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Le moulin de Grand-Fayt
Grand-Fayt (59244)

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Moulin de Grand-Fayt
 

L’abbaye de Liessies possédait au XIIe siècle un moulin à Fayt. C’est donc un moulin déjà très ancien qui est représenté par des aquarelles au début du XVIIe siècle. La ventellerie est alors en bois. La façade principale porte encore les deux premiers chiffres 16 d’une reconstruction en brique sur fond de pierre calcaire. On ne sait à quelle époque la superbe ventellerie actuelle en pierre de taille a été construite. Le recensement de 1809 lui donne deux roues, ce qui est confirmé par divers articles de presse, en 1846 et 1849, qui le citent comme un moulin à deux tournants. Il a été réglementé par une ordonnance royale du 26 décembre 1836.

Dans son édition du 14 mars 1897, le journal l’Observateur d’Avesnes donne la publication de la création d’une nouvelle  société enregistrée à Avesnes le 9 mars sous le nom de Société Anonyme de Laiterie l’Union de Grand Fayt, dont le siège se trouve au moulin. Elle avait pour but la création et l’exploitation d’une laiterie. Par une annonce du 6 mars 1898, la société cherche « un directeur de laiterie au courant de la comptabilité » et « un meunier ayant déjà servi dans un moulin ». Annonce répétée 13 fois, mais le 5 mai, le meunier n’est pas encore trouvé ! Enfin le 16 octobre, une nouvelle annonce informe les cultivateurs que la laiterie se tient à leur disposition pour tout genre de mouture, etc, annonce répétée 25 fois !

En 1900, une turbine remplace les roues. Elle actionne des écrémeuses, des meules à farine et à mouture, et produit de l’électricité. On y fabrique des maroilles. En 1962, c’est la cessation des activités et en 1967, une partie du bâtiment, déjà vidé de son matériel, s’écroule. Le moulin menace de tomber en ruine.

Il sera cependant sauvé : un horloger-bijoutier d’Aulnoye-Aymeries, amoureux des vieilles pierres, est séduit par l’édifice et son superbe site. Il l’achète en 1970, et aussitôt entame les travaux de déblaiement et de restauration. Jacques Contesse et son épouse, aidés de leurs parents et de tous leurs amis, vont consacrer tous leurs loisirs à cette tâche gigantesque, et redonner vie au moulin.

Dans une première étape, la restauration de la maison d’habitation est achevée en 1982. Puis c’est au tour du moulin : toutes les vannes et les murs de rives, en pierre de taille, sont refaits, notamment un mur de 25 m de long, épais de 1,50 m et haut de 2,50 m est complètement démonté et reconstruit. Le déversoir et bien d’autres parties du moulin doivent subir des opérations similaires. La rivière est désenvasée, de même que le débouché de la turbine, dont la vase a été enlevée à la pelle durant huit jours d’affilée par M.Contesse, seul, en septembre 1984. La turbine est débloquée, toutes les pièces sont examinées et une partie refaite par un collège technique. Pour cette opération, M. Contesse s’est transformé en scaphandrier. En 1985 et les années suivantes, c’est le bâtiment lui-même qui est remis en état.

En 1988, l’ARAM décide d’inclure le moulin dans son programme régional et obtient une subvention de la Région. Elle permettra de rénover le mur de la façade principale, qui était enlaidi par un renfort de deux poutrelles en fer, et dont l’une des grosses poutres du plancher du 1e étage menaçait de s’effondrer. Grâce encore au travail personnel de ses propriétaires, le coût est diminué de moitié et le reste a servi à remettre de nouvelles boiseries à six fenêtres et deux portes.

Mais M. Contesse hésite entre la turbine et la remise en place d’une roue. Les travaux au coursier permettent de retrouver l’emplacement de l’ancienne roue qui a précédé la turbine et succédé aux deux roues primitives. En 1996, il a l’occasion de récupérer une magnifique roue de type Poncelet qui correspond exactement aux dimensions du coursier. Avec l’aide d’Eric Vanleene, elle est démontée puis installée en 1998. C’est une superbe réalisation qui est inaugurée le 15 mai 1999. Mais 33 ans après son acquisition, les travaux se poursuivent…
A la date du 6 janvier 2005 le moulin est inscrit sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Textes : Jean Bruggeman



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