Brusquement, devant moi, un grand garçon à tête carrée, coiffée d'une vieille casquette, s'arrêta. (…) Il tenait encore à la main quelques papiers, des prospectus, qu'il achevait de distribuer (…) Il me tendait un feuillet blanc, dans son gros poing. (…) Je pris le papier qu'il m'offrait (…) " Si tu sens en toi, jeune ouvrier, disait le petit papier, des inspirations, des élans, un besoin de justice et de dévouement que rien dans ta vie ne satisfait, viens à nous… "
[" Pêcheurs d'hommes " 1940]
Puis j'entendis l'abbé Cardijn. Il vint à Roubaix, quelques jours après, pour parler aux jocistes. Nous étions réunis dans un très grand cinéma, à l'Epeûle. Et Cardijn nous raconta pourquoi il avait eu l'idée de créer sa " Jeunesse ouvrière chrétienne ", et comment il l'avait réalisée. Il était simple vicaire, dans une petite paroisse de Bruxelles. Il voyait beaucoup d'ouvriers, et comme ils étaient loin du Christ... Il connaissait leur vie, leurs misères, leurs bassesses et leurs grandeurs (…)
[" Pêcheurs d'hommes " 1940]
Les jeunes ouvriers ne sont ni des mécaniques, ni des bêtes ! (…) Il faut rappeler les hommes à leur dignité d'hommes responsables, immortels, et créés pour s'élever. C'est à la jeunesse ouvrière chrétienne (…) à commencer cette conquête. Et comment ? D'abord en les aimant, en se dévouant pour eux. Ces misérables ont fini par se considéré eux-mêmes comme des bêtes, des machines. Il faut qu'ils comprennent la grandeur de leur destin. (…) Voilà la mission que la J. O. C. propose aux jeunes qui viennent à elle (…) : reconquérir la classe ouvrière, sauver les hommes en leur donnant le sentiment qu'ils sont aimés. Ils n'en demandent pas plus. Etre aimés. En somme, la J.O.C vous offre de revivre Au XX ème siècle, dans nos rues, nos fabriques, nos cités d'aujourd'hui, l'aventure du Christ... "
[" Pêcheurs d'hommes " 1940]