Pas-de-Calais

Hesdin

     

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étendue du carillon de Hesdin : 13 cloches - 989 kg

 

oct. 2

octave 3

octave 4

octave 5

octave 6

octave 7

oct. 8

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échelle de comparaison ci-dessous : carillon du beffroi de Douai : 62 cloches - 18.000 kg

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f grave                               O : cloche présente   -   O : cloche absente                     aigü  g
 

pour info ci-dessous : 1 octave chromatique = 12 cloches = 12 notes

do

do#

ré#

mi

fa

fa#

sol

sol#

la

la#

si

Instrument classé au titres des
Monuments Historiques
le 1er décembre 1913

Le carillon d'Hesdin, un des trois carillons de notre région protégés au titre des Monuments Historiques, ne s'est pas toujours trouvé dans le clocher de l'église Notre-Dame.
De même, il n'a probablement pas toujours connu la composition qui est la sienne aujourd'hui. Entre le beffroi communal, l'église paroissiale, l'église des jésuites, la Collégiale... les cloches ont été déplacées, en fonction des besoins, des événements, des alliances, des guerres et autres terreurs. Il semble même qu'à la Révolution, on ait brisé les cloches de la paroisse, de la Collégiale pour en expédier les morceaux à la Monnaie de Douai, mais que les clochettes du carillon aient été respectées, ainsi que l'ancienne cloche du beffroi, qui aurait été transportée... dans l'église paroissiale
" pour servir à sonner l'ouverture et la fermeture des portes" !

Par les comptes de la ville et les registres de catholicité, nous savons que Pierre de Ransart et Martin Heuwin, fondeurs itinérants de l'audomarois (Saint-Omer), ont été sollicités à différentes occasions à la fin du XVIe siècle :

"Pierre de Lespine, paiez et délivrez à Wallerand de Boubers la somme de quarante pattars qu'il a paie pour Me Martin Heuwin fondeur de cloches demeurant à Saint-Omer faisant le marché de sept aultres petittes cloches pour servir d'apeaulx à l'orloge du beffroy dudt Hesdin, lesquelz se doi-vent rabattre sur le dernier paiement dud. marchet d'icelles clochettes dont ladicte somme vous sera allouée en voz comptes raportant ceste, pour le rabattre aud. Me Martin sur ledict dernier paiement. Fet le XXIIe de juing (M CCCCC) LXXIX".

Aujourd'hui le carillon est situé dans le clocher de l'église Notre-Dame, disposé sur des fermes en bois faisant le tour de la base de la flèche. Le système de tintement manuel est abandonné depuis quarante ans au profit d'électro-tintements dont la restauration est nécessaire.
Sur 13 cloches, 5 ont été fondues par Martin Heuwin en 1580, 7 par Gorlier (Frévent) en 1829. La dernière qui date de 1642 n'est pas signée, elle porte une inscription fort difficile à lire en caractères peu saillants, les « n » contreposés, les fins de lignes confuses et sans aucun signe de séparation, sauf la croix initiale de la première ligne :

+ A L'HONNEVR DE DIEV ET De LA VIERGE MARIE PAR VEVS DE NOBLE Sr MESSIRE IEAN VANDER STOGT ET NOBLE DAME IEANNE DE GVISELIN Sr ET DAME DE SCAGVE GOVDTSCHEVRE EGT 1642

Les cloches d'Hesdin et Henri IV : ouvrir

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Eglise Notre-Dame

13 cloches

fondeurs

HEUWIN-MARTIN (1580)
GORLIER (1829)

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poids total 989 kg
tessiture si4, do5, ré5, mi5, fa5, fa#5, sol5, la5, la#5, si5, do6, ré6
battants extérieurs - boules fonte d'acier vissées sur tige

installation

commande manuelle (HS) clavier manuel 14 touches
transmission électrique
automatique électrique tambour à disque BR Bodet (1975)

audition

ritournelles de 8 h. à 20 h.

Les archives de Bures-en-Bray (Seine-Maritime) rapportent cette petite histoire :

A l'époque où Henri IV, occupé à conquérir son royaume, bataillait à Arques, il vint plusieurs fois au manoir de Tourpes, situé sur la paroisse de Bures. Pressé par Gabrielle d'Estrées de se faire catholique, il lui demanda si elle allait souvent à la messe de sa paroisse, elle qui paraissait se montrer si fervente.
- Rarement, répondit-elle, la cloche est si petite que je ne l'entends pas sonner.
- Ventre-saint-gris ! répartit le Roi, s'il y a de belles cloches dans la première ville dont je me rendrai maître, elles seront pour Bures.

Peu de temps après cet entretien, Henri prenait Hesdin, et envoyait à Bures quatre magnifiques cloches qui y sont restées jusqu'en 1793, ainsi que la petite cloche, nommée Bertine, de laquelle Gabrielle d'Estrées se plaignait à Henri IV.

L'anecdote est jolie ; malheureusement elle est apocryphe. Henri IV n'a jamais pris Hesdin qui est restée espagnole jusqu'en 1639.
Peut-être Bures avait-il hérité de cloches enlevées à cette dernière par La Meilleraye ; mais en ce cas le Vert-Galant n'y est pour rien. Aujourd'hui comme hier, sans se soucier des amours de Gabrielle d'Estrées et d'Henri IV, le carillon d'Hesdin chante un air bien connu dans la région : « din l'cuin d'min fu ».