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Le Moulin des Eventés  
Saint-Pierre-le-Moutier (58240)

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[Bibliographie]
Liste des moulins


La commune de Saint-Pierre-le-Moutier est situé dans le département de la Nièvre, sur un carrefour important constitué par la N 7 et la N 76, soit deux axes majeurs au centre de trois provinces emblématiques : Berry, Bourbonnais et Nivernais. 

Historique 

D’après le plan cadastral de 1831, la commune comptait sur son territoire trois moulins à eau et deux moulins à vent. Le premier, le plus ancien, a complètement disparu lors de l’aménagement de l’échangeur de la N 76. En 1969 il n’en restait déjà que quelques vestiges. Le deuxième est considéré comme une nouvelle construction en 1831. La tour existe encore, enveloppée de lierre et possédant tout son mécanisme, hélas en état de décomposition. 

Un troisième moulin est construit vers 1860, qui périt dans un incendie en 1861 et est aussitôt reconstruit. Il aurait déjà cessé de fonctionner vers 1884.

La propriété est pratiquement restée dans l’état d’origine, ce qui lui donne une grande valeur architecturale et ethnographique. Le moulin comme la maison. Le moulin comporte une cave voûtée dans la motte, un sous-sol dans la tour au même niveau que la cave, un rez de chaussée au niveau de la motte, l’étage des meules et un deuxième étage. Il possède deux paires de meules de la Ferté-sous-Jouare actionnées par dessus. Il a la particularité de comporter un arbre vertical avec son rouet d’entraînement et le hérisson en fonte. Les pignons-lanternes sont également en fonte. Ce qui correspond bien à son époque. L’arbre moteur n’existe plus, ni le rouet., depuis très longtemps. Les ailes sont du type symétrique traditionnel à toile. 

La restauration 

C’est la communauté de communes du Nivernais-Bourbonnais, présidée par M. Frédéric Pignot, qui sera le maître d’ouvrage. Une étude est réalisée par le C.A.U.E de la Nièvre en 2001-2002, mais le premier contact que nous avons eu date du 28 février 2000 avec M. François Clostre, maire de la ville de Saint-Pierre-le-Moutier. Dès le lendemain, nous lui envoyons notre documentation et une première estimation du coût de la rénovation hors maçonnerie. Un second contact téléphonique a lieu le 9 janvier 2003, puis le 3 avril, afin de fixer un rendez-vous sur place pour discuter de notre collaboration et effectuer les relevés de la tour et du mécanisme restant. Ceux-ci sont effectués les 17, 18 et 19 avril, et lors d’une seconde étape, après l’enlèvement du mécanisme intérieur, les 12 et 13 mai. Les plans sont dressés dans la foulée en avril et juin. 

La maîtrise d’œuvre sera assurée par le Syndicat Intercommunal d’Electricité et d’Equipement de la Nièvre (SIEEN), en la personne des architectes André Beal et Lazare Pasquet, avec l’ARAM.  Le premier s’occupera plus spécialement de la maçonnerie et des menuiserie, le second de la charpente et du mécanisme. Divers courriers permettent de définir les détails techniques et la répartition des tâches. Un avant projet estimatif est établi en octobre. Le contrat est signé en janvier et juillet 2004, mais le définitf ne le sera qu’à la fin du chantier. En attendant, une visite est effectuée dans notre région par MM Clostre et Beal, le 2 décembre 2003. 

Enfin, le 6 avril 2005, le maire par téléphone, et le 7 avril 2005 par courrier, le président de la Communauté de Communes, nous informent que les travaux peuvent commencer. Cependant il faut passer par les appels d’offres, ce qui prend encore quelques mois. Le 12 septembre, la réunion à ce sujet se tient à la mairie de Saint-Pierre-le-Moutier. Création Bois Construction est seul à postuler pour le lot charpente-mécanisme et l’obtient par conséquent. Les dossiers administratifs sont signés le 18 octobre. Le moulin doit être en état de fonctionnement pour le 15 juin 2006. 

La premiere réunion de chantier a lieu le 5 décembre et sera suivie de bien d’autres, toutes les semaines. Elles concernent principalement la maçonnerie, l’électricité puis vers la fin, la menuiserie. Quant au charpentier, il débute les travaux avec un traditionnel retard…  Mais en attendant, la partie métallique des ailes et le chemin de roulement sont en cours de fabrication à Saint-Amand-les-Eaux par l’entreprise Solespam. En janvier 2006, ces dernières sont prêtes et les bois sont à pied d’œuvre mais ce n’est ce n’est qu’en mars que Création Bois attaque la charpente. Le chemin de roulement est livré le même mois, et la tête des ailes au début avril. En mai, la charpente est achevée en atelier et livrée sur place le 15 du mois. Les ailes sont aussi livrées début mai à l’atelier, où elles seront habillées dans le courant du mois. Elles sont livrées à Saint-Pierre-le-Moutier le 28 juin, en même temps que l’arbre-moteur et le rouet. Ce jour, la grue de 60 T est sur place pour décharger ces éléments, puis la toiture est levée. Le total du poids sur la tour est de 15 T, réparties ainsi : 7 T pour la calotte, 3 T pour l’arbre-moteur avec sa tête en fonte, 0,600 T pour la queue, 1 T 400 pour le rouet et 3 T pour les ailes. Ces dernières sont métalliques pour la verge, comme cela se fait dans le Nord, les coterets en moabi et les barreaux en muiracatiara, leur garantissant ainsi une très longue longévité.

Le lendemain matin la longue queue en chêne de 12,40 m est fixée sur la partie intérieure de 6,60 m. Et les ailes sont installées dans l’après-midi. C’est le 30 juin qu’elles sont habillées sous une chaleur écrasante et achevée le lendemain. Toutes ces opérations se sont déroulées sans anicroches. Les réglages sont effectués dans la semaine, mais c’est seulement en août que le charpentier a décidé qu’ils seront achevés pour une mise en route en septembre. 

A la date du levage, les travaux de maçonnerie sont encore en cours. Le muret de la plate-forme en pierre sèche est en train de recevoir son couronnement de dalles en pierre du pays. C’est un très beau travail, comme la tour elle-même, qui est exécuté par l’entreprise Lavilla. Les menuisiers sont encore occupés au plancher et les escaliers ne sont pas encore installés. 

C’est le 12 septembre que la réunion de chantier spécifique à la prestation du charpentier a lieu. Auparavant, la veille, le moulin est examiné attentivement afin de dresser un rapport détaillé du travail effectué. De nombreuses malfaçons sont constatées : rouet mal calé, frein et système de trempure inopérant, etc. De plus, les voiles sont rouges au lieu d’être blanches comme indiqué dans le cahier des charges. Le charpentier, évidemment, contredit toutes les remarques, mais effectue dans l’après-midi et le lendemain quelques réfections. Ce jour est enfin venteux, mais les ouvriers ont beau pousser sur les ailes, celles-ci ont bien du mal à tourner ! Nous avons beau répéter qu’il faut ouvrir davantage le feuillard du frein en relevant le levier, mais rien n’y fait. Les charpentiers quittent le moulin sans régler ce problème, ni le système de trempure. Le moulin est inauguré le 16 septembre sans qu’il puisse tourner. Mais de toute façon, le vent n’était pas de la partie. 

Un rapport est établi afin de définir les travaux indispensables à exécuter pour qu’enfin le moulin puisse moudre. Comme à son habitude, le charpentier y répond en s’adressant directement au maître d’ouvrage, réfutant bien maladroitement chaque point. La pré-réception a lieu le 2 octobre et la réception définitive le lendemain à 10 heures. Les trois entreprises : Lavilla (maçonnerie), Martin (menuiserie) et techni-Elec (électicité) ont satisfait le maître d’œuvre et le maître d’ouvrage et signent les documents réglementaires les libérant. Seule l’entreprise Création Bois Construction ne peut signer, car le frein n’est toujours pas complètement opérationnel et la meule ne peut pas fonctionner. Ce n’est qu’en fin novembre que les travaux sont effectués. Le 13 décembre, enfin, l’acte final est signé… avec réserves…

 

Textes : Jean Bruggeman



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