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Le Moulin de Port-Louis (Ile Maurice)
Port-Louis.-

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Moulin de Port-Louis

 

Comme chacun sait, la notoriété de l’ARAM Nord-Pas de Calais a largement dépassé les frontières régionales et même nationales. C’est en effet un résultat de notre longue expérience et de notre efficacité. Ainsi une importante société de travaux publics, basée à Bruxelles mais ayant des chantiers dans le monde, la société CFE nous a sollicités pour la conseiller et l’aider à restaurer un moulin à vent situé à Port-Louis Waterfront.

Cette réhabilitation fait partie d’un complexe touristique de loisirs et commercial très important à front de mer initié par la State Property Development Company Ltd, dont le Président et M. S. Boolell.

Parmi un ensemble de constructions tout neuf d’une architecture moderne, très variée et colorée, dans un environnement de grande qualité, se trouve un moulin à vent dont il ne reste que la tour [1]. La SPDC souhaitait rénover le moulin dans un but pédagogique, en état de fonctionnement, et même d’y ajouter un petit musée dans un bâtiment ancien, proche du moulin, à rénover également.

La CFE, chargée de la mise en œuvre, a fait réaliser les plans par un de ses collaborateurs, M. Eelbo, et fait faire les travaux par des sous-traitants mauriciens, dont l’entreprise Fit-Out pour le travail du bois.

Le rôle de l’ARAM fut de contrôler les plans, de les corriger et les compléter dans un premier temps, puis de se rendre sur place pour conseiller et superviser.

Les premiers contacts ont lieu en mai 1998, plusieurs réunions de travail sur les plans se tiennent en juin et juillet entre M. Eelbo et Jean Bruggeman. Au fur et à mesure de l’avancement, les plans sont expédiés à l’Ile Maurice, permettant aux entreprises de commencer les travaux de menuiserie et de charpente.

Et puis c’est le départ pour l’Ile Maurice, le 29 août, entièrement pris en charge par CFE. Après onze heures d’avion, sans escale, arrivée à 10 heures (12 heures heure locale). Accueilli à l’aéroport par M. Etienne Brehain, responsable de la société CFE sur l’Ile, Jean Bruggeman est conduit à l’hôtel Labourdonnais.

Dès l’après-midi, une visite du moulin permet de voir l’avancement des travaux. La toiture est en cours d’achèvement au sol. Les menuiseries sont prêtes à être fixées, les meules (provenant de France et fabriquées à la Ferté-sous-Jouarre) sont posées sur un lit de poutres à l’étage.

Dès le lendemain matin, les contacts sont établis avec les différents intervenants, chefs de chantiers et collaborateurs de M. Brehain, en particulier M.M Balbolia et Naiken.

Une visite du chantier, en pleine activité, a lieu et tout de suite, c’est l’occasion d’éviter des erreurs en donnant des indications sur la marche à suivre pour achever le pignon de vent qui est une partie assez difficile à réaliser.

Dans l’après-midi, visite de l’atelier Fit-Out, où le rouet est presque achevé. C’est une très belle œuvre bien réalisée, avec des dents en bois de rose, de même que les fuseaux de la lanterne.

Puis visite de l’entreprise de chaudronnerie où se termine la fabrication du noyau métallique de l’arbre-moteur. Mais une mauvaise interprétation du plan a provoqué une erreur, qui sera rectifiée dès le lendemain.

Dans la soirée, les plans des ailes sont revus suite à la modification apportée à la tête des ailes. Les jours suivants sont consacrés à suivre les travaux, donner toutes les informations techniques pour la réalisation des ailes, des archures, du système de trempure, etc. en fonction de ce qui existe et des poutres disponibles.

Le 3 septembre, nous sommes interviewés par un journaliste du Mauricien, et par la télévision locale lors d’une conférence de presse à laquelle assistaient des personnalités dont le Président de la SPDC, l’architecte mauricien et le meunier des Moulins la Concorde.

Le retour s’est effectué sans encombre, sous la pluie à Paris, et une belle averse à Lille…

La calotte est installée peu après et des précisions sont envoyées le même mois pour permettre l’achèvement de la mise en place du frein.

Au début décembre, la S.P.D.C. nous demande par l’intermédiaire de M. Brehain de leur transmettre une proposition de formation d’un meunier, ainsi qu’un petit manuel de fonctionnement pour ce dernier.

Notre proposition étant acceptée, le séjour sera cette fois-ci de deux semaines : la première à charge de la CFE pour contrôler et corriger les éventuels défauts et la seconde à charge de la SPDC pour former une équipe de trois « meuniers ». Ce départ pour l’Ile a lieu le 13 mars 1999 et l’arrivée le lendemain à 13h05 après 11 heures de vol.

Les défauts sont vite répertoriés. Le frein qui avait été exécuté selon les directives est cependant démonté pour adapter les articulations et le rendre plus souple, et on décide de démonter la lanterne, les archures et de soulever la meule courante pour examiner le boîtard et l’état des meules.

C’est l’occasion de constater que le gros fer serre trop fort dans l’anille et son manchon. Un coup de meulage est donné à la fourche du gros fer. La meule est bien équilibrée, le petit ne flotte pas trop dans le boîtard, les meules demandent à être rhabillées, mais ce sera pour plus tard. On remet tout en place.

Le 19 mars, le frein fonctionnant correctement, on fait tourner les ailes, avec le moteur ! Mais le système mis au point par la société n’est pas tout à fait fiable et il faudra beaucoup de tâtonnements pour qu’il fonctionne.

Les travaux reprennent la semaine suivante, les voiles blanches après rectification sont installées par les « meuniers » qui ont assisté aux opérations pour mieux comprendre la composition du moulin et son fonctionnement.

Le 25 une réception et une présentation sont organisées par la SPDC. Les meuniers du moulin de la Concorde, sont présents et nous nous fixons rendez-vous le lendemain matin pour une visite de la minoterie très moderne et encore en travaux d’agrandissement.

C’est l’occasion de découvrir des plans du 18e siècle de divers moulins, à scier les planches, à poudre, et du moulin à vent restauré. Plan que nous n’avions pas en notre possession, et qui correspond exactement à ce qui a été réalisé.

Dans le même temps, un musée était aménagé par M. Catinier, composé de divers objets, dont des petites meules à mains en basalte, et de photos de moulins de France aux ailes semblabes à celles du moulin de Port-Louis.

[1] Le moulin était construit mais inachevé lorsque le nouveau gouverneur, Mahé de La Bourdonnais, débarqua à l’Ile de France en 1735. C’est lui qui acheva la construction et qui érigea le port et la ville.

Textes : Jean Bruggeman



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