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Le Moulin de Lugy
Lugy (62)

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[Bibliographie]
Liste des moulins


 

Le moulin est antérieur à la Révolution. Il ne figure pas sur la carte de Cassini, mais un vieux moulin est cité dans la description du plan terrier de 1768. En 1112,  Arnould, seigneur d’Hézecques abandonne aux religieux d’Auchy le droit d’établir un moulin à Lugy, et des meuniers sont cités en 1693.  En 1845 il appartient à Pierre-François Bulot et possède deux paires de meules. Son fils le reprend en 1869, la maison est reconstruite en briques et pannes vers 1870 et ne forme plus avec le moulin qu’un seul corps de bâtiment. En 1901, le propriétaire est Alexandre Ricquez-Bulot, puis Paul Ricquez-Biennaimé, qui le transforme complètement en 1929. Les vannes passent de quatre à trois, en fer, et les meules sont remplacées par des appareils à cylindres. Il cesse de fonctionner en 1956, le meunier étant parti pour acheter un moulin plus important. La roue avait été remplacée par une petite turbine. 

Le moulin est situé à l’écart du village, dans un site enchanteur. La traxène au débit régulier l’alimente encore, dont les vannes subsistent ainsi que la turbine, mais tout le matériel intérieur est disparu. Le moulin aux murs en briques et couvert en panne est converti en habitation. La construction en elle-même ne présente pas d’intérêt particulier, mais le site, la chute avec ses vannes et son déversoir incitent à donner envie de faire revivre le moulin.  

 En 1988, le propriétaire précédent contacte l’ARAM pour avoir des conseils, mais ne fait rien. C’est le nouveau propriétaire, Bernard Delrue et son épouse, qui rachète le moulin en 2003, mais dès l’année précédente ils s’engageaient déjà dans les recherches documentaires aux archives. L’ARAM est de nouveau contactée, ainsi que plusieurs entreprises pour faire des devis de reconstruction de la roue. Le but des propriétaires est de redonner une roue au moulin pour produire de l’électricité, d’aménager un gîte rural et un centre équestre dans les dépendances, pour des week-ends de loisirs, et enfin de remettre en activité le four à pain pour fabriquer du pain biologique. 

Les travaux 

L’association « Deux mains comme autrefois » est créée en 2003, le débroussaillement est entrepris, clôtures et boxes pour les chevaux, atelier de bricolage et déblaiement du coursier de la roue. En novembre 2004, l’arbre d’une roue avec ses flasques en fonte est acheté à Blendecques et adapté à la situation nouvelle. Le plan de la roue est dressé. La turbine est enlevée en 2005. Les murs sont rénovés, les vannes en fer sont démontées et les crics et crémaillères sont également rénovées. En 2006, les poteaux des vannes sont renouvelés en chêne, et une passerelle aussi en bois est construite. La vanne motrice et la grille de protection sont installées en octobre. La roue est fabriquée dans les ateliers de la société SEIM (Société  Européenne d’Intervention Mécanique) à Bourbourg, en fer, avec bras en chêne et palettes en bois de pin. Les vannes en douglas sont montées en janvier 2007 et les premiers essais de remise à eau du bief dans sa hauteur légale sont effectués. La roue est assemblée sur place en janvier et février, et les premiers essais sont exécutés en mars. Elle tourne à vide pour l’instant, à 12 tours minute, et l’installation pour produire l’électricité se met en place petit à petit. C’est donc un nouveau lieu de vie qui renaît dans la belle région des Sept Vallées, grâce à l’enthousiasme de ses propriétaires et leurs amis qui les ont bien entouré.  

 

Textes : Jean Bruggeman



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