
La charpente de la toiture, fabriquée dans les ateliers des charpentiers belges,
est montée sur la tour le 18 novembre 1993. Les engrenages, l'arbre vertical et
le hérisson en fonte provenant d'un moulin à eau du Hainaut belge, ainsi que la
belle paire de meules à farine, sont montés en même temps. L'autre paire provient
d'un moulin de Quaedypre. Les ailes de 24 mètres d'envergure sont placées le 1er
mars 1994 et l'inauguration a lieu le 1er octobre de la même année. Depuis, le
moulin a acquis un contingent (334,3 tonnes) et peut donc moudre officiellement.
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