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Le dimanche 10 décembre 2000, dans le cadre de la 52ème journée mondiale des droits de l'homme, l'Observatoire international des prisons (OIP) organise la diffusion de 4 500 ouvrages dans les prisons françaises. Le groupe locale du Nord-Pas-de-Calais remettra des guides dans les établissements de Loos et de Douai. Cette démarche symbolique, qui vient ponctuer une année marquée par une médiatisation sans précédent de la question pénitentiaire, a un double objectif : favoriser l'accès au droit des personnes incarcérées (2 000 exemplaires du « Guide du prisonnier », publié le 11 octobre par l'OIP) et mettre à disposition de l'ensemble de la population détenue les témoignages rassemblés par Jean-Pierre Gueno (2 500 exemplaires de « Paroles de détenus », publié le 23 octobre par Radio France).
Après l'opération « les parlementaires aux parloirs » initiée en septembre dernier, et au lendemain du lancement avec le Conseil National des Barreaux des « Etats généraux de la condition pénitentiaire », l'OIP souhaite, qu'au travers de cette nouvelle initiative, la société civile maintienne durablement son regard sur la prison. Depuis le début de l'année 2000, l'institution carcérale est sortie de l'ombre pour être placée au cœur d'une controverse publique. Plus personne n'ignore désormais à quel point la prison dégrade la personne, détruit tout lien social et familial, génère la récidive. Chacun sait également qu'un gouffre sépare le fonctionnement quotidien de l'institution carcérale et le respect élémentaire de la dignité humaine.
Cette situation, jugée « indigne de la patrie des droits de l'homme » par les commissions d'enquête parlementaire, ne s'explique pas simplement par la vétusté des locaux et le manque de moyens. En ce sens, les dix milliards de francs annoncés par Lionel Jospin pour un vaste programme de rénovation et de modernisation des établissements pénitentiaires ne constituent pas la réponse appropriée. De fait, la construction de 12 000 à 15 000 places supplémentaires aboutira à l'aménagement de plus de 48 000 cellules individuelles.
Or, depuis plusieurs mois, l'OIP alerte sur l'absurdité que représente cette logique d'élargisssement du « parc pénitentiaire » à l'heure où les pouvoirs publics prévoient eux-mêmes une baisse du nombre de détenus. En effet, la loi du 15 juin 2000 « renforçant la protection de la présomption d'innocence et les droits des victimes », qui entrera en vigueur le 1er janvier prochain, a été adoptée dans l'optique de réduire le nombre de placements en détention provisoire et de relancer les mesures de libérations anticipées.
Au moment même où l'ancien médecin-chef de la maison d'arrêt de La Santé, Véronique Vasseur, vient de faire savoir qu'elle rejoignait l'Observatoire « pour que tout ce qui a été dit ne retombe pas comme un soufflé », l'inquiétude demeure. Le débat qui s'est ouvert sur des conditions de détention ne doit pas aboutir à focaliser les énergies sur le seul dessein de rendre les prisons plus vivables. Vestige d'autres temps et d'autres mœurs, la peine d'emprisonnement doit faire l'objet d'une vaste réflexion au sein de la société française.
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