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Le Moulin Soète
Comines Belgique (7780)

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Moulin Soete Comines Belgique

 

Dans la nuit du 15 au 16 mai 1997, un incendie consume totalement le moulin Soete, dix ans après son inauguration, le 12 septembre 1987, suite à une longue procédure et une restauration quelque peu contestable. Il faut cette fois-ci repartir à zéro. Passées la stupeur et l’incertitude, c’est décidé, le moulin sera reconstruit. D’autant plus que, bien que n’étant pas la propriété de la ville, celle-ci l’avait néanmoins assuré pour un capital de 13 500 000 FB plus les extensions de garantie.

La Région Wallonne avait également souscrit une police d’assurance à la même société SMAP, laquelle ne fait aucune difficulté pour financer la totalité des travaux de reconstruction du moulin. Le plus gros problème est donc résolu sans encombre.

Une première réunion au sujet de la reconstruction se tient à l’Hôtel de Ville de Comines, le 18 février 1998. Sont réunis autour du bourgmestre Albert Deleu, André de Campenaere, Joseph Demuysère, architecte cominois, Jean Bruggeman et les représentants de la Région Wallonne et de la SMAP. Dès le 24 février suivant, Joseph Demuysère et Jean Bruggeman se rencontrent afin de définir la collaboration commune pour assurer la maîtrise d’œuvre de cette rénovation. Le premier est intéressé naturellement en tant que Cominois, le second, en tant qu’habitant de Villeneuve d’Ascq d’où est originaire le moulin disparu, mais également pour en avoir fait les relevés lors de la restauration précédente. Relevés restés en réserve dans ses archives, et qui vont s’avérer très précieux pour restituer le plus fidèlement possible l’ancien moulin.

Mais auparavant il faut suivre les méandres administratifs, et la première phase consiste en un appel d’offre en procédure négociée en vue de la désignation d’un auteur de projet. En octobre 1998, notre candidature est transmise à la Région Wallonne, représentée par le Ministère de l’Equipement et des Transports (M.E.T.). Le dossier est rédigé par Joseph Demuysère, qui du reste, s’occupera de toutes les démarches administratives par la suite.

La réunion de sélection des auteurs de projet s’est tenue le 30 décembre. Sur six architectes consultés, quatre ont répondu. Deux ne pouvaient pas répondre à l’un des trois critères d’attribution, le troisième avait une référence mais il s’agissait du moulin Spinnewijn, entièrement réalisé par Jean Bruggeman, ce qui lui a quand même valu un point !

C’est donc Joseph Demuysère qui obtient le marché avec la condition expresse de la collaboration de Jean Bruggeman jusqu’à la fin de la reconstruction du moulin. Collaboration concrétisée par une convention signée le 16 mai 1999. La décision définitive d’attribution du marché d’architecture quant à elle est signée le 16 mars 1999 par M. Hambye, secrétaire général du M.E.T.

C’est au cours des six premiers mois de l’année 1999 que les plans sont exécutés par Jean Bruggeman. A partir de ceux-ci, Hervé Deroo est chargé de réaliser leur encodage en trois dimensions et en images de synthèse.

Lors de la réunion du Comité d’Accompagnement qui s’est tenu à l’Hôtel de Ville le 14 décembre 1999, le dossier, divisé en trois lots, est présenté. De nombreux points sont discutés, notamment concernant la sécurité et les aspects administratifs. Le 31 décembre, l’avis de marché paraît dans le Bulletin des adjudications. La date de l’ouverture des offres est fixée au 7 février 2000.

Le début officiel des travaux est fixé au 1er avril mais la réunion de lancement se tient le 6 avril sur le site. Les représentants du Ministère, de la ville et des entreprises Bienbâti et Saniélec qui ont décroché chacune leur lot sont présents ainsi que les deux auteurs du projet. Le terrain est dégagé, les fondations mises à nu et le choix de la brique est décidé ce jour-là.

Le 27 juin, les murs sont achevés en totalité avec les pierres bleues et le carrelage. Du beau travail. La plate-forme de la motte a été agrandie et le gravier réparti. Le chemin d’accès est en cours d’élargissement et le gros œuvre pratiquement achevé.

Concernant la construction même du moulin, une première réunion se tient le 24 octobre 2000 à l’atelier des charpentiers Peel-Thomaes de Gistel bénéficiaire du 3e lot. L’entreprise, qui a pris un peu de retard, sollicite un délai supplémentaire mais s’engage néanmoins à achever la construction pour le 15 septembre. En effet, l’approvisionnement en bois est quelque peu problématique : les sections demandées ne sont pas courantes et, par deux fois, la poutre du maître-sommier a dû être refusée. Il ne restera plus alors qu’à effectuer les réglages.

C’est dans leur atelier tout neuf, à Roulers, que se tient la première réunion de coordination de 2001, le 14 mars. Les trois côtés de la cage sont assemblés au sol et les deux appentis sont achevés. M. Thomaes a même commencé la fabrication de la partie métallique des ailes.

Un problème surgit lors de la réunion du 3 avril : M. Thomaes a beaucoup de difficultés à trouver des meules tournantes à gauche en pierre naturelle. Il propose donc des meules artificielles hollandaises, qui offrent la meilleure garantie de qualité pour la mouture, ce qui sera accepté.

Le 5 juin, la toiture est achevée, abritant l’arbre-moteur et ses deux rouets, de superbes pièces. Le 26 juin c’est le piédestal qui est en cours d’érection. La cage, coiffée de la toiture, est également en cours d’achèvement et les ailes sont prêtes à partir.

Le premier grand jour a lieu le 13 juillet avec l’installation du piédestal au moyen d’une grue à longue flèche. Dans la foulée, la toiture de la cavette est installée d’une seule pièce sur les murs. Le 27 août, la toiture, l’appentis de la bluterie et la cage, couchée sur le côté sont placés sur deux plates-formes d’un camion et transportés pendant la nuit.

Le deuxième grand événement s’étalera sur deux jours, les 28 et 29 août. Le 28, par une belle journée ensoleillée, le moulin est assemblé sur la route. La cage avec ses deux appentis est hissée, grâce à la puissante grue, au sommet du pivot, sous les yeux de nombreux admirateurs. Puis les meules prennent place dans le moulin. La girouette, en acier inoxydable, représente le sigle de l’ARAM. Elle est installée par le charpentier Ronny Demol et complète ainsi la toiture qui va aussitôt coiffer la cage. L’escalier enfin prend place, suivi de la queue en azobé. Le lendemain matin, le soleil est toujours présent pour accompagner la dernière opération spectaculaire : l’installation des ailes. En fin de matinée, le décor est achevé.

Pendant la même période, le chemin d’accès est viabilisé, les portes et les fenêtres de la cavette sont installées par la société Bienbâti et la société Saniélec procède à tous les aménagements électriques.

C’est un moulin entièrement terminé extérieurement qui est inauguré les 8 et 9 septembre. En présence d’une foule d’amis des moulins, le bourgmestre Gilbert Deleu se voit remettre, par Peter Thomaes, la clé du moulin : la promesse du charpentier a été tenue.

Mais si les ailes peuvent tourner, bien des travaux restent à entreprendre pour produire la farine. Plusieurs mois seront nécessaires pour adapter la bluterie avec sa nouvelle transmission et un refroidisseur, les deux paires de meules avec leurs accessoires et l’aplatisseur.

Ce n’est que le 30 avril que, pour la première fois, les auteurs de projet peuvent enfin voir le moulin en pleine activité. Le 23 mai 2002 a lieu la réception provisoire des travaux, et le 28 mai 2003, la réception définitive.

Textes : Jean Bruggeman



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