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Trois générations de Bollart vont se succéder à
la direction du moulin et le dernier, Jules, cessera son activité vers 1950. Le
moulin avait pourtant reçu un nouvel entrebut et un nouveau joug en 1947, installés
par Eugène Roos et Omer Vandenbussche. Quand en 1977, Gérard Courbot, petit neveu
du meunier, hérite du moulin, certains pensaient que ce serait un cadeau empoisonné
! Car il était alors à l'état de ruine. Mais c'était sans compter sur la farouche
volonté de son nouveau propriétaire, poussée jusqu'à l'obstination, quand il entreprend
une action ! Il n'est pas possible dans le cadre de cet article de relater les
péripéties de la résurrection de ce beau moulin. Seules les grandes étapes seront
mentionnées. Une charpente provisoire est dressée par les Compagnons du Devoir,
et recouverte de tôle par M. Courbot en 1977. Les plans sont établis par l'ARAM,
qui réussit à déloquer quelques subventions du Ministère de l'Environnement (F.I.Q.V.)
et de la Région. Crédits qui seront destinés à payer les matériaux : bois ciment,
fer. La tour, une belle maçonnerie de briques jaunes avec des soubassements et
des encadrements de porte en marbre de Marquise, est complètement révisée, repiquée
et rejointoyée par son propriétaire, artisan maçon de son métier. En 1982, l'arbre-moteur,
un superbe orme offert par l'ARAM, est débité et remplacera l'ancien, trop vieux.
La toiture est assemblée au sol, avec une enrayure en fer et le reste en chêne.
En juillet-août 1983, elle est couverte en bardeaux de châtaigner par une équipe
de Compagnons du Devoir bénévoles. Fin 1982, le rouet et la lanterne sont fabriqués
par M. Huart de Saint-Martin-au-Laert, en échange d'un travail de maçonnerie réalisé
à son moulin par M. Courbot. De la même façon, les ailes sont fabriquées sur place,
avec l'aide d'un soudeur professionnel, en 1985. Le 8 août 1987 est une grande
journée, avec la mise en place d'une nouvelle paire de meules, offertes par M.
Leleu de Blendecques, de la lanterne et de la calotte tournante. Le moulin a déjà
fière allure et les pessimistes du début sont abasourdis lorsque les ailes sont
installées les 25 et 26 septembre suivants, toujours par son propriétaire, avec
l'aide de quelques amis aussi mordus que lui. Le travail se poursuit par la révision
complète du mécanisme intérieur. Et en avril 1990, M. Courbot peut enfin réaliser
fièrement sa première production de farine. |