En avant, Citoyens du Ferrain
Bienvenue sur le site internet des Associations culturelles en Pays de Ferrain

Calendrier des manifestations, nouveautés, dossiers thématiques...
Qui sommes-nous ?
Le Forum culturel du Pays de Ferrain


 

Les combats de coqs

Les combats de coqs dans le Nord-Pas-de-Calais remontent aux Carthaginois et aux Romains de Jules César. Il est probable qu'aucune région de France, autant que la région Nord-Pas-de-Calais, n'a lié son amour des fêtes et des jeux aux bêtes familières.
La Fédération des Coqueleux regroupe dans son sein environ 5 à 6 000 éleveurs de coqs de combats qui "jouent" leurs sujets dans environ 50 gallodromes et salles diverses disséminées sur l'ensemble des 2 départements.

Le combat de coqs de Rémy Cooghe (Musée de Roubaix), les ouvrages littéraires de Maxence Van Der Meersch : "L'Empreinte du Dieu" - et plus près de nous, celui de Marie Cegarra dans les "Fils du Sang" illustrent parfaitement les profondeurs de l'âme du Nord.

Dans les arènes du Nord. Chez les Coqueleux, on dit que seul un homme du Nord est capable des restituer l'ambiance des combats de coqs. Dans ce monde clos, "l'Empreinte de Maxence Van Der Meersch" fait office de bible. Seule région où ces combats sont autorisés -par la loi du 8 juillet 1964- le Nord-Pas-de-Calais "joue" les coqs sur une saison qui court du 1er décembre au 15 août de l'année suivante.

Dans les contrées disséminées sur l'ensemble des deux départements, les Coqueleurs ont leur point de ralliement dans "leurs" gallodromes. Le dimanche, l'activité de ces lieux y est débordante, chaleureuse et sympathique et spécifique à la tradition régionale. Je pense que nous nous devons au poids de l'histoire ; ce sont des Espagnols, nos derniers envahisseurs d'avant 1530, qui ont amené ce jeu dans les Flandres. Cela s'est transmis de père en fils depuis des générations…

Dans le Nord, on retrouve trace des premiers combats de coqs vers 1500 ; pour d'autres, cela remonte dans l'Antiquité car les grecs jouaient déjà… Le jeu en bonne intelligence. Dans les arènes du Nord-Pas-de-Calais, le poids des ans et surtout de la tradition est plus qu'une évidence. Les tempes des passionnés sont grises et la mémoire s'active… C'est justement au nom de cette tradition séculaire que les combats de coqs sont toujours autorisés. Pour le profane, c'est un univers à découvrir. En effet, il est impossible de reconstituer l'origine généalogique de nos combattants du Nord. Pour l'élevage, les Coqueleurs recherchent avant tout les qualités de combativité pour leurs reproducteurs. Cette particularité, particulièrement développée depuis des millénaires, sert à le distinguer de ses congénères domestiques. Cela semble un fait majeur de race : le coq de combat, par définition, est fait pour se battre, pour conquérir la suprématie de la basse-cour et l'appel de la nature.

Comment devient-on Coqueleur ? En général, on devient Coqueleur par filiation, soit qu'un fils succède à son père ou qu'un neveu prenne la relève d'un oncle. Il s'agit là de la "transmission" verticale. Celle-ci est indissociable d'une bonne initiation pratique fondée sur l'observation. Mis en contact avec les poussins, les enfants ont tout loisir de les observer, de jouer en s'en occupant, même de sélectionner ceux qu'ils préfèrent.

Vers 8-10 ans, l'apprenti-coqueleur pourra aider le père et le suivre dans toutes les fonctions de l'élevage. Il aidera à nettoyer les volières, leur donner à boire et à manger, les traiter, etc… Plus tard, il deviendra le partenaire indispensable pour effectuer certaines opérations où il est nécessaire d'être deux, l'essayage au combat par exemple.

Certes, il aura un rôle accessoire, tenir le coq par exemple, mais par là-même il enregistrera les gestes et le savoir-faire pour manipuler un "Coq de Combat", aller le chercher dans sa volière, le peser, en un mot, c'est la préparation au combat quelques jours avant le déplacement du "Champion" vers le gallodrome.

Ce cap d'entrée dans le monde des Coqueleux se caractérise par l'acceptation d'une contradiction insurmontable pour l'enfant : reporter son affection sur un animal qu'il va voir, peut-être, mourir quelques instants plus tard dans l'arène du gallodrome. L'acceptation de la mort de l'animal préféré et familier devient là la preuve que l'enfant peut rejoindre la communauté des Coqueleurs et qu'il en a acquis ses composantes.

En réalité, on l'aura compris, le cap décisif est celui du sang. C'est l'épreuve du sang qui réalise l'accession au monde des Coqueleurs : l'enfant qui parvient à surmonter cette épreuve devient un "Vrai" Coqueleur qui pourra inaugurer sa transformation dans les gallodromes de sa région natale, se présenter dans le monde des adultes. Il démontrera de ce fait sa valeur et ses capacités à reprendre l'activité galliforme dans sa globalité et en être désormais totalement responsable…

Albert Delrive

retour >>