RENARDS, CHIENS et CHATS

et

ECHINOCOCCOSE ALVEOLAIRE

 

par Hervé Dizy

 

 

hdizy@nordnet.fr

tél :06.79.14.01.22

 

septembre 2003 (révision 2.7)

 

 

œuf échinocoque

200 µm

A)     Le ver échinocoque1 et sa larve

B)     Modes de contamination humaine

C)     Taux d’infection

D)     Moyens de lutte

E)      Recommandations dans les zones endémiques

F)      Thérapeutique

G)    Polémiques autour de la présence des renards

H)     Plan global de gestion scientifique des espèces

I)        Etude et Suivi des Renards en Ville à Annemasse

J)        Lexique

Conclusion

 

 

 

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L’échinococcose alvéolaire ou maladie du renard est une maladie pernicieuse car l’agent infectieux2, l’œuf de l’échinocoque, est microscopique (200 µm)  donc difficile à déceler. L’œuf est très résistant au froid mais il craint la chaleur. L’œuf peut ainsi attendre deux ans entre –30°C et +30°C avant d’atteindre l’hôte3 intermédiaire4: le rongeur mais aussi l’homme.

 

D’autre part la latence du développement de la larve, de trois à quinze ans chez l’homme, rend difficile le diagnostic médical car la recherche d’une échinococcose est rarement faite en première intention. L’ennemi silencieux ronge et se multiplie dans le foie sans effet apparent car cet organe qui se régénère est très résistant, jusqu’à ce que le point de rupture soit parfois atteint. Quelques mois après la découverte des symptômes l’issue peut être fatale. La greffe du foie est le seul remède dans les cas les plus extrêmes. Mais dans 90% des cas, notre système immunitaire réagit efficacement contre la maladie. Les cas restent donc rares.

 

Générer une psychose serait tout à fait déplacé, il convient toutefois de limiter les facteurs favorisant la maladie en observant des mesures de précaution très simples que la population doit connaître. Les pouvoirs publics doivent, quant à eux, se donner les moyens  d’étudier l’extension cette parasitose et les modes de transmission à l’espèce humaine. Il ne faut en aucun cas déboucher sur des conclusions hâtives et procéder à des assimilations simplistes et réductrices vis-à-vis de la présence des renards.

 

A) L’ÉCHINOCOQUE ET  SA LARVE

Le cycle de vie de l'échinocoque se décrit en deux phases :

1) Des centaines, voire des milliers d’échinocoques adultes (de 2 à 3 mm de long) se développent dans l’intestin grêle du renard, du chien ou du chat que l’on qualifie de porteurs sains car la maladie n’a pas d’incidence sur leur santé. Le ver, au bout de quelques semaines, lâche des sacs bourrés de 200 œufs environ qui se retrouveront dans les excréments. L’animal se lèche volontiers la région péri anale et charge sa langue d’œufs qui se déposent sur son pelage. Dans le cas des chats et des chiens, c’est le maître qui serait infecté par les œufs en caressant son compagnon à quatre pattes ou en le laissant lécher un objet (assiette, nourriture) que son maître portera à sa bouche. Les œufs de l'échinocoque ne peuvent pas infecter un autre renard, un chien ou un chat car ils ont besoin d’un hôte dit intermédiaire pour poursuivre leur cycle. Ces animaux peuvent par contre être contaminants et colporter de l’un à l’autre l’agent infectieux. Ainsi un chien qui se roule dans les excréments d’un renard sera porteur d’œufs. Il ne développera pas la maladie mais il pourra contaminer son maître. Un animal ne reste pas définitivement infecté par l’échinocoque, il peut redevenir sain en quelques mois, mais peut à nouveau se réinfecter.  D'où l'intérêt de traitements antiparasitaires (vermifuges) réguliers (tous les deux ou trois mois) chez les carnivores domestiques (chats, chiens).


 

 

Œuf (Taille réelle = 200 µm)

Les images sont de Brigitte BARTHOLOMOT, Solange BRESSON-HADNI, Jean-Pierre CARBILLET et Dominique A. VUITTON, Centre Collaborateur Traitement des Echinococcoses humaines, Université de Franche-Comté, Besançon, France.

2)        Une fois ingérés par l’hôte intermédiaire (rongeurs, Homme), les œufs se retrouvent dans l’estomac. Les sucs gastriques vont alors dissoudre la coquille des œufs et libérer les larves qu’ils contenaient. Les embryons vont jouer les « passe murailles » en passant, par les voies sanguines, de l’intestin au foie. Arrivés au foie, ils se multiplient et l’infection se répand. Pour permettre son développement, chaque embryon devenu une larve va former un kyste parasitaire qui va bourgeonner dans tous les sens du terme en creusant des « alvéoles » blanchâtres, d’où le nom d’échinococcose alvéolaire donné à la maladie.

 

       Le foie va alors être comme « rongé », occupé par la larve du parasite et par la réaction de défense que lui oppose l’organisme. En effet, le parasite s’entoure d’une réaction immunitaire  dite « granulomateuse » responsable du développement d’une fibrose (le foie devient dur comme du bois et ne fonctionne plus). La fibrose autant que le parasite est responsable de la destruction du foie. Ce travail de « sape » va durer des mois (chez le rongeur) ou des années (chez l’homme), sans que l’équilibre du foie, et donc du corps entier, n’en soit perturbé, car le foie est un organe très solide qui a la capacité étonnante de se régénérer. Par contre, au fur et à mesure, chez le rongeur, les alvéoles ainsi créées ne vont mettre que quelques mois pour se remplir de milliers de petits grains contenant des formes larvaires appelées protoscolex5 qui permettront au parasite de poursuivre son cycle évolutif. 

Aspect extérieur du foie dans un cas d'échinococcose alvéolaire chez l'homme; l'aspect "alvéolaire" est particulièrement typique

 


 

Une fois suffisamment affaibli le rat, la souris ou le campagnol devient une proie facile pour le renard, le chat ou le chien. Le cycle se referme alors. Les protoscolex sont ingérés en même temps que le rongeur et deviennent des vers adultes dans l’intestin du prédateur.  Il faut signaler que les autres espèces de carnivores (belettes, hermines, etc…) de même que les rapaces, ne sont pas réceptifs vis-à-vis de ce parasite ; ils ne peuvent pas être contaminés en mangeant les hôtes intermédiaires (rongeurs)  infectés par la larve.

 

En conclusion nous dirons que l'homme est un hôte intermédiaire "accidentel" (c’est une impasse parasitaire en terme scientifique car n’étant pas mangé par un carnivore, il ne peut pas faire « tourner » le cycle parasitaire), qui peut être atteint "à la place" d'un rongeur.  Nous remarquerons que l’échinocoque n’est un véritable danger que pour l’hôte intermédiaire, le rongeur ou accidentellement l’homme (dans lequel il se fixe dans le foie où il « pousse » comme une tumeur) alors que chez l’hôte définitif (carnivore) il se localise dans le tube digestif). Il ne mesure pas plus d’un demi centimètre, et qui, même présent à des milliers d’exemplaires ne lui fait courir aucun danger. L’autopsie du renard permet de détecter ce ver mais elle nécessite un matériel spécifique dans un laboratoire spécialisé (méthode reconnue par OMS : comptage des parasites sur une portion du tube digestif après passage à – 80°C pendant une semaine. Chez l’homme,  une échographie du foie permet de déceler la présence des lésions échinocoques. Il existe des tests sérologiques6 (ELISA7, western blot) pour confirmer la maladie chez l’homme. Au moyen d’une échographie8 on révèle la présence d‘alvéoles au niveau du foie mais cet examen est fastidieux. Les organes voisins du foie sont progressivement infiltrés et des métastases parasitaires peuvent emboliser le système vasculaire et se développer à distance au niveau des poumons, du système nerveux central, des muscles, des os, etc. Ceci peut induire des récidives après la greffe d’un nouveau foie.

 

Il n'existe pas de symptômes précoces typiques permettant de suspecter l'infection. Au cours de l'évolution, des symptômes non spécifiques (fatigue, douleurs abdominales, ictère) peuvent apparaître. De fait, le diagnostic est souvent posé tardivement quand la lésion parasitaire atteint une taille déjà conséquente. La maladie évolue sur une période de 5 à 10 ans généralement. Elle implique le plus souvent le recours à une chirurgie lourde (ablation d’une partie du foie, greffe du foie) et peut malheureusement avoir pour conséquence le décès du patient.

 

 

 


 

La maladie se déclare quand le foie ne peut plus fonctionner correctement. Les protoscolex5 peuvent aussi être localisés dans les poumons, le système nerveux central, les yeux, les muscles, etc.
 

 

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(Document fait par l’E.R.Z. : Entente interdépartementale de lutte contre la Rage et des Zoonoses, Malzéville, France)

 

définitions de sylvatique9 erratisme10


 

B)  MODES DE CONTAMINATION HUMAINE

 

Modes de contamination pour l’espèce humaine.

Les nombreuses études immunologiques réalisées au cours des 10 dernières années, en particulier par Mmes Isabelle Blouin-Emery et Véronique Godot, docteurs en biologie, confirment que l'échinococcose alvéolaire, bien que grave, est une maladie très rare qui n'affecte que relativement peu de personnes par rapport aux zones exposées. En fait, il semble que chez une majorité de sujets infectés (90%), les réactions immunitaires aboutiraient à une défense contre le parasite, engendrant soit des lésions de type abortif11, soit l'absence de tout signe d'infection. L'hypothèse de particularités immunologiques qui expliquerait les phénomènes de sensibilité et de résistance à l'infection a été confirmée par des études chez la souris et chez l’homme par ces chercheurs, et celle d'une prédisposition immunogénétique12 a été confirmée par des études épidémiologiques européennes.

 

Deux scénarios principaux de contamination pour l’être humain peuvent être proposés, selon le Professeur Dominique Vuitton de l’Université de Franche-Comté :

 

B1) Contamination par l’alimentation

 

Le renard, le chien ou le chat contaminent des baies (myrtilles, mûres, framboise, fraise), des pissenlits ou des champignons, avec leurs excréments, déposés sur le sol et lavés par les pluies.

 

Lors d’une balade les promeneurs ramassent les baies, les pissenlits ou les champignons et pourraient se contaminer en les mangeant crus.

 

Remarque : N’oublions pas que les œufs sont résistants au froid, l’oeuf peut rester infectieux pendant 2 ans au moins, si les conditions sont bonnes (fraîcheur et humidité). A l’inverse ils sont très sensibles à la chaleur et à la dessiccation13. Ils seront détruits rapidement dans les zones exposées au soleil, donc à la chaleur et à la dessiccation. Par la cuisson (au moins 5mn à 60°C) les œufs seront détruits. Il n’y a donc aucun problème avec les omelettes aux champignons ou les confitures et les tartes.

 

La contamination est problématique pour les végétaux que nous consommons crus et qui viennent du potager:

Le renard ou le chien porteur des échinocoques sont susceptibles de déposer leurs crottes dans un potager ou chez un maraîcher, ils peuvent ainsi contaminer les légumes et plus particulièrement les salades.

L’homme mange la salade sans lavage intensif. Il reste assez d’œufs sur les feuilles pour qu’il en avale suffisamment pour être infecté. Cette hypothèse est bien sûr pessimiste car en général un lavage correct suffit à éliminer les œufs qui ne possèdent pas de système d’accroche comme c’est le cas pour la douve du foie, le système immunitaire fera le reste si celui-ci n’est pas affaibli par une autre maladie.

 

Dans les zones infectées il faut donc penser aussi à laver scrupuleusement  les récoltes du potager quand celui-ci n’est pas clôturé. Avec ce type de précautions, le risque de s’infecter est vraisemblablement très faible en zone connue d’endémie ; il peut être considéré comme quasi nul dans les régions où jamais un cas humain d’échinococcose alvéolaire n’a été décrit.

 

Note du rédacteur :

1) L’éternelle question du risque « zéro » est ainsi posée, mais on peut considérer ce risque comme minime en comparaison de ceux du tabagisme (60000 morts /an), des accidents de la route (8000 morts/an),  de l’alcoolisme… Une campagne de psychose comme celle que nous avons connu pour Encéphalite Spongiforme Bovine (maladie de la « vache folle ») est tout à fait injustifiée même si le nombre de cas d’échinococcose est plus élevé que celui de la maladie de Creutzfeld Jacob liée à l’ESB.

2) Les laitues, les choux, les oignons, etc poussent de l’intérieur vers l’extérieur, ainsi les premières feuilles, les plus exposées, sont toujours à l’extérieur et forment une sorte de coque pour le cœur des légumes. Les feuilles extérieures sont le plus souvent jaunies et jetées par le consommateur. Ceci rend encore plus improbable une quelconque contamination par les légumes consommés crus.


 

B2) Contamination par contact avec les animaux infectés

Le renard, le chien ou le chat, contaminés par l’ingestion de rongeurs malades, peuvent déposer par léchage les œufs du parasite sur leur pelage.  Les œufs du taenia présents sur le pelage des animaux pourront contaminer le chasseur, le piégeur, le promeneur, qui touchent à mains nues un renard, dans la nature ou sur la route. Ils pourront aussi contaminer de la même façon le maître du chat ou du chien lors de caresses ou de léchage.

Les œufs peuvent aussi être « importés » sur le pelage sans que l’animal lui-même ne soit contaminé ! C’est le cas des chiens et tout spécialement des chiens de terrier, qui se roulent dans les excréments de renards contaminés, ou d’autres animaux à fourrure susceptibles d’être touchés par l’homme (en particulier les piégeurs), sans que l’animal lui-même ne fasse une forme contagieuse de la maladie.

 

Les études faites en Suisse par les Professeurs J Eckert et P Deplazes ont montré que l’infection des chiens existait à bas bruit dans les zones d’endémie suisses (moins de 5%), sans qu’une étude épidémiologique précise ait pu établir le risque réel pour l’homme dans les zones d’endémie.

 

M. le Dr. Denis Augot de l’AFSSA de Nancy  fait observer qu’en France, il n’existe qu’une seule étude publiée en France (de Mme le Pr A F Pétavy,  de Lyon) sur des chats provenant de cliniques vétérinaires dans le Nord des Alpes et le Sud du Jura. Cette étude révèle que sur 81 autopsies de chats morts 3 étaient positives pour l’échinocoque, avec présence des oeufs (stade infestant du parasite) d'ou une prévalence14 de 3,70 %.  On ne connaît rien du statut des propriétaires.

 

Il n’a pas été prouvé de corrélation entre un homme infesté et la présence de parasites chez les animaux domestiques (en particulier ses animaux), car le délai entre le moment de la contamination et le moment du diagnostic rend impossible toute extrapolation quand à l’infection d’un animal domestique (il a, au moment du diagnostic, en général disparu ; et même s’il est toujours présent, il est depuis de nombreuses années débarrassé des échinocoques qu’il pouvait héberger à l’époque dans son intestin !). L’équipe de recherche de l’AFSSA de Nancy, avec la collaboration des équipes franc-comtoises (Centre Collaborateur de l’OMS de Besançon et Mutualité Sociale Agricole), est en train de réaliser la première étude systématique de l’infection des chiens et des chats dans une zone d’endémie15 française, dans le canton d’Amancey (25). Les résultats devraient être disponibles en fin d’année 2003.

 

Note du rédacteur :

Le principal objectif de la recherche sera donc de détecter la maladie de façon précoce au moyen d’un test sérologique qui sera d’autant moins coûteux qu’il sera produit en grande quantité. Une prise de sang routinière réduira alors très fortement les risques de développement de l’échinococcose alvéolaire chez l’homme. Comme le demande la ligue contre la violence routière, un contrôle sanguin sur les taux de gamma GT (taux 10 à 30 fois supérieurs chez les alcooliques) et du Delta 9 tétrahydrocannabinol (principe actif du cannabis) pourrait se faire comme on le fait à présent pour le dosage du cholestérol. Les bénéfices en terme de prévention seraient alors immenses. Le coût du dépistage serait largement compensés par la diminution des prises en charge pour les accidents de la route et les accidents du travail. Une méthode judicieuse consiste également à participer aux dons du sang.

 

C) TAUX D’INFECTION

Entre Janvier 1982 et Décembre 2000, en Europe, le registre EurEchinoReg a collecté 559 cas humains d’échinococcose alvéolaire dont 235 en France, 132 en Allemagne, 118 en Suisse et 54 en Autriche.

En France on compte de 10 à 15 nouveau cas par an (résultant de diagnostics toujours tardifs ; il est impossible de dater la période exacte de contamination). En France, la maladie est présente dans les régions de l’Est (Haute-Savoie et Savoie, Franche-Comté, Lorraine, Vosges) et en Auvergne. Au cours des 10 dernières années, des cas ont été observés dans l’Aveyron et les Ardennes, ce qui évoque une possible progression de la maladie chez l’homme. Dans la moitié des cas français, le lieu de résidence des malades est en Franche-Comté.

Dans les régions, dites « d’endémie », entre un tiers et trois quarts des renards sont parasités par l’échinocoque. Dans les régions qui les bordent, un dixième à un tiers des renards sont parasités. L’extension de la zone européenne d’infection des renards est évidente au cours des 15 dernières années, ainsi que l’augmentation de prévalence de l’infection dans les zones traditionnelles d’endémie. L’invasion des grandes villes par des populations stables de renards est la règle actuellement en Europe, et dans des villes situées en zones d’endémie comme Stuttgart, Zurich ou Genève, l’infection des renards urbains est couramment présente (à des taux variant de 10 à 70% selon les zones…). Des études en France sont en cours. Remarquons également que la prévalence dans une zone diminue en été et augmente en hiver car l’œuf échinocoque craint la chaleur mais pas le froid.

Les proliférations de rongeurs sauvages (campagnols) semblent essentielles pour entretenir le cycle du parasite dans une région donnée ; ces proliférations sont importantes dans les régions où les terres agricoles sont principalement consacrées aux prairies permanentes et aux  pâtures. Les régions où les autres types de cultures sont rencontrées (sur terres labourées, ou forêt exclusive),  ne sont pas favorables aux proliférations de rongeurs qui peuvent entretenir la présence du parasite, et sont donc à très faible risque de favoriser l’émergence de l’échinococcose alvéolaire. On ignore cependant actuellement les taux d’infection des renards des zones où des cas humains n’ont jamais été trouvés (nord, ouest, et sud de la France). Une étude est en cours et les données sur le taux d’infection des renards de 36 départements en France (principalement de la moitié est et du nord) ne seront disponibles qu’en fin 2003. Le Dr Benoît Combes, de l’Entente Interdépartementale contre la rage et les zoonoses16, transmettra les résultats de son étude aux conseillers généraux demandeurs du rapport.

 

L’institut Pasteur de Bruxelles par l’intermédiaire du Dr Bernard Brochier, rapporte que la prévalence de portage chez le renard dépasse 30% uniquement sur le plateau ardennais au Sud de la Meuse Cette prévalence tombe sous les 3% au nord de la Meuse, soit une partie de la région wallonne (dont le Hainaut occidental), la région Bruxelles capitale et la Flandre. La prévalence par région est la suivante : Ardennes 33,1 %, dans les Hautes Fagnes (Eupen, frontière allemande)  33,1%, Lorraine Belge 23,1%,  Andenne 12,6%. Dans la partie de la région de Bruxelles et des Flandres elle oscille entre 1 et 3 %. .

 

Les études faites par l’Université de Liège (professeur Bertrand Losson) ont cependant montré une augmentation importante de la prévalence d’infection des renards au cours des 15 dernières années (de moins de 30 à plus de 60%) vers la frontière du Luxembourg. Dans le Hainaut Occidental (plus proche de la métropole Lilloise),  elle est proche de 1% (mais peu de mesures y ont été effectuées). La Meuse semble donc pour l’instant une barrière naturelle. Il semble opportun également de confronter le taux d’infection et la quantité d’animaux car même si le taux d’infection peut être faible autour des métropoles Bruxelloise et Lilloise, la surpopulation vulpine17 y augmente quantitativement le risque de propagation de la maladie.

Concernant les cas humains belges: 6 personnes ont été infectées et un seul cas de décès a été enregistré chez une personne immunodéprimée18. Le décès était dû à des complications postopératoires à la suite de l’ablation partielle du foie.

 

Note du rédacteur : M. Combes d’ERZ révélera les données sur le taux d’infection des renards de 36 départements en France en fin 2003. Grâce à l’aide de M. Jean Paul Verstraete, piégeur agréé, j’ai fait parvenir au Dr Denis Augot un lot de 35 renards le 15 avril 2003 qui ont été autopsiés depuis. L’analyse des échantillons prévelés sera effectuée pendant le mois de juillet.

 

Populations humaines à risque

Les personnes qui sont directement en contact avec les renards ou les chiens de chasse sont exposées. Les chasseurs, les piégeurs et les taxidermistes doivent donc être vigilants et suivre scrupuleusement les recommandations qui seront énoncées dans la suite. Les agriculteurs peuvent également entrer en contact avec les renards et, à l’occasion, devoir en dégager les carcasses de leurs machines agricoles. Les piégeurs de renards devraient suivre une formation spécifique de la part de leur fédération pour s’informer des risques encourus et pour s’assurer du strict respect des règles de précaution.

 

Dans la plupart des régions françaises où des études sur les facteurs de risque ont été réalisées, les populations qui sont les plus représentées parmi les malades (comparées à leur représentation dans la population générale) sont les agriculteurs (hommes et femmes), et les artisans, commerçants et professions libérales des villages et bourgs ruraux. Les enquêtes faites chez les patients montrent qu’ils pratiquent la cueillette et la consommation régulière de végétaux et baies sauvages. Elles révèlent également la présence de jeunes renardeaux apprivoisés, gardés dans les fermes comme animaux familiers…Il faut enfin préciser que dans tous les pays européens, parmi les malades, il y a autant de femmes que d’hommes, et qu’en Chine, où la contamination passe vraisemblablement plus par les chiens, il y a plus de femmes que d’hommes. Il ne faut donc pas sous-estimer le risque des sujets qui ne sont pas en contact direct avec les renards, mais qui peuvent se contaminer par d’autres voies. Les personnes immunodéprimées (voir plus bas) sont des sujets particulièrement exposés car la maladie peut connaître des développements fulgurants dans leur cas.

 

D) MOYENS DE LUTTE, PREVENTION DU RISQUE

Moyens de lutte

Pour lutter contre la rage, des largages aériens d’appâts congelés contenant un vaccin antirabique ont permis d’éradiquer récemment cette maladie de France au terme de 15 ans de lutte. Contre l’échinocoque il n’y a pas de vaccin. Le seul vermifuge efficace est le praziquantel (Droncit ; Drontal) ; les autres vermifuges sont inefficaces. Et même ce médicament ne tue pas les œufs que les vers contiennent ; les vers évacués, mêmes tués par l’antiparasitaire, restent donc dangereux par les œufs qu’ils répandent. Une campagne de largage d’appâts contenant des vermifuges serait très coûteuse, son efficacité serait en outre réduite dans le temps car la réinfection possible des renards impose des traitements réguliers à intervalle de 5 à 6 semaines, elle serait surtout limitée par la réintroduction de renards infectés des zones non traitées. C’est ce qui a été montré par une étude pilote en Allemagne du sud. Cette solution impliquerait des largages plus nombreux, plus réguliers et pendant une période de temps plus grande que pour les vaccins contre la rage, et une très large couverture du territoire, jusqu’aux zones totalement indemnes...

 

Vermifuger au moins les chiens tous les deux ou trois mois est vivement conseillé et semble une mesure plus efficace, à condition d’utiliser le praziquantel (plus cher que les vermifuges habituels…) et de veiller soigneusement à la destruction des excréments du chien traité dans les jours qui suivent  en les brûlant.

 

Les certitudes :

- L’échinocoque ne passe pas directement d’un renard à un autre ou à un chien ou à un chat. Il n’y a pas de risque de transmission par morsure entre ces animaux. Des cas absolument exceptionnels d’échinococcose non hépatique humaine  par morsure de renard ont cependant été décrits : on pense que la larve s’est développée à partir d’œufs présents dans la cavité buccale du renard…

-L’infection de l’homme ne peut pas avoir lieu en consommant un rongeur infecté (cas des rats musqués, parfois consommés dans certaines régions) ; cependant, des rongeurs peuvent porter des œufs infectants sur leur pelage, à partir de crottes de renards infectées…

- Un humain porteur de larves d’échinocoques dans son foie ou un autre organe ne peut en contaminer un autre. Il n’y a donc pas de contagion possible entre êtres humains.

 

Les pistes données par les recherches sur le cycle parasitaire et l’épidémiologie :

- En exterminant les renards on ne supprime pas ipso facto la maladie. En outre, l’extermination crée un vide qui sera comblé par des renards qui ne seront peut-être pas sains (voir chapitre H). L’expérience de la destruction des renards pour lutter contre la rage a montré que les zones dépeuplées étaient rapidement repeuplées par les renards des zones voisines. L’existence de l’infection par échinocoque, à bas bruit quasiment partout, et avec une grande fréquence (supérieure à ½) dans les zones d’endémie qui vont de l’Auvergne à la Pologne, rend de ce fait  illusoire l’éradication de la maladie. De plus, localement, les œufs restent des menaces potentielles pendant deux ans dans certains cas. Les rongeurs seront infectés, donc les chats et les chiens, comme les renards repeuplant une zone dépeuplée, pourront également l’être.

 

L'extermination n'aurait de sens qu'en exterminant également les chiens et les chats des zones à risque… Ce ne serait pas dans le goût de tout le monde et ni possible financièrement. De toute façon toute politique locale est vouée à l’échec, il faut une réponse régionale (et forcément transfrontalière, car toutes les zones à risque le sont), si ce n’est globale pour obtenir de réels résultats.

- La plupart des études sur l’écologie de la circulation du parasite chez ses hôtes naturels suggèrent que le «maillon faible » serait plutôt le rongeur : la maladie humaine n’est fréquente que dans les régions où les campagnols (ou les rats musqués) sont suffisamment nombreux pour entretenir un taux d’infection élevé chez les renards (ou les chiens dans des pays comme la Chine). Le contrôle, difficile au demeurant, des populations de rongeurs, serait donc logiquement plus approprié.

- Les comportements humains ont vraisemblablement une grande part dans la contamination : il faut souligner qu’aux Etats-Unis, l’infection des renards dans la plupart des états du centre et du nord du pays est voisine de celle qui existe dans les zones d’endémie européennes…or 2 cas humains seulement d’échinococcose alvéolaire ont été rapportés dans ce pays depuis le début du XXème siècle.

 

E) RECOMMANDATIONS DANS LES ZONES ENDEMIQUES

 

Ne jamais toucher un animal sauvage sauf avec des gants. Les chasseurs et les cultivateurs devraient toujours avoir  à leur disposition des gants jetables au cas où ils auraient à manipuler des renards.

 

Ne jamais adopter un animal sauvage. Les renardeaux sont attendrissants mais ils sont infectés très tôt dans la vie, et sont porteurs lors de la première infection, d’un nombre de vers très important, et sont donc très contaminants, comme l’ont montré toutes les études  faites dans plusieurs pays, de plus leurs  parents pourront les avoir copieusement léchés et avoir chargé leur pelage d’œufs.

L'adoption de ce type d'animaux est interdite par la loi sauf dérogations.

(se renseigner auprès du Dr Vétérinaire Franck Haelewyn)

 

 Ne jamais laisser divaguer vos animaux domestiques : les chiens aiment se rouler dans les excréments pour masquer leur odeur. Lorsqu’un chien entre dans le terrier du renard, ou fréquente son domaine, son pelage se charge en œufs d’échinocoque. C’est alors qu’il  peut contaminer les êtres humains par les caresses qui lui sont prodiguées, les mains portées à la bouche les infectent. Ne les laissez pas lécher vos mains, votre visage ou votre vaisselle.  Pour les animaux  familiers (chiens, chats) qui ont l’habitude de divaguer, les vermifuger tous les deux ou trois mois est une sage précaution.

 

Clôturer les potagers ou les jardins isolés pour les rendre difficiles d’accès aux animaux errants. En zone d’endémie, une clôture efficace des jardins maraîchers dont les produits sont destinés à la vente semble une mesure raisonnable.

 

Laver les chiens à leur retour de chasse ou de piégeage. Quand vous lavez vos animaux, portez des gants. Eau chaude, séchage au sèche-cheveux contribuent à rendre ce lavage efficace contre les œufs d’échinocoque.

 

La congélation classique à –18°C  des aliments ne tue pas les œufs. Une cuisson à 60°C pendant 5 minutes, un passage au four, même bref, suffit à écarter tout risque.

Aucun antiseptique connu n’est efficace contre les œufs d’échinocoque.

 

F) THERAPEUTIQUE

Au cours d’une réunion publique organisée par l’ASDCPEA, Mme le professeur Dominique Vuitton a clairement exposé l’avancement des recherches sur les échinococcoses. Ces recherches sont développées en Europe dans le cadre d’un réseau de chercheurs et de médecins de tous les pays (Echinorisk), soutenu par la Commission Européenne, mais aussi en Afrique et en Chine où sévissent les échinococcoses.

 

Quand le diagnostic est précoce la maladie se soigne plutôt bien. Pour ce diagnostic, une échographie du foie, et en cas de lésions suspectes, un test sérologique de l’échinococcose sont les moyens mis à disposition des personnes les plus exposées comme celles qui travaillent dans les laboratoires vétérinaires, et les professionnels de la chasse.

 

Le foie est la cible principale de l’attaque par la maladie. Cet organe résistant va brusquement montrer des défaillances lorsqu’un seuil d’environ 70% de son volume est atteint par la fibrose ou quand des canaux biliaires principaux, ou des vaisseaux importants, sont envahis. A ce stade l’évolution est irréversible. Il y a trente ans quand elle était jeune interne un diagnostic d’échinococcose équivalait à une condamnation à mort. Grâce aux recherches réalisées au cours des 30 dernières années, on vit avec l'échinococcose, dans quelques cas grâce à une opération chirurgicale qui supprime, quand c’est possible, les lésions hépatiques, et, le plus souvent, en prenant le seul médicaments efficace autorisé en France,  l’albendazole (Escazole) qui va stopper la progression de la maladie, mais qui ne tuera pas le parasite (d’où la nécessité d’un traitement à vie, exactement comme pour le SIDA). Cependant, les contraintes liées à la maladie sont importantes car la survenue de complications, toujours possibles, nécessite des hospitalisations répétées, sans parler des effets secondaires associés aux prises de médicaments. La prise à vie d’un médicament est contraignante et n’est pas vécue facilement. Le coût de prise en charge d’un malade est élevé. Quand le dépistage est précoce la maladie se soigne plutôt bien. Une échographie du foie ou un test sérologique ELISA sont les moyens mis à disposition des personnes les plus exposées comme celles qui travaillent dans les laboratoires vétérinaires : de 5 à 15000 € /an pour les médicaments. Le coût médical total d'un patient a été estimé à 250 000 € (en excluant le recours, possible et parfois indispensable dans de rares cas, à la transplantation hépatique…).

 

Les recherches s’orientent sur les facteurs qui permettent aux personnes de se débarrasser naturellement de la maladie. C’est ainsi que l’on peut maintenant proposer comme alternative aux médicaments qui bloquent la croissance du parasite, des médicaments qui renforcent les défenses immunitaires, comme l’interféron alpha (un médicament qui est actuellement utilisé pour le traitement des hépatites virales chroniques et de certains cancers). Cependant, l’expérience chez l’homme est limitée et doit faire l’objet d’études complémentaires.

 

C’est une maladie à évolution lente mais qui peut connaître des développements rapides chez les sujets immunodéprimés (SIDA, personnes prenant des médicaments anti-rejet comme la cyclosporine, …). Dans ces cas le processus d’envahissement progressif qui met des années à progresser grâce à la résistance offerte par nos défenses immunitaires connaît une accélération quand rien ne vient contenir l’envahisseur. Ancien chirurgien, le Professeur Vuitton explique que l’on ne peut assurer qu’une opération ait complètement supprimé la maladie car il est toujours possible que des parties infectées subsistent, dans la paroi abdominale, le diaphragme,  par exemple ; d’où la nécessité de prendre de l’Escazole pendant 2 ans, même quand on pense que toutes les lésions ont été enlevées. Il y a aussi des localisations atypiques (dans le cerveau, dans les poumons, derrière les yeux, dans la cloison abdominale, dans les os…) qu’il est souvent impossible d’opérer.

 

Avec le recul, le Professeur Vuitton est plutôt réservée vis à vis du traitement préconisé il y a quelques années : la greffe complète du foie. Ce n'est pas la solution idéale car les médicaments anti-rejets alors administrés aux patients abaissent le système immunitaire, ce qui provoque parfois des "flambées" de l'échinococcose lorsque des zones infectées laissées en place, par nécessité ou parce qu’elles étaient invisibles, lors des interventions (ou bien cachées ailleurs dans l’organisme) vont envahir le foie transplanté, parfois en trois semaines, ou vont se développer rapidement dans d’autres organes, comme le cerveau. 

 

Des pays comme la Chine où la situation sanitaire est mauvaise connaissent, dans certains villages situés dans les zones endémiques des situations catastrophiques. Jusqu’à 15% de la population de certains villages est touchée par  la maladie, et dans certaines régions (plateaux tibétains) l’échinococcose alvéolaire coexiste avec une autre forme d’échinococcose, l’échinococcose kystique. Les médicaments comme l’Escazole sont coûteux ce qui les met hors de portée de ces villageois ; la chirurgie est impossible,  la mort est donc la seule issue de l’infection.

 

Note du rédacteur :

Si l’on pouvait rapprocher les coûts de traitement et les budgets accordés au dépistage et à la recherche, il est évident que nous aurions intérêt à investir dans ces derniers. C’est l’argument que je présente au Conseil Général du Nord pour mettre en œuvre un plan de prévention.

 

Le cas de la Chine où la proximité de l’homme et des animaux démontrent l’intérêt des mesures prophylactiques19 dès le départ de l’épidémie. Le mutisme coupable des autorités est responsable de l’épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) ou pneumopathie atypique.

 

Association de Soutien et de Défense des Personnes Contaminées par l’Echinococcose Alvéolaire ; Contact ASDCPEA : Philippe Wartelle 55, rue de la Libération 59242 Cappelle en Pévèle - 06.70.69.04.09), le samedi 29 mars 2003 à Cappelle en Pévèle (59242). Cotisation 5 euros par an.

 

G) POLEMIQUES AUTOUR DE LA PRESENCE DES RENARDS

Le Dr Denis Augot estime que la prolifération des renards est surtout due à l’abondance de la nourriture (soit dans les campagnes, soit dans les villes avec les ordures liées à notre consommation). Le renard n’a pas de prédateur car il se trouve en haut de la chaîne alimentaire puisque l’homme a supprimé les prédateurs du renard.

 

Le Dr Haelewyn explique que la fécondité du renard (portée de  4 à 5 environ chaque année) est fonction de la quantité de nourriture qu’il  peut trouver. Cet effet d’autorégulation de la population en milieu naturel n’est plus de mise lorsque l’homme offre aux renards une source d’approvisionnement abondante avec le contenu des poubelles, les poulaillers. La démographie de ces espèces devient exponentielle car la  longévité des animaux s’accroît également. Ainsi la longévité d’un renard en milieu naturel est de deux ans, mais des animaux capturés aux alentours de Lille dépassent largement cet âge. Les zones semi urbaines sont à la fois des refuges contre la traque des piégeurs et des lieux où la nourriture est assurée. L’explosion de la population vulpine depuis 3 ans trouve certainement là son explication.

 

En Allemagne, les spécialistes considèrent qu’il faut se résigner à vivre avec les renards.

 

Un des moyens de réguler les populations de renards est de jouer sur leur fertilité: pourquoi pas un contraceptif oral spécifique au renard conditionné dans des appâts et avec largages aériens ? Mais M. Combes d’ERZ fait remarquer qu’utiliser un contraceptif à grande échelle est difficilement envisageable et peut être source de déséquilibres écologiques complexes difficilement prédictibles.

 

Des recherches sont faites à l’AFSSA Nancy sur l’immunocontraception du renard sous la direction du  Dr. Boué. Il  précise qu’en effet le développement de méthodes permettant de réguler la reproduction des renards pourrait être une solution envisageable. Cependant peu de travaux de recherches sont initiés dans ce sens, le développement de méthode contraceptif oral (pour la faune sauvage)  est difficile et long à mettre en place. Seules deux équipes dans le monde travaillent sur cette problématique : un laboratoire Australien et l’AFSSA de Nancy. De plus, l’utilisation de telle méthode de maîtrise des naissances pour le renard  ne pourrait se faire que sous le contrôle d’autorités compétentes et des collectivités locales : le but souhaité n’étant pas d’éradiquer le renard.  

 

Les renards sont d’excellents prédateurs parfaitement adaptés et parfaitement adaptables.  Le Dr Franck Haelewyn considère que ce sont également des éboueurs de la nature puisqu’ils vont s’attaquer aux proies les plus faciles que sont les animaux malades. C’est une vue théorique que M. Combes d’ERZ ne partage pas: « il est vrai que les prédateurs mangent des proies malades mais croyez vous qu'ils ne se saisissent que de proies malades ? l'immense majorité des rongeurs qu'ils consomment sont parfaitement sains. Et que dire d'une couvée de perdrix ou de canard ou d'une rabouillère déterrée pour en saisir les lapereaux ? Quel renard sait quel lapereau sera defficient ou malade ? Un renard ne quitte un territoire que si la ressource alimentaire a disparu ou s'il se sent menacé, pas parce qu'il en aura éliminé tous (et que) les animaux malades. J'ai découvert une fois un terrier de renard devant lequel reposait sur le sol 11 cadavres de lapins de garennes frais, un écureuil et une poule. Seul l'écureuil était probalement malade pour qu'il puisse s'en saisir mais les lapins et la poule étaient sains ». M. Jean Paul Verstraete, piégeur agréé, partage cette opinion. Les reliefs des repas des renards ne laissent pas penser que le renard soit assez sélectif pour privilégier la consommation des animaux malades.

 

La désaffection des villes par les citadins génère une urbanisation grandissante des périphéries urbaines ce qui offre des sanctuaires de plus en plus étendus contre les chasseurs et les piégeurs. La pression démographique des renards les pousse à s’approcher des villes dont ils se sont parfaitement accommodés, la crainte de la civilisation humaine n’est plus un rempart car notre population autrefois majoritairement paysanne est devenue principalement citadine. Les renards ne menacent pas directement nos activités industrielles et tertiaires. D’éboueurs de la nature ils sont devenus nos éboueurs des villes. Tout en considérant également que croquer les animaux des poulaillers et des basses-cours mal clôturés est plus facile que traquer un rat ou un campagnol. Les habitudes de ces animaux se sont modifiées car nous lui avons donné l’opportunité à leurs facultés d’adaptation de tirer le meilleur parti de nos lacunes.

La concurrence qu’ils font aux chasseurs pour le petit gibier pousse ces derniers à vouloir les exterminer. Ainsi le sénateur et chasseur belge Jean-Marie Happart désire une loi permettant que l’on puisse tirer à vue sans restriction les renards en Wallonie.

 

Sans en arriver à ces extrémités, il paraît opportun de réguler le nombre des animaux en évitant les dommages collatéraux. Dans la métropole Lilloise, les piégeurs ont constaté 5 ou 6 fois plus d’animaux depuis 3 ans.

 

 

Les piégeurs les plus chevronnés recommandent aux amateurs d’éviter un piégeage sauvage et intempestif. Ainsi les « collets à pattes » vont mutiler les animaux qui seront moins performants, se nourriront moins bien et seront plus facilement malades. Les dommages aux autres animaux ne doivent pas devenir une occasion de braconnage.

 

La lutte chimique avec les poisons est  proscrite, de toute façon,  elle n’a pas par le passé donné des résultats satisfaisants dans la lutte contre la rage. Le constat a été identique vis à vis du tir à vue. Il est plus efficace de s’attaquer aux rongeurs qui  infectent les renards et surtout nos chiens et chats qui s’en nourrissent ce qui représente un grand risque car ils vivent avec nous et nous infecteront facilement à leur tour..

 


 

I) PLAN GLOBAL DE GESTION SCIENTIFIQUE DES ESPECES

La gestion scientifique des espèces, comme le fait remarquer Monsieur Jean-Roch Gaillet, vétérinaire inspecteur, délégué aux affaires internationales, régionales et de valorisation, apparaît comme le seul moyen de réguler les fléaux causés par la surpopulation de certaines espèces. En effet, parallèlement à l’augmentation des populations de renards, on enregistre en France une importante augmentation des populations de cervidés et de sangliers, dont les causes sont probablement différentes…et qui génèrent aussi des effets collatéraux, dont de potentiels risques pour la santé. Cette gestion implique des moyens importants de surveillance et de contrôle pour éviter les débordements, ces moyens doivent provenir de l’Etat ou des collectivités locales pour garantir l’objectivité de l’action menée.

 

De même que l’ignorance de la prise en compte de l’imperméabilisation des sols par une urbanisation anarchique est la cause de crues catastrophiques, l’ignorance de l’équilibre de la faune génère des débordements d’une autre nature. Une étude approfondie des équilibres « naturels » en milieu urbanisé est impérative. L’homme a créé des déséquilibres graves par insouciance, inconscience ou par avidité. Les problèmes causés par la réapparition des renards sont alors symptomatiques de nos artifices.

 

Le Dr Haelewyn explique que l’expérience prouve que l’extermination est la plus mauvaise des méthodes. Les renards sont une espèce colonisatrice, ils tendent dont à occuper tous les lieux où il y a de la nourriture et où ils seront tranquilles. C’est ce que l’on appelle la capacité biotique du milieu

 

Modélisation par zone : une approche qui n’est pas satisfaisante au point de vue pratique consiste à déclarer qu’un groupe de renard se sédentarise dans une zone définie. Même si cette modélisation n’est pas vérifiable sur le terrain elle permet de comprendre l’aspect migratoire et l’impact sur la fécondité. Cette approche n’a donc pas un caractère scientifique, elle vise à mettre en évidence des interactions qui seraient trop diffuses pour être observées réellement.

 

Si le milieu peut supporter 10 renards, si on tue les 10, il y a migration de renards d’une autre zone pour arriver au final  à 10.  Si le même milieu contient plus de 10 alors le surnombre va coloniser un autre territoire (par exemple des espaces urbains….) ou alors rester sur le même site avec un territoire pour chaque individu plus petit si la nourriture est présente en grande quantité. Quand il n’y a plus assez de nourriture alors le surnombre va forcément partir.

 

Comme la fécondité des renards est proportionnelle à la quantité de nourriture qu’il peut trouver, créer des vides en exterminant des renards stimule la reproduction car les zones vidées de renards connaissent une surpopulation parmi les rongeurs qui n’ont plus de prédateurs. Les renards des zones limitrophes sont attirés par cette abondance de nourriture, les naissances sont plus nombreuses, les vides sont vite comblés comme nous le verrons sur le schéma suivant.

De façon schématique si nous considérons des zones qui permettent de nourrir et d’héberger un nombre optimum renards.

Le retour est d’autant plus rapide que la disparition des prédateurs entraîne la multiplication des rongeurs qui attireront plus de renards. Ainsi l’état stable de départ sera dépassé, par le jeu des migrations et des naissances nous obtiendrons rapidement une surpopulation dans chaque zone. C’est le principe de l’action et de la réaction, mais où la réaction n’est pas contrôlée et devient incontrôlable. Au bout d’un certain temps chaque zone retrouve sa population nominale mais cela se traduit par une augmentation de la surface totale des territoires colonisés par les renards.

 

L’extermination est le meilleur moyen de faire migrer les populations vulpines et de faire progresser les zoonoses. L’idée est donc de sédentariser au mieux les populations en régulant le nombre d’animaux pour éviter le surnombre.

 

Directeurs de plusieurs parcs zoologiques, le Dr Haelewyn relate une expérience vécue par des collègues en milieu rural où l’intrusion des renards est problématique pour la bonne gestion des animaux contenus dans les zoos. Une enceinte clôturée avec des fils électrifiés ne parvient pas toujours à empêcher le renard opportuniste d’y pénétrer. Un piégeage intensif autour du zoo était opéré sans résultat. En arrêtant le piégeage, les intrusions ont vite cessé : les renards qui ont fait l’expérience de  la clôture électrifiée intègrent la notion que le zoo n’appartient pas à leur territoire et n’y reviennent plus. En exterminant ces renards expérimentés, le vide créé a fait venir des renards qui chercheront à s’introduire dans le zoo, statistiquement certains y arriveront. Cet exemple illustre la faculté d’adaptation du renard à son milieu et que la sédentarisation est la solution de la problématique qui se pose.

 

Cette approche est bien évidemment théorique car il n’a jamais été possible d’éliminer totalement des renards sur une zone donnée.

 

Le raisonnement en milieu clos invite à penser qu’il faut donc mettre en œuvre un système de gestion scientifique des espèces pour :

1)      dénombrer les animaux de chaque espèce et évaluer les seuils tolérables pour l’environnement

2)      capturer les renards pour les identifier (tatouages), opérer une prise de sang pour les étudier et détecter les zoonoses, injecter le vermifuge, relâcher le nombre tolérable pour la zone.

 

Cette méthode n’est en fait pas réalisable car personne n’est arrivé à ce jour à déterminer la densité optimale de renard dans une zone. Il a été remarqué sur le terrain que des zones similaires ne se peuplaient pas de la même façon. Les moyens humains seraient trop importants et certainement trop intrusifs (problème connu de l’observateur qui perturbe l’expérience et en fausse les mesures). Un renard pouvant se déplacer de 30 km par jour, la grande mobilité rend impossible de fait le dénombrement de ces animaux plutôt nocturnes.

 

Il importe donc de privilégier le réseau de surveillance de la maladie et informer la population de la réalité des risques. Les méconnaître est une forme d’inconscience, générer une psychose fera que la peur de la maladie fera plus de victimes que la maladie elle-même. Il convient d’établir une communication digne de ce nom en fonction des progrès réalisés par les scientifiques français.

 

Un financement du Conseil Général du Nord sera requis pour cette mission dont l’intérêt sanitaire est démontré par ce rapport.


 

 

I) Etude et Suivi des Renards en Ville (Communauté de communes d’Annemasse)

 

L'Entente Interdépartementale de Lutte contre la Rage et autres Zoonoses (E.R.Z.), située à Malzéville (Meurthe et Moselle), est un établissement public interdépartemental. La lutte active de cet établissement contre la rage a permis à la France d'être totalement libérée de cette maladie. Aujourd'hui l'E.R.Z. s'attache au problème de l'échinococcose alvéolaire, transmise par un ver qui infecte les renards et les campagnols. Cette maladie mortelle peut atteindre l'homme.

 

 

L'Entente mène actuellement un projet de cartographie de la présence du parasite en France. En 2003, l'équipe de terrain de l'E.R.Z. avec l'aide de nombreux acteurs locaux (Fédération Départementale des Chasseurs, Lieutenants de Louveterie, Piégeurs, Office National de la Chasse,...) vont capturer des renards en périphérie de l'agglomération annemassienne et à l'intérieur de la commune pour leur poser des colliers émetteurs. Ces derniers vont permettre de suivre les renards pendant un an et de réaliser des cartes représentant leur domaine vital.

 

Parallèlement à cela, ils vont collecter des crottes de renard, repérer des terriers, poser des cages pièges en milieu rural et urbain et si possible, dans des jardins privés où des renards auront été observés. La zone d'étude sera constituée de la communauté de communes de l’agglomération d’Annemasse soit les communes suivantes : Annemasse, Gaillard, Vetraz-Monthoux, Ville-la-Grand, Etrembières et Ambilly.

 

 

 

L'E.R.Z. sollicite de la population, son participation. En effet, si des renards sont vus en ville, si des terriers sont découverts ou si ces renards sont trouvés renversés par des voitures, le personnel de l'E.R.Z. serait reconnaissant
d'obtenir ces informations.

 

D'autre part, il est demandé à la population de ne pas s'inquiéter en voyant des personnes la nuit, brandissant des antennes ou des phares depuis les voitures ou encore faisant des manipulations de renards.

 

DANS TOUS CES CAS, IL FAUT CONTACTER :

• L'Entente au 03 83 29 07 79 ou 06 07 68 56 64
ou 06 18 42 78 79 ou 06 80 36 22 05

• La Fédération Départementale des Chasseurs
de Haute-Savoie
au 04 50 46 88 89 (M. Pasquier),

• L'O.N.C.F.S. au 04 50 52 49 14 (M. Herbaux),

• Les Piégeurs au 04 50 59 28 66 (M. Longeray),

• Les Louvetiers au 04 50 36 44 13 (M. Oddon).


 

 

 

 


 

J) Lexique

 

Il m’apparaît important de dresser un lexique des termes utilisés dans ce rapport, certains mots employés par la communauté scientifique peuvent ne pas être compréhensibles pour tous. Ce lexique a été conçu par Mme Sabine Lemarquier, professeur de biologie.

 

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1ver échinocoque : petit ver plat, de 2 à 3 mm de long. Il vit à l’état adulte dans l’intestin des renards, des chiens et des chats. C’est un parasite.

 

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2Agent infectieux (ou pathogène) : micro-organisme responsable d’effets morbides sur l’organisme (entraîne une maladie)

 

3Hôte : être vivant (homme, animal, végétal) qui abrite un parasite

 

4Hôte intermédiaire : hôte qui héberge la forme larvaire du parasite, éventuellement capable de se reproduire (ce n’est pas le cas de l’échinocoque)

 

4Hôte définitif : organisme dans lequel le parasite atteint le stade adulte et se reproduit

 

Porteur sain : il ne présente pas de signe de l’infection mais est contaminé (c’est à dire non malade lui-même mais contagieux)

 

5Protoscolex : néologisme composé du préfixe proto et du mot scolex. Le scolex est la « tête » du ver parasite. On comprend par protoscolex la forme larvaire du ver adulte.

 

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6Sérodiagnostique (test sérologique) : recherche de l’agent causal d’une maladie par la mise en évidence des anticorps spécifiques dans le sang d’un patient.

 

7Test ELISA (sérodiagnostique) (Enzyme Linked Immuno Sorbent Assay) 

C’est un dosage immuno-enzymatique. Il permet de détecter, à l’aide d’anticorps marqués, et à l’aide d’une réaction enzymatique, la présence des anticorps spécifiques d’un antigène.

 

8Echographie : technique médicale consistant à visualiser l’intérieur de l’organisme en transformant en images, à l’aide d’un ordinateur, des signaux émis sous la forme d’ultra-sons.

 

 

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9Sylvatique : relatif aux forêts

 

10Erratisme : qui na aucune régularité – instable , inconstant, fluctuant, fluctuant.

 

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11Abortif :        - se dit d’un produit, d’un procédé qui provoque l’avortement

-          qu s’arrête avant le terme de son évolution normale

 

12Prédisposition immunogénétique : Certaines pathologies se déclarent plus facilement chez certaines personnes en fonction de leurs gènes. Tout le monde n’est pas égal face aux maladies. Dans le cas de l’échinococcose alvéolaire la majorité de la population restera insensible à l’exposition à l’agent infection qu’est l’œuf échinocoque. Le système immunitaire est préprogrammé pour se débarrasser du parasite. Certaines personnes seront infectées car elles ne possèdent pas ces moyens de défense. La recherche génétique a permis récemment d’inventorier l’ensemble du génome humain.

Des particularités ou caractéristiques héritées des ascendants montrent que certaines familles sont plus touchées par des pathologies, c’est ainsi que l’on peut tenter d’isoler les gènes liés à celles-ci. Un gène étant une sorte de programmation de messagers chimiques, découvrir le gène responsable permet de définir la sensibilité à un agent infectieux ou, au contraire, la résistance à cet agent. Ceci permettra de créer de nouvelles molécules pour combattre une maladie ou permettre de mieux y résister en apportant à l’organisme les défenses qui lui font défaut. C’est une voie de recherche prometteuse dans le cas de l’échinococcose alvéolaire. (Note de Hervé Dizy)

 

13Dessication : élimination de l’humidité d’un corps.

 

 

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14Prévalence : rapport du nombre de cas d’un trouble morbide à l’effectif total d’une population, sans distinction entre les cas nouveaux et les cas anciens, à un moment ou pendant une période donnés. Dans notre cas nous pouvons l’assimiler à un taux d’infection.

 

15Endémie : présence habituelle d’une maladie dans une région géographique déterminée et qui s’y manifeste soit constamment, soit épisodiquement.

 

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16Zoonose : maladie infectieuse atteignant les animaux et qui peut être transmise à l’homme (exemple : rage, peste)

 

17Vulpine : Le renard est désigné par l’appellation vulpus vulpus en zoologie. L’adjectif  a été créé pour désigné le renard bien qu’il ne figure pas dans le Larousse 2002.

 

18Immunodéprimé : caractérise une personne, un individu dont le système immunitaire (barrières de défense de l’organisme) est affaibli. Les transplantés prennent des médicaments anti-rejets pour éviter que le système immunitaire ne rejettent le transplant. Le virus du SIDA détruit le système immunitaire. Dans les deux cas, la résistance aux agents pathogènes est moindre, l’organisme ne peut réguler la prolifération de ces agents pathogènes, l’infection se développe ainsi très vite. Le traitement de l’échinococcose alvéolaire consistait auparavant à greffer un nouveau foie. Les chirurgiens sont plus réservés vis à vis de cette méthode car des récidives fulgurantes ont été constatées à cause des traitements anti-rejet.

 

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19Prophylaxie : toute pratique préventive destinée à empêcher d’attraper une maladie (exemple : mesures d’hygiène).

 

 


 

Conclusions du rapporteur :

Il n’est pas possible d’associer systématiquement la présence des renards à l’échinococcose. Il faut procéder à une étude sur la prévalence (taux d’infection) dans la région avant tout. Tout ce qui peut être affirmé est qu’une profusion de renards constitue un élément favorable à l’apparition de cette maladie, élément qui, en soi, n’est ni simplement nécessaire et ni simplement suffisant. Remarquons également que la prévalence dans une zone diminue en été et augmente en hiver car l’œuf échinocoque craint la chaleur mais pas le froid.

 

Il faut toutefois prendre en considération que le renard a changé son comportement, il se rapproche de plus en plus des zones urbanisées où une nourriture abondante lui est assurée. Le renard s’adapte très facilement, il est opportuniste et rusé. Il grimpe aisément les clôtures ou les murs, il creuse mais il ne fera pas d’efforts inutiles, le bilan énergétique doit rester positif. En lui rendant la tâche difficile, il ira voir ailleurs. La fécondité du renard est proportionnelle à la quantité de nourriture qu'il peut trouver, l'abondance de nourriture nous fait donc craindre que cette population vulpine continuera à progresser.

 

Une prolifération de renards est problématique parce qu’elle multiplie le risque de contact entre les agents infectieux de la faune sauvage et l’homme. La prolifération augmente la pression sur l’environnement du prédateur qui se tourne vers d’autres sources de nourriture. Un renard croque à lui seul près de 6000 rongeurs par an. Le renard peut nous aider efficacement à éliminer les campagnols qui ruinent les cultures, les rats musqués qui minent les berges de cours d’eaux et de nos fossés. Certaines pratiques agricoles favorisent le développement des rongeurs qui sont la plaie des agriculteurs. Actuellement ceux-ci se livrent à une guerre chimique contre les rongeurs par l’intermédiaire de poisons (anticoagulants) qui finissent forcément à nuire à d’autres espèces (lapins, lièvres, sangliers, oiseaux) qui seront chassés et consommés par des êtres humains. Le renard par cet aspect représente une alternative séduisante pour réguler la population de rongeurs, mais les faits montrent que dans les zones de pullulation, il n’est pas suffisant pour contenir la prolifération des rongeurs. De plus, le renard est opportuniste, s’il lui faut attendre pendant des heures pour débusquer des rats, des taupes, des souris et qu’il ne lui faut que quelques minutes pour piller un poulailler, vous devinerez facilement où se portera sa préférence. Nos habitudes de gaspillage nous amènent à remplir nos poubelles d’aliments dont les rats et les renards feront leur quotidien comme c’est le cas dans les grandes métropoles comme Londres, et, en zone urbaine, le renard n’a pas de prédateur naturel.

 

Il n'existe pas de solution radicale pour lutter contre le problème de l’échinococcose. Nous pouvons limiter les facteurs favorisant la maladie en observant des mesures de précaution très simples que la population doit connaître et en luttant contre les rongeurs qui vont infecter les renards et nos chiens et chats qui, s’ils sont infectés, représentent un grand risque car ils vivent avec nous. Nous attendons une brochure d’information préparée et financée par les ministères de la Santé, de l’Agriculture, et de l’Ecologie et du Développement Durable, pour juin 2003. Une brochure détaillée d’information, préparée par l’Observatoire de l’Environnement de la Région de Franche-Comté, avec la participation de tous les chercheurs et acteurs régionaux, et financée par le Conseil Régional de Franche-Comté est disponible à l’adresse suivante : obs-envir@cr-franche-comte.fr 

 

Site internet sur le sujet : http://www.eurechinoreg.org 

 

Notes réalisées à partir de documents établis par Mme le Professeur Dominique Vuitton, de l’université de Franche-Comté, directeur du Centre Collaborateur de l’OMS pour la prévention et le traitement des échinococcoses humaines, Madame le Docteur Isabelle Blouin-Emery, Mme le Docteur Florence Cliquet,  Directrice de l’AFSSA de Nancy, le Dr. Denis Augot de l’AFSSA de Nancy, le Dr. Franck Boué de l’AFSSA de Nancy, M. Benoît Combes de l’ERZ (Entente interdépartementale de lutte contre la Rage et des Zoonoses de NANCY commissionné par les Conseils Généraux de 20 départements pour l’étude de l’échinococcose), le Dr Bernard Brochier de l’institut Pasteur de Bruxelles, le Dr vétérinaire Franck Haelewyn, directeur du parc zoologique de Lille, Mme Sabine Lemarquier, professeur de biologie.           

 

Contact : Hervé DIZY             

Conseiller municipal de Roncq

Délégué à la lutte contre les nuisances, à la sécurité routière et à la mise en œuvre des T.I.C.

Hôtel de Ville

18, rue du Docteur Galissot

BP120 59233 RONCQ

Tél : 03 20 25 64 25

Fax : 03.20.25.64.00

hdizy@nordnet.f


 

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