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Steenmeulen
Terdeghem (59114)

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Steenmeulen Terdeghem
 

Une pierre à la base de la tour porte l'inscription " 1864 DMEY ". Il s'agit de sa date de construction, suite à la tornade qui avait renversé la précédent moulin sur pivot. Le propriétaire était Dominique Demey et le constructeur Jean Decat de Staden (Belgique). Dans la même pâture se trouvait également un tordoir qui brûla vers 1870. Le nouveau moulin broiera également les graines oléagineuses, mais durant peu de temps. C'est un grand moulin, avec les plus longues ailes de Flandre (24,70 m) et trois paires de meules.Les propriétaires successifs seront Armand Masson-Demey (1877-1912), Jérome Vienne-Lannoote (1912-1949) et enfin Michel Markey, l'actuel meunier qui y travaille depuis 1938. 

C'est d'ailleurs lui qui cette même année, réinstalla les ailes, fabriquées par la firme Verhaeghe-Decuyper de Ruddervoorde (Belgique), et c'est Lucien Rousseau d'Arnèke, qui les habilla. En 1948, le chemin de roulement, comprenant des roues en bois d'un diamètre d'environ 30 cm, est remplacé par un nouveau, garni de roues en fonte plus petites. La tour est, à cette occasion, rehaussée de trois briques, la toiture soulevée et maintenue avec des vérins en bois. Passionné par son métier et amoureux de son moulin, Michel Markey fut le dernier de la région avec Abel Deschodt à moudre le blé panifiable (arrêt en 1963), et le dernier à écraser les graines secondaires. Toujours aux petits soins pour son moulin, il n'aurait jamais eu besoin du concours de l'ARAM, si un malheureux accident, imprévisible, n'était survenu le 3 novembre 1980. Ce jour là, alors que les ailes tournaient normalement, l'une d'entre-elles se brisa et arrêta net sa rotation. Inscrit dans les Sites le 17 avril 1970 et à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques le 24 octobre 1977, le moulin peut heureusement bénéficier de subventions des deux ministères. Par ailleurs le délégué Général de Rempart, Patrick Arnould, participa aux frais, grâce à des fonds débloqués par le Ministère de la Culture. La Région participe également mais la commune, à qui une demande symbolique avait était adressée, refuse. Le plan de financement n'est pas complet et l'apport personnel du meunier, quoique important, est insuffisant. C'est son fils, Joseph, qui va sauver la situation, du fait de sa profession, contremaître dans une grande usine de mécanique générale. Après quelques réunions de travail, conseillé par l'ARAM qui réalise les plans, il attaque la réalisation des deux grandes verges métalliques de 24,70 m. de long, dont les éléments seront soudés sur place. Tous ses congés y sont consacrés et une vingtaine d'ouvriers participeront également bénévolement à cette œuvre, menée à bien en août 1981. L'habillage des verges sera réalisé par les charpentiers Peel, en janvier et février 1982, et le 18 février elles sont mises en places. Le même jour et en guise de remerciement, les anciennes ailes sont offertes à l'ARAM et transportées à Villeneuve d'Ascq, où elles figurent en bonne place au Centre Régional de Molinologie, comme exemples d'ailes rivées selon le vieux système. Une fête est ensuite organisée par le meunier et sa famille, le 1e mai, pour célébrer cet événement. Quelques années plus tard, l'ARAM décide d'entreprendre les démarches pour redonner une nouvelle toiture au moulin. Les recherches de financements sont lancées en 1996 par l'Association des Amis du Steenmeulen, et en 1997 la toiture est entièrement renouvelée par les charpentiers Peel. Quelques temps après, le fils du meunier, Joseph, et son épouse, Véra, ont repris le moulin en main et installé un superbe et riche musée dans la grange. Depuis le moulin est devenu l'un des sites touristiques les plus dynamiques de la région.

Textes : Jean Bruggeman



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