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Le moulin de Montceau-Echarnant
Montceau-Echarnant (21360)

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Moulin de Coquelles

 

 A la veille de la Révolution, Simon Pierre Bernard Marie Renfert de Montceau de Brétenières est le seigneur de Montceau et le moulin est décrit comme le moulin à vent de Renfert. En 1780, le moulin en ruine est acheté pour trois mesures de seigle par André Perrin (1761-1827). Celui-ci le restaure et fait inscrire son nom dans une des grosses pierres de taille d’une fenêtre du premier étage (encore présente aujourd’hui). En l’an 2 de la République, il est à la fois meunier et maire de Montceau. De ses trois filles, la cadette, Claudine Thérèse Perrin, se marie en 1827 avec le charpentier Jean-François Motot, qui deviendra le prochain meunier. En 1842, celui-ci entreprend de surélever le moulin et lui donne l’allure que nous lui connaissons aujourd’hui avec une tour de 7,90 m coiffée de son toit conique mobile.

Cette surélévation, parfaitement visible sur les photographies du début du siècle, permit au moulin d’obtenir une plus grande voilure et donc une plus grande puissance. C’est à cette occasion que fut installée la double paire de meules et les engrenages en fonte.

C’est ensuite le fils, Philibert Motot (1830-1912), qui prend la succession et sera le dernier meunier de Montceau-Echarnant. Agé de 70 ans en 1900, il cesse de moudre. Les anciens du village racontent que le moulin eut une dernière reprise en 1914-18 et fut ensuite abandonné. En 1942, puis en 1946, le moulin est inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. En 1956, les frères Boutier, arrières-petits-fils de Philibert Motot, le vendent à la commune pour 5000 F.

C’est un ingénieur originaire de Dijon, Charles Rouxel, qui découvre et acquiert le moulin pour 75000 F (anciens) en 1959. Il colmate les brèches, protège le moulin des intempéries et achète au moulin voisin de Châtellenot toutes les pièces manquantes au mécanisme. En 1980, il fait faire une étude pour sa restauration par François Auger, un charpentier Compagnon du Devoir. Celui-ci dresse les plans et réalise une maquette à l’échelle 1/10e qui est aujourd’hui exposée au siège des Compagnons à Dijon.

Hélas, en 1991, M. Rouxel décède dans un accident. Ce sont ses quatre enfants et son épouse qui vont poursuivre son œuvre. M. Auger n’étant plus disponible, la famille contacte plusieurs charpentiers, mais c’est finalement par la rencontre fortuite avec l’une des filles Rouxel, à Lille, que Jean Bruggeman apprend l’existence de la démarche et propose ses services.

Une première rencontre se tient le 4 mars 2000 au bureau de l’ARAM avec Patrick Rouxel qui représente la famille. Un accord est réalisé et c’est le week-end de Pâques que les relevés du moulin sont effectués (22, 23 et 24 avril). Les plans sont exécutés de juin à août et les devis en octobre-décembre. Le 4 avril 2001, une rencontre a lieu au moulin avec les entreprises élues : Patrick Bougenot pour la charpente et le mécanisme, Sandro Prezza pour la maçonnerie et la S.A.R.L. « Espace Couverture » pour la couverture en bardeaux.

Les opérations débutent en juillet 2001 avec l’installation d’un échafaudage entourant la tour et la restauration de la maçonnerie en moellon. Mais la grande opération a lieu les 23 et 24 juillet, en présence de Jean Bruggeman. Le 23, les pièces métalliques du nouveau chemin de roulement, fabriquées à Saint-Amand-les-Eaux, et la tête en fonte, coulée à Saint-Laurent-Blangy, sont amenées et chargées directement sur le camion du charpentier. La couverture provisoire est arrachée et les chevrons enlevés. Le 24, on procède à l’enlèvement dans l’ordre de la queue, de l’arbre-moteur avec son rouet en chêne, puis de l’enrayure d’une seule pièce, et du chemin dormant. Dans la soirée, les deux meules courantes sont déposées au sol. Le tout s’est déroulé sous un beau soleil d’été.

Dans la foulée, en août-septembre, le chaînage en béton armé est coulé. Cette solide ceinture empêchera la tour de s’écarter. Seul le chemin de roulement métallique, composé de 36 rouleaux, donnera une note moderne à cet endroit du moulin, mais apportera aussi une bien plus grande facilité au « meunier » pour orienter la toiture face au vent.

L’étage des meules est également démonté pour être complètement refait. La charpente et une partie du mécanisme sont fabriquéés en atelier en hiver. Ce n’est que le 5 septembre 2002 que la charpente de la toiture est installée sur la tour, aussitôt couverte de ses bardeaux. Les ailes en bois suivent en octobre. Une réunion-visite du chantier les 10 et 11 mai permet de vérifier l’exécution des travaux. Des modifications sont apportées afin de permettre au moulin de fonctionner.

Textes : Jean Bruggeman



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