Discours de la Méthode

Lisez efficacement le Discours de la Méthode de Descartes en vous appliquant à répondre aux questions posées à propos de chaque paragraphe.

ci-dessous : quelques dates, une invitation à lire la VI° partie en guise d'introduction, puis des questions pour mieux lire les parties I, II (celle qui contient les 4 règles de la Méthode), III (avec les maximes de la morale par provision), IV (celle où il est question du Cogito et des preuves de l'existence de Dieu avec les conséquences) et V, où vous trouverez de bons exemples du mécanisme de Descartes, appliqué à la question des battements du coeur, ou des remarques sur la différence entre l'homme et l'animal..

 

Quelques dates
Avant d'aborder la lecture, voici quelques Eléments de biographie de Descartes : Le discours de la méthode étant pour une part autobiographique, quelques points de repère chronologiques sont utiles.

1596 Descartes naît à La Haye en Touraine
1606- 1614 : Etudes au collège royal de La Flèche fondé par Henri IV en 1 604, "Une des plus célèbres écoles de l'Europe" tenue par les Jésuites.
1614-1616 Droit et médecine à Poitiers
1616- 1619 Vie mondaine, voyage dans les cours, engagement dans l'armée.
hiver 1619-1620 : réflexion sur sa méthode, travaux de mathématiques
1620- 1629 voyages
1629 Il se retire en Hollande. Travaille aux Traités "Du Monde" et "De l'Homme". Il ajourne leur publication quand il apprend la condamnation de Galilée.
1636 Rédige le Discours de la Méthode publié en 1 637.
1641 Publication des Méditations Métaphysiques.
1644 Les "principes de la Philosophie".
1649 "Les Passions de l'Ame". Il accepte l'invitation de la reine Christine de Suède.
1650 Descartes meurt à Stockholm, son corps sera ramené en France en 1 667.
Après la mort de Descartes paraissent : "Le Monde", "L'Homme", "Traité de la formation du Foetus", "Règles pour la Direction de l'Esprit" et une abondante correspondance.      

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Introduction


VI° partie   Descartes explique dans la VI°partie du Discours de la méthode pourquoi il écrit ce texte : la condamnation de Galilée l'avait fait renoncer à publier ses travaux, mais il décide finalement de faire connaître la méthode générale qu'il utilise, et qui lui a permis d'atteindre la certitude aussi bien dans les questions de métaphysique que dans les sciences. Il y joint des exemples de travaux scientifiques.  

Pour la lecture de cette 6° partie :  

§ 1 : l'affaire Galilée le dissuade de publier ses travaux. Quelles raisons donne-t-il ?  

§ 2 Pour quelles raisons avait-il d'abord pensé publier ses travaux ?
Voir l'argument sur les questions de morale et celui concernant la science. Quel est le but de la science ? Quel jugement porte-t-il sur la médecine de son époque ?
Quelles sont les limites de sa méthode "infaillible" ?
Que cherche-t-il en publiant son oeuvre ?  

§ 3 Comment caractérise-t-il sa méthode en physique ? La valeur des principes qu'il a trouvés se mesure à l'étendue des déductions qu'ils permettent. Mais l'éventail des déductions possibles impose de recourir à l'expérience pour établir la manière correcte de déduire chaque phénomène. Que pouvait-il attendre d'une publication du "Traité du Monde" ?  

§§ 4-7 Recherchez les différentes raisons qu'il a trouvées de ne pas publier ce traité.  

§ 8 Pourquoi il décide finalement de publier : quelles sont les deux raisons ?  

§§ 9-fin remarques sur les textes scientifiques joints au Discours.
Quelles questions peuvent ici se poser à propos de la vérité ?  

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Questions sur le Discours de la Méthode 1ère partie  

I § 1 bon sens ici : = raison = puissance de bien juger.
recherchez : qu'est-ce que la raison ?
Si la raison est égale en tout homme, d'où vient la diversité des opinions ?
"avoir l'esprit bon" : des qualités d'esprit autres que la raison. Lesquelles ? cherchez dans le texte (voir §§ suivants)
Montrez comment la dernière phrase amène l'idée de méthode dans le travail.
résumez ce §.  

I § 2 : Que dit Descartes de lui-même .
Quelle différence avec l'animal ?
Signification de la distinction entre essence et accidents ?  

I § 3 : heur = bonheur, chance. Descartes définit une méthode à partir des règles qu'il s'était données spontanément dans on travail.
"fruits" = ses travaux de maths et physique. Qu'est-ce que cela peut laisser supposer sur la méthode de travail en général ? Quelles qualités sont nécessaires dans ces matières ?
Que veut-il rechercher dans les sciences ?
"par degrés" = voir la 2° partie.
"purement hommes" : par opposition à "divines" : ou comment il se méfie des théologiens qui ont condamné Galilée : expliquez.  

I § 4  : Quel projet poursuit-il dans cette oeuvre ?  

I § 5 : Pourquoi "Discours" plutôt que "traité" ? Sens de la comparaison avec la fable ?  

I § 6 : Comparez la première phrase et la dernière.
repérez dans le texte les 4 points suivants en montrant quelles conséquences ils peuvent avoir sur l'entreprise de Descartes : une bonne école, les connaissances de l'époque, ses condisciples, l'existence de bons esprits...  

I § 7 : Retrouvez et notez l'éloge traditionnel des différentes disciplines depuis la Renaissance.
Comment apparaît la philosophie ? Sens de "vraisemblable" par rapport à ce que cherche Descartes ?  

I § 8 : relevez les arguments concernant les avantages et inconvénients des lectures et des voyages.
même chose pour les fables et l'histoire. Pourquoi les rapprocher ?  

I § 9  :Utilité de l'éloquence ? De l'étude de l'art poétique ?  

I § 10 : Pourquoi son goût pour les maths ?
Quel est l'usage des maths ?
"arts mécaniques" = essentiellement les travaux militaires et hydrographiques.
Cherchez où s'exprime le contraste entre la certitude des maths qui ne sert pas à grand chose alors qu'on manque de certitude pour des questions plus essentielles.
Allusions aux Stoïciens en fin de § : documentez-vous.  

I § 11 : Descartes se permet de relativiser la théologie à partir même du discours des théologiens : on peut aller au ciel sans théologie. En quoi faire de la théologie relève-t-il d'une certaine prétention ?  

I § 12 : "dispute" : le désaccord est signe d'erreur. Comment une certaine pratique de la dialectique peut-elle relever de l'art du sophiste ? Quel est l'état de la philosophie qu'on lui enseigne ?
Quelle est la nature de ce doute auquel il est conduit. Différence avec  IV § 1 : "presque" et "absolument".  

I § 13 : Pourquoi ne s'adonne-t-il pas à l'étude des sciences de l'époque ? relevez les différentes raisons.  

I § 14 : Qu'attend-il de ces voyages ? Quelle est sa constante préoccupation ?
Pourquoi fréquenter les hommes d'action plutôt que les intellectuels ?
sens ici de la distinction vrai/vraisemblable ?  

I § 15 : bilan des années de voyages :
Descartes est-il conduit vers un certain relativisme ? Pourquoi ? relevez les différentes remarques qui permettent d'en discuter.

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Questions sur le Discours de la Méthode IIème partie

II §§1-5 : l'édifice de la science ne peut être que l'oeuvre d'un seul, et c'est ce qu'entrepend Descartes.

II §1 l'idée générale : il y a plus de perfection dans les ouvrages faits par un seul que dans ceux faits de la main de divers maîtres.
"poêle" = pièce chauffée par un...
Distinguez les 5 parties commençant toutes par "ainsi", et expliquez comment les 4 exemples du bâtiment, de la ville, des lois et du livre illustrent l'idée générale.
Pour l'exemple de l'éducation, pourquoi la perfection de l'éducation supposerait-elle que la raison soit donnée entière au départ ? Que se passe-t-il en fait ?

II § 2 Est-il nécessaire de préciser qu'il ne veut s'occuper que de lui-même ?
"Il est vrai que / à l'exemple de quoi..." : expliquez la comparaison.
"une bonne fois..." Pourquoi la critique ne doit-elle pas être partielle ?
"Grands corps" : les institutions politiques. Expliquez la comparaison avec les chemins de montagne.

II § 3 Jusqu'à "tout à moi" : réformer la philosophie, c'est de toutes façons s'en prendre à l'institution universitaire. Et ceci dans le contexte de l'affaire Galilée...
Pourquoi distinguer entre "montrer son ouvrage" et "se proposer en modèle" ? Sa démarche doit-elle être recommandée à tous ? Pourquoi ?

II § 4 Pourquoi ne s'est-il pas contenté de suivre un maître ?
Relevez les éléments de réponse: "mais..., et depuis..., et ayant..., et comment...".
A quel § précédent renvoie "et que néanmoins..."?

II § 5 1ère phrase : qu'est-ce qu'il privilégie ?
2ème phrase : quel est le préliminaire de sa démarche ? Sa méthode est-elle universelle ?

II § 6 Sa méthode comparée à ce qu'il avait étudié en logique et mathématiques.
Voir DM I § 10.
Pourquoi la logique est elle une méthode d'exposition plus que de découverte ?
Pourquoi dire que l'algèbre est trop abstraite ?
Que la géométrie fait travailler plus l'imagination que l'entendement ?
Quels sont les avantages qu'il faudrait retenir de ces disciplines ?
Qu'attendre d'une méthode ?

II §§ 7-10 : passage essentiel qui donne les 4 règles de la méthode : on peut les savoir par coeur !

II § 7 Règle I, l'évidence, critère de vérité.
évidence # conjecture. Est évident ce dont la vérité apparaît immédiatement à l'esprit, Je ne peux le penser sans penser en même temps que c'est vrai : intuition intellectuelle infaillible, plus simple que la déduction.
"précipitation" cf. II § 3. (contraire de la circonspection II § 5) = juger avant d'avoir atteint l'évidence (voir sa théorie de l'erreur).
"prévention" : préjugés qui conduisent à de fausses évidences. D'où l'effort du doute méthodique.
"clairement" # obscurité. Idée claire : immédiatement et actuellement présente à l'esprit. Idée obscure : idée dont on a le souvenir sans qu'elle soit vraiment présente totalement à l'esprit.
"distinctement" # confusion. Idée distincte : idée définie en elle-même et donc conçue sans être mélangée à d'autres ; idée confuse : dont le contenu est confondu avec d'autres idées obscures.
L'idée absolument claire et distincte est insoupçonnable, elle apporte avec elle sa propre justification, il est impossible de la penser autrement que comme vraie.
Faites une recherche de vocabulaire sur les principaux termes de ce § dans les vocabulaires philosophiques.

II § 8 Règle II, la division :
mouvement d'analyse des problèmes complexes pour les résoudre partie par partie, en considérant séparément les différents éléments du problème.

II § 9 Règle III, l'ordre :
Toutes les idées se rangent selon un axe du plus simple au plus complexe, chaque idée dépend de celles qui sont nécessaires pour la déduire. Ce qui est antérieur dans l'ordre de la déduction est plus simple et plus aisé à connaître, car il y a moins de degrés entre lui et les principes de départ qui sont évidents par eux-mêmes et qui n'ont pas besoin d'être déduits (analogie avec les axiomes en maths).
"par degrés" : de déduction en déduction (comme en maths). L'évidence des principes se transmet d'une idée à l'autre, du plus simple au plus complexe, le long de la chaîne des déductions.
"Supposant" : suivre l'ordre naturel des idées là où il existe, (physique ou maths par exemple), en supposer un pour guider la recherche là où il n'existe pas.

II § 10 Règle IV, l'énumération :
Montrez qu'elle est la contre-épreuve de la division, qu'elle suppose l'ordre : comment les 4 règles sont-elles liées ?

II § 11 La méthode appliquée aux maths.
Relevez dans ce § les allusions aux règles de la méthode. Jusqu'à "on ne découvre" : Descartes voit toutes les sciences sur le modèle des maths. Comment voit-il les limites de sa méthode ?
"Et je ne fus" : pourquoi commence-t-il par appliquer sa méthode aux maths ?
"Bien que je n'en espérasse" : Comment les maths préparent-elles à la philosophie ?
"Mais je n'eus pas dessein" : Il n'étudie pas le détail des maths, mais les prend d'un point de vue plus général en leur appliquant sa méthode de division et de simplification.
fin du § : allusions aux travaux de géométrie analytique (exprimer les courbes par des équations).

II § 12 fécondité de la méthode en maths. Ce que la méthode lui a apporté.
Voyez comment référer les éléments du § aux règles de la méthode.
Pourquoi dire que la vérité est une ? Comment peut-on être sûr qu'il n'y a rien d'autre à trouver ?
D'où vient la certitude des maths ? Peut-on parler d'une influence des maths sur la méthode de Descartes ?

II § 13 D'où vient la satisfaction de Descartes ?
En dehors des maths, dans quel ordre faut-il procéder pour établir des vérités certaines ?
Pourquoi s'intéresser à la philosophie ?
Comment Descartes pense-t-il se préparer à la tâche qu'il envisage ?
Qu'est-ce qui peut justifier les moyens qu'il se donne ?
Repérez les termes ou expressions qui font référence à des §§ précédents.

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Questions sur le Discours de la méthode IIIème partie

III § 1 une morale "par provision" pour les nécessités de l'action.
Jusqu'à "travaillera" : comparaison à expliquer.
Reste du § : sens de cette comparaison.
opposition "mes actions"/"mes jugements".
pourquoi peut-on parler d'une valeur pratique et non théorique du probable ?
comparez avec le douteux.
"Irrésolu" : voir III § 3.
"le plus heureusement" : correspond au plus probable, en attendant que soit fondée la vraie morale quand toute la philosophie sera constituée. La vraie sagesse procurera alors la béatitude totale. Ici on cherche à s'approcher de cette béatitude (cf III § 5).

III § 2 première maxime
Jusqu'à "jaurais à vivre "(1ère fois) : énoncé de la règle : chacun des termes de cette règle va être expliqué. Retrouvez dans le paragraphe les explications de chaque point.
Pourquoi le fait d'observer ce que les gens font plutôt que ce qu'ils disent est-il dans la logique d'une Morale "par provision" ?
Pourquoi ne pas copier les perses ou les chinois ?
Pour quelles raisons préfère-t-il ne pas prendre d'engagements définitifs (par exemple en religion) ?
Descartes prône-t-il un conformisme contradictoire avec l'esprit critique attendu chez le philosophe ? Qu'attend-t-il de cette attitude ? A-t-elle des limites ?
Comment montre-t-il sa prudence par rapport aux pouvoirs religieux ?

III § 3 Deuxième maxime
jusqu'à "très assurés" : l'énoncé de cette maxime a-t-il de quoi nous surprendre de la part de Descartes ?
Expliquez en détail la comparaison de la forêt. Errer : être irrésolu.
Expliquez le sens de "faibles raisons", et "vraisemblablement" par rapport à III § 1. Dans l'urgence de l'action, que nous conseille la raison ?
Le certain pour la volonté peut-il ne pas l'être pour l'entendement ?
Si la vertu véritable suppose une force et une constance en direction du bien, que nous apporte cette seconde maxime ?

III § 4 Troisième maxime
Relevez l'énoncé, et revoyez la sagesse des stoïciens.
Expliquez l'opposition "mes pensées"/"choses extérieures".
Que nous procure le respect de cette maxime ?
En quoi vous semble-t-elle raisonnable ?
"car la volonté... oiseaux" : expliquez l'élément d'analyse du désir qui est proposé ici.
Revoyez en VI § 2 comment Descartes n'est pas résigné comme les Stoïciens : comment pour lui s'articulent science, santé, sagesse bonheur...
Pense-t-il qu'il soit possible de se détacher de tout désir ?
Quel jugement porte-t-il sur cette sagesse, que peut-il en retenir ?
Peut-on disposer de nos pensées ? (Pour en savoir plus, lisez l'ouvrage de Descartes "Les passions de l'Ame").

III § 5 A quelle occupation consacrer sa vie ?
Relevez sa réponse, et cherchez dans le § la justification de ce choix.
En quel sens le "contentement de soi" devient-il un avant-goût de la béatitude que donne la sagesse ?
"Doux et innocents" : plaisirs de l'esprit ou du corps ? Pourquoi ?
de "outre que" à "mon pouvoir" : comment ce choix justifie-t-il en fait les 3 maximes précédentes ? Précisez les justifications.
"d'autant que... content" : quelle est la loi des rapports de la volonté et de l'entendement ?
Peut-on dire que bien juger c'est bien faire ? Descartes peut-il être sûr de bien faire ?
en quel sens "être content" est-il un critère ?
Ce critère peut-il être justifié ?

III § 6 Les années 1619-1628
Jusqu'à "m'en défaire" : Douter de tout, sauf de ces maximes et de la foi : même si je peux trouver des raisons de croire, son contenu reste mystérieux, c'est une grâce spéciale qui agit sur la volonté pour pousser à la foi. Celle-ci n'est donc pas concernée par le doute méthodique qui s'applique au champ du rationnel. Maximes et foi sont de l'ordre de l'action et peuvent être mises à l'écart du doute.
Quelle est son intention précise par rapport à ses voyages ?
A-t-il évolué par rapport à I § 14 ?
Montrez comment l'image du sable distingue son doute du doute sceptique.
Quelle est d'ailleurs la certitude que Descartes retrouve partout ?
"et comme...plus certains" : expliquez l'idée et la comparaison.
Quelles place donne-t-il à sa méthode durant ces années ? en général, en maths, en sciences ?
Expliquez "quasi semblables à celles des maths".
"et ainsi...": bilan de ces années.

III § 7 Pourquoi va-t-il se mettre à revoir les fondements de la philosophie ?
Pourquoi ose-t-il entreprendre ?

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Questions sur le Discours de la méthode IVème partie

IV § 1 du doute au cogito
jusqu'à "contraint d'en parler" : introduction.
"en parler" : de façon résumée, pour donner une idée de sa philosophie. Le détail se trouve dans les "Méditations Métaphysiques" que vous pouvez lire pour compléter cette partie.
"j'avais...indubitable" : expliquez le changement de point de vue par rapport à la IIIème partie, et l'allusion à la deuxième maxime de la Morale par provision.
"absolument faux" : comparez avec I § 12 fin.
"imaginer" : il va chercher à doute : son doute est libre, délibéré, c'est une méthode.
"s'il n'en resterait point" comparez avec III § 6.
"Ainsi... songes" : les perceptions des sens, les démonstrations mathématiques, et toutes nos pensées peuvent être des illusions. Il suffit que l'erreur soit occasionnelle pour que cela motive le rejet dans le doute de l'ensemble du domaine touché : doute hyperbolique (vocabulaire).
Montrez le passage de "les sens nous trompent quelquefois" à "aucune chose", et de "Il y a des hommes qui se méprennent" à toutes les raisons" (il ne renonce pas à la règle de l'évidence mais se donne un prétexte pour douter, même en maths - qu'est-ce qu'un paralogisme ?- ). Idem pour passer de "peuvent venir aussi" à "m'étaient entrées dans l'esprit". Y a-t-il une progression du doute ?
"mais aussitôt... cherchais" : le cogito comme principe indiscutable.
"voulais" : le doute est délibéré. soulignez la valeur de "nécessairement" : pourquoi "nécessaire" ?
Que peut le cogito face au scepticisme ?
"je pense donc je suis" : pourquoi faut-il y voir une intuition plus qu'un raisonnement ? Ce "principe" n'est pas abstrait comme un axiome mathématique, il porte sur une réalité. Ce que j'en déduis concernera donc des réalités : Toute la philosophie de Descartes découle du Cogito.

IV § 2 La distinction de l'âme et du corps
Repérez dans le texte les arguments pour cette distinction : je peux douter (pourquoi "feindre" ?) du corps, du monde, de l'espace, mais pas de mon existence.
Quand je pense, ou doute, cela suppose que je suis - Pourquoi, si je cessais de penser, n'aurais-je aucune raison de croire que je continue d'exister ?
J'affirme donc mon existence en tant que pensée indépendante de la réalité du corps et du monde extérieur."je connus de là" : conclusion : "je suis" est une âme qui se définit par la pensée, qui est spirituelle. L'âme est substance pensante (vérifiez les différents sens qu'on peut donner au mot âme, et situez le sens ici).
La pensée saisie par le "cogito" est une réalité qui existe indépendamment du corps. moi = pensée, affirmer ou nier la pensée entraine affirmer ou nier mon existence.
"plus aisée à connaître" : (cf. II § 9) sa connaissance découle directement du cogito, ce qui n'est pas le cas du corps. NB : il est un fait que dans l'être humain l'âme dépend du corps, mais cette dépendance n'est pas "essentielle".

IV § 3 Le Cogito comme règle de vérité.
Descartes se sert d'une vérité (le cogito) come règle pour mesurer tout ce qui est "vrai". En II § 7, la règle de l'évidence découlait des maths et n'était qu'une méthode choisie pour ses résultats. Ici Descartes tire cette règle du Cogito : montrez comment. (Qu'est-ce qui m'assure que le cogito est une vérité ? C'est que "je vois très clairement". Relisez II). Tirée du Cogito, la règle de l'évidence se trouve donc fondée météphysiquement dnas sa nouvelle philosophie : le choix de la méthode n'est plus arbitraire.
fin du § : la difficulté évoquée est-elle une critique fondamentale qu'on peut faire à Descartes ? Le sentiment d'évidence est-il vraiment infaillible ?

IV § 4 L'existence de Dieu
jusqu'à "plus parfaite" : j'ai en moi l'idée de plus parfait que moi, et cette idée doit me venir d'un être plus parfait qui l'a mise en moi. Montrez comment Descartes rattache l'idée de parfait au Cogito, par le fait que le "je pense" est un "je doute". D'une manière générale, montrez son souci de tout déduire du Cogito.
"pour ce qui est... qui fût Dieu" : Pour Descartes, l'"idée" est la façon dont une chose est pensée. L'idée, le contenu de l'idée est une sorte de réalité dans notre esprit, et cette réalité doit avoir une origine.
Principe général : ("pas moins de répugnance... quelque chose") il ne peut y avoir plus de réalité dans l'effet que dans sa cause, or une idée est toujours l'effet dans mon esprit de la chose pensée qui est à son origine, donc il y a plus de réalité dans la chose qui est cause de la présence de cette idée en nous.
Pour les idées de ciel, terre, etc, pas de problème : qu'elles soient vraies ou fausses -ce qui pour l'instant n'est pas décidé -, elles ont un contenu de réalité qui ne dépasse pas ma propre nature en degré de perfection. Je peux espliquer leur présence en moi par le fait que c'est moi qui en suis la cause. Si elles sont vraies et ont un contenu de réalité, c'est parce qu'il y a un peu de perfection dans ma nature, si elles sont fausses c'est parce que je ne suis pas parfait.
Mais l'idée de Dieu pose un problème : elle ne peut être que l'effet d'une nature ou réalité parfaite. Or je ne suis pas parfait, donc elle est l'effet en moi d'une cause qui est un être parfait. Elle témoigne en nous de l'existence de Dieu.
"Mise en moi" : L'idée de parfait est donc une idée innée dont Dieu seul peut être l'origine, puisque je ne peux en être la cause suffisante. Elle est la marque laissée par Dieu sur son ouvrage.
"à quoi j'ajouterai... être en Dieu" : le fait que je désire certaines perfections que je n'ai pas est la preuve que je ne me suis pas fait moi-même : si cela n'avait tenu qu'à moi, ("seul et indépendant" "avoir de moi"), je me serais donné à moi-même toutes les perfections que je vois en Dieu.
"car suivant... d'en être exempt" : définir Dieu comme un être parfait permet de préciser sa nature. Toute perfection par définition lui appartient, toute imperfection est exclue.
"autant que me nature en était capable" : par la seule raison, sans révélation.
"puis outre cela... un seul moment" : Ce qu'il en est de Dieu par rapport aux idées des choses sensibles que je trouve dans mon esprit : il est établi que l'esprit est distinct du corps. Dieu est-il un être composé des deux ? Composé implique l'idée de dépendance, et dépendance = imperfection. Or Dieu n'a pas d'imperfection, donc Dieu ne peut pas être compose, il est pur esprit.
Et tout corps ("s'il y en avait" car leur existence n'a pas encore été démontrée à partir du Cogito) ou esprit non parfait dépend de Dieu qui conserve le monde par son action créatrice (cf. "en telle sorte".
Mettez en évidence la structure des raisonnements dans ce §, et récapitulez tout ce qu'on y découvre sur Dieu..

IV § 5 l'argument ontologique
La certitude de l'argument qui prouve l'existence de Dieu est du même ordre que la certitude mathématique. jusqu'à "plus simples démonstrations" : il considère l'espace tel qu'il est défini par les géomètres, et leurs démonstrations.
"et ayant... aucun triangle" : il remarque deux choses : la certitude des maths repose sur l'évidence, mais d'aucune notion mathématique je peux déduire l'existence. Par quel exemple illustre-t-il cette idée ?
"au lieu que..." : en ce qui concerne l'être parfait, Dieu, je peux déduire l'existence de son essence : l'idée d'être parfait est contradictoire s'il lui manque l'existence (argument "ontologique").
"Pour le moins aussi certain" : plus certain même parce qu'antérieur dans l'ordre des déductions.

IV § 6 Réponse à ceux qui disent qu'on ne peut connaître Dieu
jusqu'à "intelligible" : il faut distinguer "imaginer" et "concevoir". Imaginer : se représenter un objet sensible ; or Dieu et l'âme ne sont pas sensibles, donc il faut s'élever au-delà du monde sensible et connaître en n'ayant recours qu'à l'entendement, pas à l'imagination. Ceux qui pensent qu'on ne peut connaître Dieu ignorent l'entendement et ne se fient qu'à leur imagination.
"ce qui est... jamais été" : critique de la maxime qui dit "il n'y a rien... le sens" : quel est le sens de cette affirmation ? ceux qui disent cela parlent bien de l'âme et de Dieu, or leur idée ne peut venir par les sens. Notre entendement peut bien connaître ce qui échappe à l'imagination.
"et il semble" à fin : l'oeil ne convient pas plus pour connaître les sons que l'imagination pour Dieu. Que signifierait user de l'imagination pour connaître Dieu ?
Réserve sur cette analogie : l'oeil pour les couleurs ne vaut pas plus que l'oreille pour les sons en ce qui concerne le degré de certitude des informations qu'ils nous donnent. Tandis que toute certitude ne peut venir que de l'entendement, pas de l'imagination ou des sens.
Résumez le § en montrant pourquoi la différence entre imaginer et concevoir est déterminante. Pourquoi est-elle essentielle dans la démarche de Descartes en général ?

IV § 7 L'existence des choses matérielles n'est-elle pas plus assurée que celle de Dieu ?
Réponse de Descartes à cette objection.
Jusqu'à "moins certaines" : l'existence de Dieu est en fait plus certaine : pourquoi ?
"car encore que... en soit rien" : distinction entre assurance morale et certitude métaphysique. Morale : du point de vue de la vie, qui est celui de l'action dirigée vers le bien, donc du point de vue de la morale , l'assurance que nous avons spontanément de l'existence de notre corps et du monde extérieur est pleinement suffisante. Mais il faut distinguer action et spéculation, et du point de vue de la métaphysique, je n'ai de certitude que par une démonstration théorique complète. La certitude morale est une vraisemblance qui n'est légitime que dans l'ordre de l'action (retrouvez le passage de la IIIème partie qui donne la même idée).
L'assurance morale ne peut résoudre le problème du doute portant sur la confusion du rêve et de l'état de veille, tant que l'existence de Dieu n'est pas prouvée.
"car premièrement... vient de lui" : la première règle de la méthode est garantie par Dieu.
"D'où il sort... être que vraies" : les idées claires et distinctes viennent de Dieu.
"choses réelles" : Cf. remarque sur la notion d'idée chez Descartes en IV § 4. Le contenu clair et distinct de l'idée correspond à de l'être, à la réalité, rien de faux ne peut venir de Dieu qui est parfait.
"En sorte que... procède du néant" : la fausseté vient-elle de Dieu ? Quelle est l'alternative devant laquelle nous sommes amenés, et vers quelle conclusion sommes-nous conduits ?
"mais si" à fin : le passage du clair et distinct au vrai et réel est garanti par Dieu. Sans la preuve de l'existence d'un Dieu parfait, je ne peux donc avoir aucune certitude métaphysique.

IV § 8 Comment la véracité divine lève tous les arguments que le doute méthodique avait accumulés.
jusqu'à "d'être vraie" : sommeil et veille : le sommeil, du point de vue du critère de vérité, ne constitue pas par lui-même un état d'erreur. Il est seulement un état moins propice que la veille au libre exercice de la pensée : si j'ai une idée distincte en dormant, elle reste vraie.
"et pour l'erreur... de notre raison" : ces illusions viennent de leur caractère sensible, et je dois toujours me méfier des sens, les soumettre au contrôle de la raison.
"et il est à remarquer... en nous sans cela" : raison # imagination. Ne pas prendre nos perceptions pour des connaissnces.
"quelque fondement" : nos perceptions nous renseignent souvent sur ce qui est utile ou nuisible pour nous, et je ne me tromperais jamais si je disais que je perçois les choses de telles ou telles façons. L'erreur vient quand je dis qu'elles sont telles que je les perçois : quels exemples donner pour illustrer ces idées ?
"et parce que" à fin : la raison nous dicte qu'il y aura plus de vérité dans la veille que dans le mommeil parce que la veille est plus propice au raisonnement, bien qu'elle le soit aussi à l'imagination. Le raisonnement y est plus entier.

Faites le bilan du cheminement de cette IVème partie : quel était le point de départ ? Qu'est-ce qui est acquis à la fin ? quel est l'enchaînement général des démonstrations ?

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Questions sur le Discours de la méthode Vème partie

V§1 Pourquoi éviter les discussions sur les principes de la physique ?
Quel est le rôle attribué à Dieu ?
Comment retrouve-t-on l'image de l'arbre dans ce § ?

V§2 Jusqu'à "le spectateur" : Comment résume-t-il le Traité du monde qu'il a renoncé à publier ?
"même pour ombrager...manquassent d'être observées" : En disant qu'il parlerait aussi bien d'un monde imaginaire, comment évite-t-il d'entrer dans les polémiques ? Par exemple si la Bible dit que la lumière a été créée avant les astres ?
en regardant l'ensemble du § : Quels sont les passages où l'on voit que la conception de Descartes se veut intégralement
mécaniste ?
Son mécanisme relève plus de la logique ou de l'expérience : quels indices dans ce § ?
Pourquoi, même s'il y avait plusieurs mondes, les lois seraient-elles les mêmes ?

V§3 "ce monde" opposé au monde imaginaire précédent. Comment dans ce § Descartes est-il aux prises avec la création des théologiens ?
"Plus aisé à concevoir" : le fait de tout ramener à quelques principes et lois de la nature qui feraient naître ce monde d'un chaos inorganisé, est-il contradictoire avec l'affirmation de Dieu ?
"purement matérielles" : le mécanisme ne s'appliquant qu'à la nature, l'âme ou substance spirituelle doit être spécialement créée par Dieu, d'où la preuve par l'idée de parfait.

V§4 Comment l'explication mécaniste est-elle appliquée au corps : Connaît-il les mécanismes (causes-effets) qui ont abouti à la formation du corps ?
De quoi est formé le corps ?
Le corps a-t-il besoin d'une âme pour fonctionner et être en vie ?
Où voit-on que la chaleur du corps vient d'une fermentation ? Où est-elle située ?
Y a-t-il une différence entre l'homme et les animaux ?
d'après ce §, si selon Descartes l'âme se définit par la pensée, peut-elle avoir une action sur le corps dont nous n'aurions pas conscience ?

V§5 Qu'est-ce qui anime le corps : une âme ou un simple mécanisme ?
Descartes prend le cas du mouvement du coeur comme étant le plus exemplaire. Description du système circulatoire. pour savoir quel est le rôle de la chaleur, voyez le § suivant.

V§6 Description du mécanisme des battements du coeur.
Selon Descartes, la déduction anatomique est-elle aussi rigoureuse que la déduction mathématique ?
Où voit-on l'idéal mécaniste de l'explication "par figures et mouvements" ?

V§7 Référence à Harvey dont l'ouvrage avait paru en 1628. Quelle était l'hypothèse de Harvey ? Comment a-t-il démontré la circulation du sang ?

V§8 jusqu'à "de nouveau sang" : le problème n'est pas la circulation, mais la cause de ce mouvement :
quels sont les 5 arguments donnés par Descartes en faveur de son explication du §6?
Notez qu'il attribue à la chaleur du coeur une modification du sang qui est l'effet du passage dans les poumons, modification que Harvey ne savait pas expliquer.
de "puis aussi on connaît de là..." : Descartes montre comment la chaleur du coeur explique le rôle des poumons et rejoint les observations anatomiques, puis donne une explication mécaniste des 5 fonctions que la tradition scholastique attribuait à l'âme : la coction (digestion) des aliments, la formation du sang, la nutrition des membres, la production des humeurs, et la génération des esprits animaux (parties du sang plus subtiles qui achèvent de recevoir leurs propriétés dans le cerveau et circulent ensuite dans les nerfs).

V§9 repérez les différents aspects qui vont relever d'une explication mécaniste du corps. Quel sens prend le mot passion dans ce contexte ?
"sans que la volonté" : pourquoi l'explication mécaniste exclut-elle les actes qui contiennent une volonté ?
peut-on comparer le corps à une machine ?

V§10 Quelle différence y a-t-il entre un automate et l'homme raisonnable ?
Dans les critères donnés par Descartes, cherchez les expressions qui indiquent l'élément caractéristique décisif.

V§11 Qu'est-ce qui caractérise l'homme ?
Quelle différence entre les paroles et les mouvements naturels ?
En quoi l'exemple de l'horloge est-il révélateur ? Retrouvez le paragraphe plus haut où il était question d'une horloge.

V§12 "tirée de la puissance de la matière" : aucun agencement de matière, substance étendue, ne peut être à l'origine de l'âme substance pensante : Descartes s'oppose au matérialisme.
"comme un pilote" : pourquoi cette image de la relation entre l'âme et le corps lui paraît-elle insuffisante ?
Quelle relation y -t-il entre le chemin de la vertu et l'immortalité de l'âme ? Comment l'immortalité de l'âme peut-elle découler de la métaphysique de Descartes ?

Vous venez de terminer la cinquième partie, et vous avez déjà lu la sixième en guise d'introduction : vous en avez donc terminé avec cette lecture. Sans doute ? Ou y aurait-il quelques points à approfondir ? Cela vous arrive-t-il de relire ?

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Vous avez lu tout le Discours en vous aidant de ce questionnaire ? C'est bien. Poursuivez maintenant vos lectures, en préparant vous-même pour d'autres oeuvres le questionnaire que vous aimeriez proposer à d'autres personnes pour les aider : vous allez faire de gros progrès !

Il paraît qu'on trouve le texte du Discours de la Méthode sur le site des Editions Hachette...

Notez par ailleurs qu'il existe d'excellents outils en librairie pour étudier le Discours de la Méthode, et par exemple le profil Hatier de J. Schifres qui reprend clairement les idées principales. Le questionnaire ci-dessus garde cependant son intérêt : rien de tel que de mettre le nez carrément dans le texte en y cherchant quelque chose...

 

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