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Le Moulin Tellier
Yaucourt-Bussus (80135)

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 Moulin de Yaucourt-Bussus

 

La tour cylindrique en pierre blanche, datant probablement du XVIIe siècle, est située sur le territoire de Yaucourt-Bussus. Très abîmée au cours des siècles, de nombreuses parties avaient été refaites en briques. La base est en silex. Elle était en ruines quand un groupe de passionnés du patrimoine du village voisin, Bussus-Bussuel, décide de le sauver. En 1994, la tour est entièrement reconstruite en pierre par un groupe de RMIstes, dirigés par un tailleur de pierre dans le cadre d’un chantier de réinsertion sociale. L’encadrement est financé par le Conseil Général de la Somme et les travailleurs par la direction départementale du travail et de l’emploi. Les pierres de craies proviennent des anciennes carrières de phosphate de Domqueur, et de divers bâtiments.

L’encadrement est financé par le Conseil Général de la Somme et les travailleurs par la direction départementale du travail et de l’emploi. Les pierres de craies proviennent des anciennes carrières de phosphate de Domqueur, et de divers bâtiments.

Le 28 juin 2002, la municipalité de Bossus-Bussuel a décidé à l’unanimité de restaurer le moulin. Les premiers contacts sont pris le 28 août avec le responsable, Bruno Carlier. Une estimation du coût des travaux est établie et les plans sont réalisés en juin 2003. Il reste maintenant à trouver le nerf de la guerre, le financement.

La commune de 250 habitants n’a évidemment pas les moyens d’entreprendre seule une telle opération. Les demandes de subventions sont lancées et des animations sont organisées pour recueillir des fonds. Un rapprochement avec une commune du Kent, Margate, est noué dans le cadre d’un programme Interreg III A. Enfin, les finances pour attaquer une première tranche sont réunies. Les appels d’offres sont lancés en mai 2005. C’est le charpentier Eric Vanleene qui obtient le marché pour sa partie, et qui reçoit l’ordre de commencer les travaux le 3 mars 2006. Le 21 avril, une réunion pour faire le point se tient au bureau de l’ARAM, en présence du maire, de Bruno Carlier, de plusieurs membres de l’association et du charpentier. Celui-ci informe qu’il lui faut un délai plus important car il est surchargé de travail. Le maçon, par contre, peut entamer la prestation, car un chaînage en béton armé est indispensable au sommet de la tour. La convention qui lie la commune à l’ARAM est signée ce même jour. Le 26 mai, l’ordre de service est également signé, pour une fin des travaux fin juin 2007.

En juillet 2006, Eric Vanleene attaque les deux niveaux, installation des poutres et du solivage afin de permettre au maçon de travailler sans échafaudage intérieur. En novembre, les menuiseries sont installées et les planchers achevés.

C’est en plein hiver 2006-2007 que l’entreprise Techer entreprend de construire le couronnement du moulin en brique et béton armé.

Le chantier reprend au printemps. En juin la charpente est assemblée au sol et recouverte de bardeaux. Selon le vœu de la municipalité chaque habitant a apposé ses initiales sur un bardeau, et pour  ceux qui ne pouvaient se déplacer, les membres du conseil municipal sont passés pour qu’ils puissent inscrire leur message. Les escaliers sont posés, quelques arbres ont été coupés.  

Le grand jour a lieu le 3 juillet avec le levage de la calotte tournante sur la tour, qui entre-temps a reçu son chemin de roulement, offert par le charpentier. Le maire, Michel Luce, a tenu à ce que les enfants du village assistent à l’événement. A l’heure H tous les écoliers et écolières, qui sont venus à pied, peuvent admirer la maîtrise avec laquelle le charpentier Eric Vanleene et le grutier ont réalisé l’opération. Le ciel est gris, la mise en place de la grue est longue, les journalistes et la télé régionale font leurs interviews, et à midi, au moment où la grue de 140 tonnes soulèvent la toiture, le soleil fait une percée, faisant la joie des nombreux photographes. Et c’est sous les applaudissements que s’achève avec succès la délicate opération. 

La réception provisoire se tient le 1er août près du moulin, suivi d’un casse-croûte. Et le 25 août c’est l’inauguration du moulin, sous un ciel clément. Les chapiteaux sont dressés, dont l’un abrite une exposition organisée par l’association des Amis des Moulins Picards. Le président de l’association des Amis d’Hémimont-Moulin ouvre les discours, suivi du maire et des personnalités politiques de Picardie. La présidente de la FFAM était présente, ainsi que des représentant de Margate (Kent). L’association locale avait en effet collaboré dans un programme Interreg III A avec l’association du moulin de Margate, ce qui lui avait permis de bénéficier d’une subvention européenne.   

Le 4 septembre, la réception définitive des travaux est signée, achevant cette première tranche. La maîtrise d’œuvre assurée par J. Bruggeman, sans architecte, permet ainsi à la commune de réaliser une substantielle économie. Le président Luc Abend, avait bien fait sentir, dans son discours et par la mise en scène, que le moulin n’a pas encore d’ailes … Ce n’est plus qu’une question de temps.

 

 

 

Textes : Jean Bruggeman



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