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L e s n o u v e l l e s |
dEcole & TerritoireNuméro 0 |
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Edito
Lionel Paillardin |
Les fermetures continuent Les fermetures d'école à classe unique
ou à deux classes continuent, au prétexte qu'elles
auraient de moins bons résultats, alors que toutes les
études du ministère montrent le contraire. Bien
évidemment, le vrai motif est l'éco-nomie d'échelle.
Leur fermeture génère la création de transport
scolaire avec tous les problèmes qui y sont liés.
L'étude d'impact escamotée Depuis 1999, pour pouvoir fermer un service public il fallait
établir une étude d'impact analysant les conséquences
économiques et sociales de la fermeture (décret
99-895, modifiant le décret 82-389). Cette contrainte
éteint un frein assez efficace aux fermetures. |
Les réseaux, alibis de fermetures Dernièrement, le ministère, sous le prétexte de mise en réseau, souhaitait obtenir la fermeture de toutes les écoles à moins de trois classes, un seul directeur pour une trentaine de classes, la mise en commun de tous les coûts au travers de "la caisse des écoles", avec en filigrane, le désengagement de l'Etat etl e paiement des salaires des institu-teurs par les communautés de communes. Grâce à la mobilisation de nombreux maires, des différentes associations d'élus (l'AMF, l'AMRF et l'ANEM en tête) le ministère a reculé.Mais les mises en réseau-fermetures continuent partout où parents et élus l'acceptent. La nouvelle loi de décentralisation d'août 2004 permet la mise en place d'école EPCI qui échapperont au pouvoir des maires et faciliteront les fermetures
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Valeur des petites écoles : Aveux d'Etat La circulaire n°98-252 du 17.12.98 signée par Ségolène Royal sur "l'avenir du système éducatif en milieu rural isolé" reconnaît que l'école rurale bénéficie en apparence de moyens plus importants que l'école urbaine parce que le nombre d'élèves par maître y est plus faible. Elle ajoute qu'en réalité lorsqu'elle est située en zone fragile, elle est souvent pénalisée par son isolement, la rareté de l'offre culturelle et sportive et par son retard dans l'offre d'écoles maternelles. Cependant en zone rurale, là où les classes à plusieurs cours sont majoritaires, les résultats des élèves dans les savoirs de base sont identiques voire légèrement supérieurs à la moyenne nationale . Rapports successifs et concordants Mais bien avant cette date, plusieurs rapports de l'Education nationale ont affirmé (et démontré) l'intérêt des petites structures. Le premier fut en 1990 le rapport de Françoise Oeuvrard qui affirme que " la scolarisation dans une petite école rurale, une classe unique même en perte d'effectifs, n'est pas défavorable pour les acquisitions fondamenta-les : le niveau de con-naissances des élèves de CE2 des petites écoles rurales - mais aussi des élèves de 6ème des petits collèges ruraux - en témoigne ". Puis en 1993, le rapport Ferrier atteste que " la classe à cours unique - qu'il ne faut pas confondre avec l'école à classe unique - obtient des résultats un peu moins bons que la classe à deux cours ; et dans la classe à deux niveaux, les performances des élèves sont nettement moins bonnes que dans la classe à trois cours ". Un enjeu financier En 1995, le rapport Mingat rappelle à son tour cette vérité et dévoile les causes réelles du dénigrement de l'école rurale en assénant que "quand le nombre d'écoles est petit, le coût de fonctionnement pour l'Etat est à un niveau minimum (classes pleines) sachant que le coût des transports en argent et en temps (la fatigue pour les enfants), est alors maximum." Enfin en 1996, le rapport Leroy-Audoin vient préciser en nombre de points l'avancée des résultats des petites écoles sur les autres : " La comparai-son globale des acquis des élèves (de mêmes caractéristiques sociales) selon qu'ils ont été scolarisés en classe simple ou à cours multi-ples montre des effets qui vont dans le même sens ( ) Un " plus " chiffrable " on obtient ici, au niveau du CE2 des acquis plus élevés
d'environ 2,7 points (statistiquement signifi-catifs) pour les
cours multiples en référence aux cours simples.
Ce chiffre est un peu inférieur à celui estimé
par F. Oeuvrard (écart (1993, avec un écart de
+ 4 points). En début de de classe de 6ème, c'est-à-dire
en fin de scolarité primaire, l'écart reste positif
et statistiquement significatif, son ampleur étant comparable
à celle observé en fin de CE2. Au-delà de
cette comparaison globale, les résultats soulignent les
aspects particulièrement positifs des classes uniques,
dont les écarts positifs par rapport aux cours simples
sont de 3,9 points en fin de CE2 et + 4,8 en début de
6ème. Les cours doubles se montrent un peu supérieurs
aux cours simples (+ 0,9 point en fin de CE2 et + 1,9 point en
début de 6ème)
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Technique de regroupement à l'oeuvre La stratégie de poursuite des regroupements peut prendre bien des formes. Une d'entre elles, depuis 2003 consiste à inciter les élus à demander eux-mêmes la fermeture d'une de leurs écoles pour installer à leur place des garderies crèches municipales (plusieurs maires de villes assez importantes s'y sont risqués). Les Caisses d'Allocations Familiales ont fait savoir qu'elles aideraient ceux qui s'engageraient dans cette voie. Ces garderies seront dans un premier temps gratuites (leur coût sera payé par les impôts locaux, c'est-à-dire réparti sur toute la population communale). Mais cela risque à terme de revenir à privatiser l'école maternelle (Ecole et Territoire défend actuellement 7 dossiers devant les tribunaux). Une autre technique consiste à accélérer les fusions sans changement apparent. Dans un premier temps, la fusion peut n'être qu'administrative : l'école devient un satellite de l'autre, mais reste ouverte. Cela permet d'économiser des postes de directeurs d'école, de globaliser les effectifs et donc de réaliser des économies d'échelle. Mais une fois la fusion effective, plus rien n'empêchera la fermeture d'une école pour regrouper les enfants
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