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Le Moulin de Sannois
Sannois (95111)

 

Photos
[Bibliographie]
Liste des moulins


La construction du moulin de Sannois, appelé moulin Trouillet, remonte à 1759-1760. Il a fonctionné jusque vers 1866. Le site est protégé par arrêté du 5 février 1934, mais le moulin n’est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques que depuis le 12 mai 1975. C’est, en dehors des moulins de Montmartre, le dernier moulin sur pivot de la région parisienne. C’est dire son intérêt. Par ailleurs, sa ressemblance extraordinaire avec les plans du moulin reproduit dans l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert, lui confère un intérêt supplémentaire. C’est en 1938 que le dernier propriétaire en fait don à la commune dans le but de le sauver. Diverses campagnes de restauration ont été menées, dont la dernière en date remonte à 1976, sous la direction de Gérard Gailly. 

Depuis, le moulin qui a très peu fonctionné, se dégrade peu à peu. Le 30 août 1994, sur demande de la ville, une visite approfondie du moulin est entreprise par Jean Bruggeman, puis une deuxième le 27 décembre 1994, avec des charpentiers de moulins, débouche sur une étude détaillée des travaux à effectuer pour le rendre vivant. 

Ce n’est qu’en septembre 2003 que l’affaire reprend, par une première rencontre, le 8,  avec l’architecte Henri Grison de Cergy, chargé par la commune de mener à bien la restauration du moulin. Un accord est conclu le 8 octobre, et les 24 et 25 du même mois, les relevés détaillés sont effectués par J. Bruggeman. L’état du moulin, dix années après la première étude s’est bien empiré, une aile a même été brisée lors de la fameuse tempête du 29 décembre 1999. Une réunion se tient en mairie le 22 janvier 2004 et les plans sont transmis le 29 mars à M. Grison qui établit le dossier administratif. 

Trois ans s’écoulent encore, avant d’apprendre, le 18 décembre 2006, que la commune lance enfin l’avis d’appel à la concurrence. 

Les travaux 

C’est l’entreprise belge, Thomaes-Molenbouw, successeur de l’entreprise H. et G. Peel qui obtient le marché, malgré son prix plus élevé, mais plus respectueuse du cahier des charges, et dont la compétence est reconnue. Une première réunion de chantier se tient le 21 mars, pour organiser le chantier et élaborer un planning. Les travaux débutent avec la démolition de la toiture de la cavette dans la première quinzaine de mai 2007, puis les charpentiers sont à pied d’œuvre pour démonter le bardage de la cage, et le 29 celle-ci est enlevée et couchée sur la plate-forme du camion, suivi du piédestal, pièce par pièce. C’est donc un convoi exceptionnel, encadré de motards de la gendarmerie, qui arrive à Roulers le 1er juin très tôt dans la matinée.

Le moulin est alors complètement démembré, chaque pièce examinée, restaurée, en conservant au maximum les parties anciennes. C’est un minutieux travail de chirurgie. En juin, toutes les poutres récupérables sont prêtes. Une équipe de deux ouvriers travaille sur la cage. Les panneaux sont assemblés un à un. Une autre équipe s’attaque au piédestal, qui est achevé en juillet et aussitôt remonté à Sannois le 6 août sous une pluie diluvienne. La cage assemblée couchée dans l’atelier est sortie le 13 septembre puis redressée au moyen de deux grues. Le nouveau rouet entièrement en orme et l’arbre-moteur en chêne sont fabriqués en septembre. Ils prennent place dans la toiture en cours de fabrication en octobre et le 25 du mois celle-ci est installée sur la cage, pour procéder ensuite à la mise en place des meules, du mécanisme et de la petite bluterie.

Dans le même temps, en octobre, la charpente de la cavette est montée par l’entreprise Moro, la couverture par l’entreprise Tempère, la maçonnerie tout au long de l’année par l’entreprise CCR et l’installation électrique par l’entreprise GSE, le tout supervisé par l’architecte.

Le 5 décembre, la toiture et la cage sont installées sur des plates-formes pour le grand voyage. La cage arrive à Sannois vendredi 7. Les ailes dont la partie métallique a été fabriquée par l’entreprise Solespam à Saint-Amand-les-Eaux arrivent le 10, et le 11 c’est le spectaculaire levage de la cage sur son pivot, sous un soleil enfin éclatant, car la veille il a plu presque toute la journée. La toiture est ensuite montée sur la cage, juste avant la pluie qui retombe de nouveau. Les ailes métalliques d’une envergure de 22m20 sont installées le 18 décembre dans la tête en fonte. Ce sont deux innovations pour la région parisienne, mais banal dans le nord. Les ailes et l’arbre-moteur vont ainsi perdurer des dizaines de décennies sans problèmes. Après une pause, les finitions sont exécutées en janvier 2008. Ainsi, les charpentiers auront réalisé une prouesse en rénovant de fond en comble le moulin dans les règles de l’art en seulement huit mois. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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