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 lLe moulin de l'Abbaye
Maroilles (59550)

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Moulin de Maroilles

 

Un titre du XIe siècle, jalousement conservé dans les archives de l’abbaye, fondée en 671 par Humbert, constatait la banalité du moulin. C’est dire l’ancienneté de ce superbe moulin, l’un des plus beaux de la région. Nous ne pouvons que parcourir à grands pas l’histoire de cet édifice au riche passé. Une pierre datée 1575 porte les armes de l’abbé Frédéric d’Yves, l’un des plus célèbres, qui régna sur l’abbaye dès l’âge de 23 ans, de 1564 à 1599.

Il reconstruit le moulin, qui fut agrandi en 1634 sous le règne de dom Simon Bosquier, et reçut son troisième tournant en 1770 à l’époque de Maurice d’Offergnies.

La Révolution fit des ravages à Maroilles : l’abbaye fut très rapidement saccagée, puis détruite.Le moulin fut acheté plusieurs fois et finalement adjugé à Pierre-François Boucher, le 23 janvier 1792, alors qu’Alexandre Boucher avait acquis en 1791 les étables et les jardins qui l’entouraient, ainsi que quelques pâtures.

Lorsqu’il est réglementé le 25 février 1838, le moulin a encore ses trois roues. Le 9 août 1865, comme tous les moulins des deux Helpes, il est de nouveau réglementé.

Le vendredi 27 septembre 1889, vers trois heures et demie du matin, un incendie épouvantable, attisé par un vent violent, le détruit en quelques instants. La petite maison attenante en réchappe cependant, avec le mobilier, des objets de valeur et des papiers. Le meunier, Severs, perd tout. Deux mois auparavant, le 16 juillet, s’était produit un affreux accident : un garçon de 11 ans, tombé accidentellement dans la roue, avait été broyé.

Le moulin ne fera plus de farine, il devient la propriété de la tannerie qui a également échappé de justesse à l’incendie. La Société Anonyme des Tanneries et Corroieries Maillard et fils le transforme en usine électrique. Le 25 mai 1899, elle sollicite auprès de la préfecture l’autorisation de remplacer la roue par une turbine. Le 30 septembre 1907, un traité de gré à gré est conclu entre la mairie et Evence Maillard, directeur, pour la fourniture de lumière électrique au village.

Après la guerre, le bâtiment sera converti en appartements, puis un restaurateur l’achète pour en faire un restaurant, qui sera incendié le 24 mars 1986 et une deuxième fois, le 3 janvier 1987. Le 8 mai 1988, il est en vente aux enchères et le 3 juin, acheté par M. et Mme Liénard-Cavrois.

Ce sont eux qui vont le sauver après tant d’années d’abandon et de décrépitude. Inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques le 16 mars 1977 et faisant partie des Sites, inscrit le 15 septembre de la même année, des subventions sont accordées par l’Etat, auxquelles s’ajoutent celles du Conseil Général et du Conseil Régional. Mais c’est quand même l’apport personnel des propriétaires qui peut permettre d’entamer une rénovation très profonde : injection de ciment spécial dans les fondations au pied de l’eau, reprise des maçonneries, reconstruction de la charpente et d’une couverture en ardoises naturelles, pose de nouvelles fenêtres, etc.

La turbine est remise en marche et produit le courant nécessaire au chauffage du bâtiment. En 1995, le rêve des propriétaires de fabriquer une roue telle qu’elle l’était sous l’ancien régime, va se réaliser. Une fois les plans dessinés par Jean Bruggeman, la roue est fabriquée dans l’atelier de l’ARAM avec l’aide de deux artisans belges, M. De Cartier et M. Depret, et un charpentier flamand, M. Vanleene. Elle est montée les 27 et 28 novembre avec l’aide de Jacques Liénard et tourne pour la première fois le soir même sous les projecteurs.

Textes : Jean Bruggeman



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