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Le moulin Snick
Blendecques (62575)

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Liste des moulins


Moulin de Blendecques
 

Le moulin Snick est un des plus anciens de Blendecques : il existait déjà avant le creusement de la Haute Meldique sous l’administration de l’abbé Odlant de l’abbaye de Saint-Bertin (795-804). Il était situé sur la seigneurie du Hamel. Un superbe manuscrit du XVe siècle le représente comme une construction à colombage et torchis près du château féodal de Blancbourg, aujourd’hui disparu. Il servait avant la Révolution à fouler les draps. Appartenant à l’abbaye de Saint-Bertin, il sera vendu comme Bien National le 28 octobre 1791 à Louis Obert, marchand brasseur. Il y avait à l’époque 15 moulins à Blendecques. En 1838, il est vendu à Ignace Prosper Porion qui reconstruit le barrage vers 1841 tel qu’il est encore actuellement, composé de huit vannes plus celle donnant sur la roue que l’on nomme vanne molaire.

Son petit-fils Prosper vendra le moulin à Adolphe Leleu, descendant de plusieurs générations de meuniers à vent. Il était déjà locataire du moulin dès 1908. En 1923, il détruit son moulin à vent situé à Campagne-les-Wardrecques et utilise le pivot pour remplacer l’arbre-moteur du moulin à eau. En 1912, il le modernise, remplaçant les quatre paires de meules par des cylindres de la maison H. et G. Rose de Poissy.

A sa mort, en 1940, ses deux fils reprennent le moulin et le modernisent encore. En 1950, les bluteries sont remplacées par un plansichter et les cylindres renouvelés en 1955 par d’autres achetés d’occasion au moulin de Pont-Sainte-Maxence dans l’Oise.

Le moulin a toujours été actionné par une roue en bois. Dés 1920, Il produisait sa propre électricité pour son éclairage. Un moteur électrique de 15 CV avec transformateur a été installé vers 1925 pour aider la roue, et en 1968 un autre de 32 CV pour remplacer la roue en cas de défaillance.

N’ayant pas de successeurs et l’âge venant, les deux frères, Georges et Marius cessent leur activité le 1e juillet 1983.

Une association rachète le moulin quelques années plus tard et en 1989, avec l’aide de l’ARAM qui réalise les plans et débloque une subvention de Conseil Régional, la roue est refaite complètement, ainsi que l’arbre-moteur, en bois de doussié, plus résistant. Elle a un diamètre de 6,50 m et est composée de 40 palettes de 0,90 m de largeur.

En 1990, l’édifice est racheté par M. Goury qui le réaménage et lui donne sa vocation actuelle : un lieu d’animation et de convivialité avec brasserie et café dansant.

Mais c’est sans compter sur les prédateurs !!!

L’Aa a son ange gardien, qui fait parler de lui dans les journaux :

- le 8 juillet 2004 (Voix du Nord), pour dire qu’il sera rénové,

- le 6 août 2004 (idem), pour dire que le barrage sera entièrement réaménagé, qu’il est un obstacle à l’écoulement de l’eau, que le propriétaire est d’accord pour le vendre au franc symbolique, que les six vannes seront retirées pour y mettre une seule porte, coût de l’opération 450.000 Euros,

- le 16 février 2005 (idem), pour dire que les travaux devraient commencer, le cabinet d’études a été choisi. Il ne reste plus qu’à savoir quel type de clapet on va  installer,

- le 25 février 2005 (L’Indépendant), pour dire que la restauration du vannage du moulin Snick sera pris en charge par le SmageAa …Le vannage sera fait à neuf et les six vannes seront remplacées par un clapet simple dont le type reste à définir…

- le 2 décembre 2005 (L’Indépendant), suite au haussement de ton de M. Bultel, jusqu’à présent il n’y a eu que des études, l’enlèvement du vannage du moulin Snick, principal obstacle à l’écoulement de la rivière, était prévu d’ici quelques mois, 

- le 22 décembre 2005 (V. du N.), il est dit : Pour éviter à l’avenir d’autres montées des eaux trop brutales, sa suppression s’imposait. Ou plutôt, était beaucoup moins coûteuse que les aménagements qui auraient pu être entrepris pour faciliter l’écoulement de l’eau tout en préservant l’ouvrage patrimonial de l’ancienne minoterie... Si, avec la suppression du vannage, le niveau de l’eau baisse à Blendecques, il augmente forcément à Arques, en aval. Il est enfin question d’ouvrir d’anciens bras… et encore une étude en vue…

- le 23 décembre (L’Indépendant), une page entière est consacrée à l’exploit : Chose promise, chose due, se réjouissait lundi après-midi Christian Denis, président du SmageAa, pas mécontent de démontrer aux Blendecquois que le syndicat mixte ne restait pas les bras croisés… Contrairement à ce qui avait été annoncé initialement, l’ouvrage ne sera pas remplacé… Si le démontage des vannes était attendu, il convient d’en relativiser les effets. Les études ont démontré que si la disparition de cet obstacle n’aura pas d’incidence sur Arques, les effets sur le centre de Blendecques ne se feront sentir que sur 1 km en amont du moulin et sur seulement 6 cm d’eau en crue centennale.  Et de s’en prendre maintenant aux riverains qui ont mordu sur les divers bras de l’Aa. Et, par ailleurs, le SmageAa, qui doit se préoccuper aussi de l’aspect paysager et patrimonial, compte bien mettre en valeur le patrimoine lié à l’eau. Dans ce cadre, le syndicat va participer à la restauration de la roue à aube du moulin Snick qui reste le symbole de l’activité florissante de la vallée de l’Aa du temps de sa splendeur.

 Que c’est beau !!!

A propos de l’accord du propriétaire pour démolir le barrage, c’est sous la contrainte et à force de harcèlement qu’il a signé un papier.

Le site du smageaa, nous dévoile  le coût de l’opération de destruction du barrage infranchissable d’après lui, et de la création de sa première passe à poissons.

2004 : maîtrise d’œuvre pour réfection (démolition) du vannage du moulin : 36.780 €

2008 : remise en état de la roue, de la vanne du coursier et la passerelle : 17.442,97 €

2008 : création de la passe à poissons, et confortement du seuil : 95.357,08 €

Soit un total de 149.580,05 €.

La directive 2001/77/CE relative à la promotion de l’électricité produite à partir de sources renouvelables impose aux Etats membres de supprimer toute mesure empêchant le développement de la production d’électricité renouvelable. Le France préconise exactement le contraire, et agit…

 

 

Textes : Jean Bruggeman



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