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Cette surélévation, parfaitement visible sur les photographies du début
du siècle, permit au moulin d’obtenir une plus grande voilure et donc une plus
grande puissance. C’est à cette occasion que fut installée la double paire de
meules et les engrenages en fonte.
C’est
ensuite le fils, Philibert Motot (1830-1912), qui prend la succession et sera
le dernier meunier de Montceau-Echarnant. Agé de 70 ans en 1900, il cesse de moudre. Les anciens du
village racontent que le moulin eut une dernière reprise en 1914-18 et fut
ensuite abandonné. En 1942, puis en 1946, le moulin est inscrit à l’Inventaire
Supplémentaire des Monuments Historiques. En 1956, les frères Boutier, arrières-petits-fils de Philibert Motot, le vendent à la commune pour 5000 F.
C’est un
ingénieur originaire de Dijon, Charles Rouxel, qui découvre et acquiert le
moulin pour 75000 F (anciens) en 1959. Il colmate les brèches, protège le
moulin des intempéries et achète au moulin voisin de Châtellenot toutes les
pièces manquantes au mécanisme. En 1980, il fait faire une étude pour sa
restauration par François Auger, un charpentier Compagnon du Devoir. Celui-ci
dresse les plans et réalise une maquette à l’échelle 1/10e qui est
aujourd’hui exposée au siège des Compagnons à Dijon.
Hélas, en
1991, M. Rouxel décède dans un accident. Ce sont ses quatre enfants et son
épouse qui vont poursuivre son œuvre. M. Auger n’étant plus disponible, la
famille contacte plusieurs charpentiers, mais c’est finalement par la rencontre
fortuite avec l’une des filles Rouxel, à Lille, que Jean Bruggeman apprend
l’existence de la démarche et propose ses services.
Une
première rencontre se tient le 4 mars 2000 au bureau de l’ARAM avec Patrick
Rouxel qui représente la famille. Un accord est réalisé et c’est le week-end de
Pâques que les relevés du moulin sont effectués (22, 23 et 24 avril). Les plans
sont exécutés de juin à août et les devis en octobre-décembre. Le 4 avril 2001,
une rencontre a lieu au moulin avec les entreprises élues : Patrick
Bougenot pour la charpente et le mécanisme, Sandro Prezza pour la maçonnerie et
la S.A.R.L. « Espace Couverture » pour la couverture en bardeaux.
Les
opérations débutent en juillet 2001 avec l’installation d’un échafaudage
entourant la tour et la restauration de la maçonnerie en moellon. Mais la
grande opération a lieu les 23 et 24 juillet, en présence de Jean Bruggeman. Le
23, les pièces métalliques du nouveau chemin de roulement, fabriquées à
Saint-Amand-les-Eaux, et la tête en fonte, coulée à Saint-Laurent-Blangy, sont
amenées et chargées directement sur le camion du charpentier. La couverture
provisoire est arrachée et les chevrons enlevés. Le 24, on procède à
l’enlèvement dans l’ordre de la queue, de l’arbre-moteur avec son rouet en
chêne, puis de l’enrayure d’une seule pièce, et du chemin dormant. Dans la
soirée, les deux meules courantes sont déposées au sol. Le tout s’est déroulé
sous un beau soleil d’été.
Dans la
foulée, en août-septembre, le chaînage en béton armé est coulé. Cette solide
ceinture empêchera la tour de s’écarter. Seul le chemin de roulement
métallique, composé de 36 rouleaux, donnera une note moderne à cet endroit du
moulin, mais apportera aussi une bien plus grande facilité au « meunier »
pour orienter la toiture face au vent.
L’étage des meules est également
démonté pour être complètement refait. La charpente et une partie du mécanisme
sont fabriquéés en atelier en hiver. Ce n’est que le 5 septembre 2002 que la
charpente de la toiture est installée sur la tour, aussitôt couverte de ses
bardeaux. Les ailes en bois suivent en octobre. Une réunion-visite du chantier
les 10 et 11 mai permet de vérifier l’exécution des travaux. Des modifications
sont apportées afin de permettre au moulin de fonctionner.
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