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Le Moulin Tablette
Maubeuge (59)

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Moulin de Maubeuge
 

Englobé dans la ville, on a peine à imaginer le moulin à vent autrefois isolé dans la plaine hors des remparts. Par miracle, la tour a subsisté jusqu’à nos jours, et pourtant il y a bien longtemps que la farine ne s’y fait plus. Erigé vers 1799, le moulin a connu plusieurs propriétaires dont les derniers, les Vital Legay père et fils l’occuperont de 1840 environ à 1882 approximativement. Le dernier Vital Legay père, car le fils décédera avant lui, le cédera à la commune tout en en conservant l’usufruit. C’est donc le premier moulin à vent devenu propriété communale. Mais celle-ci ne s’en souciera guère, même si à une certaine époque deux nouvelles ailes postiches ont remplacé les anciennes.

En 1928, l’édifice étant placé dans la servitude militaire, la commune sollicite l’autorisation de le restaurer… en supprimant la toiture en poivrière, les ailes et le gouvernail, pour couvrir la tour d’une dalle de béton ou de zinc. Autorisation accordée, mais les travaux ne furent jamais réalisés à part l’enlèvement des ailes, dont le crissement sous l’action du vent empêchait un voisin de dormir !…

En 1968, lorsque j’ai dessiné le moulin pour illustrer l’ouvrage « Nos moulins, Flandres-Hainaut-Cambrésis », le gouvernail subsistait seul, appuyé contre la tour envahie par le lierre. La parution du livre en 1971-72 a suscité des articles dans la presse en faveur des moulins, mais rien n’a bougé à Maubeuge. En 1976, le directeur du Centre culturel a bien essayé d’entreprendre une action pour le sauver restée sans lendemain.

1993 sera l’année décisive qui verra le sauvetage du moulin. Un projet important de construction d’un immeuble qui sera occupé en partie par le Conseil Général pour les services de la DASS et d’appartements se concrétise de plus en plus, et la ville sollicite auprès du Préfet l’autorisation de démonter le moulin. Aussitôt, un groupe de personnes se mobilise autour de Didier Vasseur et crée l’Association de sauvegarde du moulin Tablette. L’ARAM est sollicitée pour faire part de son expérience. L’Association est créée en juillet. En août le permis de démolition est refusé par le Préfet, une demande de l’Association appuyée par l’architecte des Bâtiments de France. Un premier contact de l’Association a lieu en septembre avec la mairie, puis en novembre et les mois suivants toute une série de démarches font progresser les choses.

Les plans de reconstruction sont exécutés par l’ARAM en 1994, les premiers travaux sont entrepris la même année, en collaboration avec l’Association Accueil et Promotion et la ville de Maubeuge, puis en 1995 avec la Fédération Compagnonique des Métiers du Bâtiment. La tour est démontée jusqu’à hauteur du premier étage, l’ossature en bois est refaite et installée le 10 juin 1995. Dans le même temps la construction de l’immeuble, qui a été reculé de quelques mètres, mais pas suffisamment, se poursuit.

En 1996, la tour est reconstruite. La toiture est réalisée par les Compagnons, à Jeumont, en 1998-99 ainsi que l’arbre-moteur en azobé avec tête à l’ancienne. Le 13 avril 1999 la calotte tournante et la queue sont installées. Les meules, provenant du stock de l’ARAM, sont également placées dans le moulin. Les ailes fabriquées à Cerfontaine, à quelques kilomètres de Maubeuge, métallisées à Seclin, lattées par les charpentiers Peel sont installées le 16 juin. La finition et mise en route des ailes et de la meule se fera en 2000, qui verra donc l’achèvement d’une longue épopée. L’inauguration a lieu le 15 septembre 2000.

Caractéristiques techniques

Tour de forme tronconique en brique, dont la curiosité réside dans son ossature octogonale en bois englobée dans la maçonnerie. Seul exemple connu à ce jour. La charpente est apparente intérieurement. Les dimensions de la tour sont assez restreintes : hauteur : 8,54 m, diamètre extérieur à la base : 6,15 m et au sommet : 4,04 m.

Toiture refaite à l’identique grâce aux nombreuses cartes postales le représentant. Seule la queue a dû être modifiée à cause du bâtiment voisin. Ailes en fer de 19,20 m d’envergure. Une paire de meules.

Textes : Jean Bruggeman



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