"Le vendredi 16 février 1917, à quatre heures de l'après-midi, la commandantur a notifié à la Mairie qu'un ordre général de l'armée prescrivait l'enlèvement des cloches et que le travail commencerait le 19, à Ascq. Le 18, le commandant d'Ascq recevait une lettre de M. le Curé, protestation polie mais ferme. Avant d'être expédiée, elle avait été mise sous les yeux de Monseigneur Charost qui l'approuvait en la déclarant conforme, quant aux idées, à celle qu'il venait d'envoyer à Von Heinrick, gouverneur de Lille. Le commandant d'Ascq n'a pas répondu à cette protestation et dès le lundi matin les soldats ont commencé l'opération sacrilège qui a duré trois jours et pour laquelle il a été fait appel vainement à l'aide des habitants. Le 22, les trois cloches ainsi que les neuf clochettes du carillon ont été déposées dans le jardin Dupire-Lemaire et quelques jours après elles ont été expédiées à Lambersart. Durant la journée qui a précédé leur transport beaucoup de personnes visiblement tristes allèrent leur faire des adieux comme devant une tombe. Plus d'une personne a pleuré". Extrait du journal du Chanoine Rogé Ces quelques lignes décrivent avec précision ce qu'un autre curé d'Ascq écrivit cent trente ans plus tôt, en pleine tourmente révolutionnaire : « in a dépindu les cloques ». Le carillon en place aujourd'hui, fondu par Ernest Leduc à Blanc-Misseron, petite fonderie familiale aujourd'hui disparue, située près de Valenciennes, est disposé sur un beffroi à deux niveaux à l'aplomb des cloches de volée, fondues par Jean Bollée à Orléans en 1966.
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