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Le Moulin Blanc Ostiches (Belgique)
Ostiches (7804)

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Moulin de Ostiches
 

Etabli sur une hauteur, le long du Chemin d’Ath à Flobecq (parcelle cadastrale section B 241). C’est un moulin-tour en brique de forme tronconique, construit sur une butte artificielle, retenue par un mur de briques. C’est à partir de cette terrasse que la calotte avec les ailes est orientée face au vent. Une porte d’accès est percée à travers la butte au niveau du rez-de-chaussée. La construction remonte à 1789 lorsque Jean-Baptiste Deltenre, censier, a obtenu l’octroi indispensable.

Le moulin est resté en activité jusqu’à la veille de la deuxième guerre mondiale. On connaît les noms de quelques meuniers. Ainsi, dès le milieu du XIXe siècle, Charles Nokerman (né à Flobecq en 1826) est ouvrier-meunier et oscar Auguste, son fils (né à Ostiches en 1857) est meunier dès la fin des années 1880. Il le restera jusqu’en 1900 environ. Il n’a pas renouvelé le bail du moulin parce que les propriétaires ont refusé de placer une tête en fonte pour fixer les ailes.

Télésphore Choquet (né à Bouvignies en 1845), agriculteur à Ostiches, a repris le moulin au début du XXe siècle. Son fils Amédée (né à Ostiches en 1896) est le dernier meunier au lendemain de la première guerre mondiale. En 1950, le « Blanc Moulin » avait perdu ses ailes et la calotte était déjà en mauvais état. Il restait l’arbre-moteur avec sa tête métallique, le rouet et la lanterne ainsi que l’arbre montant et quelques éléments de la charpente.L’ensemble a été classé comme monument par le Ministère de la Communauté Française sur proposition de la Commission Royale des Monuments et des Sites (arrêté du 20 avril 1982).Un propriétaire privé a envisagé de transformer le bâtiment en habitation mais il a abandonné.

L’acquisition par la ville d’Ath a été décidée par le conseil municipal le vendredi 6 février 1998 pour une somme de 625 000 FB. Les travaux ont été subventionnés par la Région Wallonne à hauteur de 75%.

Avant même de signer l’acte d’acquisition, la ville contacte l’ARAM, sur les conseils du meunier de Moulbaix, Joseph Dhaenens. La première rencontre se tient au pied du moulin le 14 décembre 1997. Etaient présents les principaux acteurs qui vont concourir à la résurrection du Blanc Moulin : Bruno Vangrotenbrulle, bourgmestre, Marc Duvivier, secrétaire communal, Jean-Pierre Ducastelle, archiviste d’Ath, Jean-Pierre Navez, architecte athois, Joseph Dhaenens et Jean Bruggeman.

Dans l’enthousiasme général, les premières idées surgissent pour savoir quelle direction prendre pour ce vaste chantier qui se présente. En effet, tout est à faire, et même à refaire, car les travaux de maçonnerie effectués quelques années auparavant sont complètement ratés. Un premier échéancier est établi, avec l’an 2000 pour la date d’inauguration.

Une association momentanée est formée entre Messieurs Navez et Bruggeman. Le premier est chargé de la réfection de la tour, des menuiseries, des aménagements sanitaires et environnementaux. Le second de la partie technique : charpente des étages et de la toiture, mécanisme, meules, ailes.

Le 9 janvier 1998, l’architecte se rend à Villeneuve d’Ascq pour définir les modalités du contrat. Le 27 janvier, l’arbre-moteur est enlevé, puis l’ensemble complet de la toiture à chaise et l’arbre vertical. Le 17 février, une nouvelle réunion importante a lieu avec des responsables de la région Wallonne qui souhaitent une restauration intégrale, avec la restitution des quatre paires de meules comme à l’origine. Le 18 mars, le contrat d’auteur de projet entre la ville d’Ath et l’association momentanée (ARAM-architectes) est signé.

En octobre, les adjudications sont lancées pour le lot n°1 : gros œuvre. En novembre, pour le lot n°2 : charpente, mécanique. Le choix des entreprises intervient définitivement le 25 janvier 1999, après accord des autorités communales et régionales. Le lot n°1 est dévolu à l’entreprise Dherte en association avec la SPRL Laurent et le lot n°2 à l’entreprise H. et G. Peel.

Ainsi dans la même année de l’acquisition du moulin par la ville d’Ath, les plans et les dossiers sont constitués , les subventions accordées et les entreprises choisies. La restauration proprement dite peut commencer. Rares sont les dossiers si rapidement menés. La date officielle du début des travaux est fixée par la ville au 6 avril. Toutes les entreprises, architectes et représentants de la ville sont présents à la réunion préliminaire qui se tient le 31 mars, afin de définir un planning des travaux. Mais c’est le 9 avril que prend véritablement le départ des opérations avec la pose officielle de la première pierre par M. Collignon, Ministre Président de la Région Wallonne et M. Vangrotenbrulle, bourgmestre d’Ath, en présence d’une nombreuse assistance et des médias.

Les travaux vont s’enchaîner rapidement. La tour est dégagée de sa motte en argile puis restaurée,  les murs refaits dans le courant de l’année 1999 jusqu’en mai 2000. La calotte est installée sur la tour le 25 mai 2000 et les ailes sont montées le 29 juin de la même année. Toute la mécanique intérieure, la pose et l’aménagement des quatre paires de meules ont été exécutés par Eric Vanleene.

C’est un moulin flambant neuf qui est inauguré le 1e juillet 2000.

 

Textes : Jean Bruggeman



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