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Moulin Lebriez
Gravelines (59820)

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Liste des moulins


Moulin Lebriez à Gravelines
 

Comme beaucoup de ses congénères, le moulin Lebriez s'est déplacé au gré de ses propriétaires successifs. Ce qui d'ailleurs était facilité pas sa petite taille. L'envergure des ailes n'étant que de 16 mètres et la superficie de la cage de 2,55 x 3, 40 m. Il ne comporte qu'une seule meule destinée à produire la mouture pour les bestiaux.

Il avait été construit en 1932 par Eugène Roos, charpentier de moulins de Calais, pour le cultivateur Omer Barbeaux, qui l'abandonne vers 1944. C'est un meunier dans l'âme, Philléas Lebriez, locataire du moulin Loquet, qui va le sauver en l'acquérant pour la somme de 17 500 F. La carcasse est démontée en septembre 1946 puis transportée d'une seule pièce et remontée en octobre le long de la route Nationale, assez loin du hameau des Huttes, dans une vaste plaine, sans obstacles et sans cesse balayée par le vent marin. Complètement remis à neuf par Philléas Lebriez, qui avait racheté la tête en fonte du moulin de Beuvrequen, et deux ailes en bois d'un moulin de Guemps, il va fonctionner jusqu'à la mort du meunier survenue le 26 septembre 1966, lors d'un accident de la route. Heureusement, sentant venir les difficultés d'exploitation, il avait fait don du moulin à la commune de Gravelines, qui va dans un premier temps le restaurer sur place, lors de travaux réalisés en 1968.

Les années passent, la physionomie du littoral se transforme rapidement avec les travaux gigantesques des agrandissements des ports et des zones industrielles. De plus, le moulin est trop isolé, exposé au vandalisme. La municipalité décide de le transporter plus près de la ville où il sera ainsi mieux valorisé. L'ARAM est chargée de la maîtrise d'œuvre des opérations et réalise le plan des fondations qui seront construites sur la grande motte, de décembre 1979 à février 1980.

Le 8 mai de cette dernière année, la cage est transportée sur le nouveau site. Le piédestal, vétuste et trop bricolé, est refait à neuf. Seul le pivot, un ancien mât de bateau en pitch-pin, est conservé. Le 26 juillet, il est assemblé sur place, et, le 8 novembre, la cage est placée au moyen de deux grues. Les ailes sont installées en janvier 1981. Il faudra encore plus d'une année pour parachever les travaux : finition de la motte, et du moulin lui-même, qui reçoit de superbes voiles orange vif. En mai 1982, les ailes tournent enfin, se profilant dans un ciel d'un bleu éclatant, faisant contraste avec la Centrale Nucléaire proche.

Durant quelques années le moulin, parfaitement restauré, est pris en main par un employé municipal qui en prend soin, mais n’a pas de successeur. Le moulin n’est plus entretenu, et en 2008 un appel à concurrence pour trouver un maître d’œuvre est lancé par la commune. Trois  cabinets d’architecture présentent une offre, dont un qui souhaite travailler avec l’ARAM (A). Mais c’est l’offre la plus « économique » (B) qui obtient le marché. Sur les critères suivants :

- coût de la mission : 60%

- références d’opérations du même type et moyen : 40 %.

La mission est le salaire de l’architecte, soit 27.000 € HT pour l’offre A, et 12.149,64 € HT pour l’offre B, qui obtient par conséquent la note 60/60, le A n’ayant que 20/60. 

La référence  par contre est favorable à l’offre A qui obtient 35/40 (pas 40/40). Soit un score total de 55/100 et se classe troisième. L’offre B obtient 65/100. Ainsi, la compétence a moins de valeur que le salaire de l’architecte. Les références sont les nombreux moulins restaurés par l’ARAM, la seule référence du B étant le moulin de Marpent, sur lequel il y aurait beaucoup à dire. C’est donc le plus incompétent qui obtient gain de cause.

Le montant servant de base au marché était de 135.000 € HT. Soit 161.460 € TTC. 

Il faut attendre 2012 pour voir un commencement d’exécution des travaux ! Le panneau réglementaire du chantier donne un nom différent du cabinet d’architecte qui a obtenu le marché, mais l’adresse est la même ! Le montant total des travaux s’élèvent à 141.860 €, sans préciser s’il s’agit du HT ou TTC. La somme est donc déjà différente par rapport au début. Que s’est-il passé durant ces quatre ans ? Le commencement d’exécution, octobre 2012, pour une durée de 5 mois. Une photographie du moulin prise en février 2013 le représente dans le même état en mai puis en juin 2013, et nous sommes déjà à 8 mois, et vu le triste état du moulin, complètement déshabillé sans pitié et sans réflexion, charpente maintenue par des planches croisées pour qu’elle ne s’écroule pas, toiture couverte par une bâche plastique, alors qu’en 2009 la robe du moulin était en parfait état, ainsi que la toiture, même s’il fallait reclouer quelques bardeaux ou même faire la couverture à la rigueur. Seuls les ailes et l’escalier étaient à refaire en totalité. C’est là qu’on voit l’incompétence de l’entreprise choisie. Peut-être sur ordre de l’architecte ? 

Les travaux sont donc arrêtés depuis au moins février. Qu’apprenons-nous en juillet ? Le coût de la restauration a fait un bond supplémentaire d’environ 200.000 €, d’après une source autorisée que nous ne citerons pas !!! Le moins cher devient le plus cher et, paraît-il, c’est légal ?!  

Et le même cabinet est déjà sur le moulin de Boeschèpe ! Un moulin en grand danger, de même les finances de la commune ! Car ici ce n’est pas un mini moulin, mais un grand moulin.

 

 

Textes : Jean Bruggeman



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