Une étoile s'éteint...

Patricia Belardinelli

 

Il y a très longtemps, dans de lointaines contrées, des êtres à visage et à coeur humains vivaient en pafaite harmonie avec la nature. Ils vivaient en communautés car ils savaient de façon innée que l'union fait la force. Les différentes tâches étaient ainsi partagées que les aptitudes et les talents reconnus de chacun étaient justement mis en valeur, pour le plus grand bonheur et le plus grand bien de tous.

Le temps passait ainsi serein entre les différentes communautés qui avaient appris à se connaître et à échanger les fruits de leur travail, et qui se retrouvaient, au rythme des saisons, pour fêter les moissons, les mariages et les naissances, et pour accompagner les morts. La plupart des communautés croyaient en un dieu auquel étaient joyeusement dédiés les rituels et les cérémonies.

Et puis soudain, sans que l'on pût en savoir vraiment l'origine, des clans commencèrent à se former. Des êtres aveuglés par la haine et le désir du pouvoir soulevèrent des hordes, pillant et massacrant sur leur passage.

 

Par soif de liberté et de gloire, des bâteaux furent construits pour conquérir les mers et les continents. Des êtres furent mis en esclavage pour assouvir le désir de pouvoir et les complexes de supériorité d'autres êtres. Parfois même au nom de certains dieux, des communautés alllèrent jusqu'à tuer, torturer et piller de façon organisée, structurée.

 

"Dans notre prochaine existence

Nous nous garderons bien d'être humains.

Nous serons deux oies sauvages

Volant bien haut dans le ciel.

Les neiges aveuglantes.

Les mers et les eaux.

Les monts et les nuages.

Les poussières rouges du monde.

De loin, nous les regarderons

Comme si nous n'étions jamais tombés".

 

N'Guyen-Khac-Hieu (poète vietnamien)

 

Les guerres n'étaient pas le seul fléau. Un jour apparurent les maladies. Plus tard, apparut l'argent.

en même temps, un peu partout dans les différentes contrées, des êtres naissaient qui avaient pour mission de soulager, d'alléger les différents maux de la terre, ou de transmettre la Connaissance : sages, mystiques, religieux ; inventeurs, musiciens, poètes, chanteurs, comédiens, peintres, écrivains, médecins, chercheurs, scientifiques ; aveuglés aussi, parfois, par la gloire et le pouvoir de l'argent.

Quelques-uns, voulant jouer les apprentis sorciers ou se substituer à la Puissance Divine, se mirent en tête de retenir la vie et la jeunesse, et, les siècles passant, la science se détourna du sens du sacré : apparurent l'expérimentation animale, et l'expérimentation humaine. Ayant perdu le respect de la simple dignité de toute vie, les êtres dont le visage et le coeur avaient cessé d'être humains se coupaient de la part divine qui était en eux.

De tous temps, nombreux se battirent contre l'exploitation et la manipulation des êtres vivants et des ressources de la planète tout entière. Certains le payèrent même de leur vie.

 

Pour échapper peut-être à une certaine folie, d'aucuns se réfugièrent à l'intérieur d'eux-mêmes ; d'autres dans les drogues, l'alcool, les sectes, le travail, la culture physique, la musique, la peinture, l'écriture, lecture,

créant ainsi, dans leur imaginaire, le monde idéal, le monde meilleur qu'ils n'avaient pas la force et le courage de contribuer à créer dans la réalité. Des paradis artificiels furent créés pour permettre, aux uns, de fuir l'ennui né de leur oisiveté, aux autres, d'oublier l'abrutissement et l'abêtissement de leurs tâches.

 

connecté du Sens de la Vie, dans sa soif inextinguible de conquête, de pouvoir, l'être dont le visage et le coeur avaient cessé d'être humains détruisit tout sur son passage.

La Terre, l'Air et l'Eau, souillés à jamais, n'étaient plus à même de nourrir les êtres vivants qui la peuplaient. Ils allaient tous mourir. Tôt ou tard. Ils le savaient. Englués. Noyés. Asphyxiés. Brûlés.

L'engrenage était irréversible. Et ceux qui s'étaient battus pour le renouveau, pour le retour des êtres à   visage   et  à  coeur humains, allaient mourir aussi. Les coeurs purs, comme les coeurs corrompus, n'en réchapperaient pas.

 

Ils savaient, pourtant, ce qui leur épargnait de vivre la peur de la mort, c'est que leurs âmes allaient se retrouver, au-delà du temps, au-delà de l'espace, et qu'une nouvelle Mission allait les y attendre.

 

La fin de l'Ere des Hommes n'était pas la fin du Monde.

 

Luxembourg, 1er/4 avril 2002

Comme des sangsues, nous suçons le sang, la sève de notre Mère la Terre.

Et nous contribuons à détruire ce et ceux qui la peuplent.

Si nous n'y prenons garde, elle sera bientôt exsangue.

Et dépeuplée.

 

Avant qu'il ne soit trop tard, ai-je la volonté, la force et le courage de contribuer, à ma façon, avec les aptitudes et les talents qui me sont propres, à créer, réellement, un monde juste ?

 

Qu'est-ce que je peux faire, qu'est-ce que je fais, pour contribuer à transformer l'énergie destructrice qui nous entoure en énergie constructrice ?

Qu'est-ce que je veux faire, qu'est-ce que je fais, pour contribuer à redonner à la vie son sens de solidarité et de partage basé sur une répartition cohérente et juste des ressources terrestres et humaines, sur un partage équitable du travail et de ses fruits ?

Suis-je prête à m'investir ? A m'impliquer ? Jusqu'où ?

 

Partant d'un constat pour le moins désastreux, une association, l'Europe des Consciences, a été créée pour réfléchir à ces questions et trouver des alternatives. Des groupes de parole ont vu le jour, d'autres sont à créer, au sein desquels l'échange d'informations, le partage des visions et la réflexion peuvent donner naissance à des actions et, à terme, à des changements.

 

Je ne suis pas une intellectuelle. Je ne suis pas une militante. Je souhaite être un relai entre cette association et les femmes et les hommes qui lui ont donné vie, et mon entourage proche.

 

Aujourd'hui, comme probablement beaucoup d'hommes et de femmes dans le monde, je suis dans l'interrogation, dans le questionnement, dans l'exploration et la recherche du sens de ma propre vie, de ma place dans l'univers. J'ai la croyance que l'esprit dans lequel je pense, parle et agis, a une portée qui va bien au-delà de mon environnement proche. Je ne suis pas un exemple à suivre. A ce jour, je n'ai pas de solutions à proposer. J'ai mes propres limites, qu'il m'est parfois difficile d'accepter. Je suis simplement responsable de mes pensées, de mes paroles et de mes actes. Et parfois, sans le vouloir, sans même m'en rendre compte, il m'arrive encore de prendre le risque de blesser. En même temps, quand je réalise, de temps en temps, que j'ai le pouvoir d'harmoniser mes pensées, mes paroles et mes actes, dans l'accueil et le respect de ce et ceux qui m'entourent, j'ai l'impression d'être sur le bon chemin.

 

Il a fallu à ma conscience un choc émotionnel pour la réveiller de sa léthargie. Peut-être ce témoignage réveillera-t-il la conscience d'une femme ou d'un homme parmi celles et ceux qui prendront le temps de le lire. Peut-être la conscience de cette femme ou de cet homme attend-elle d'être réveillée pour entrer dans l'action, à sa façon, dans l'espace et le temps qui lui seront propres.

Patricia Belardinelli

PE/Kad 1F008

L - 2929 Luxembourg (Grand-Duché)

Tél. (00.352) 4300-27060 ou (00.352) 42.90.85

http://www.terre-du-cie.fr/HTML/EUROPE/europe.htm (site de l'Association Terre du Ciel sur la Charte de l'Europe des Consciences).


Retour à la page "témoignages"